
Chez Assunta -au coeur de Bastia -, nous avons passé un bon moment malgré la configuration de leur piazzetta pour qui veut s'entendre lors d'un café littéraire ; comme quoi la volonté de partager son amour des livres et de dialoguer se moque des petits obstacles !
Cette dernière soirée de l'année 2008/2009, un peu tardive, a été organisée pour la venue de Jérôme Ferrari à Bastia. Il a participé véritablement à cette 16e rencontre de passionnés de lecture.

UN DIEU UN ANIMAL
de JEROME FERRARI
COMPTE RENDU DE LECTURE par Cécile Trojani
RESUME
C’est l’histoire d’une vie brisée, une existence tuée dans l’oeuf, celle du personnage principal, qui restera anonyme jusqu’au bout, un jeune homme landa vivant chez ses parents dans un village, lui aussi anonyme et agonisant, décrit de manière récurrente à travers le réseau métaphorique du cimetière.
S’il est essentiellement focalisé sur ce jeune homme, le roman met pourtant en scène deux destins croisés, le sien et celui de Magali, son premier amour, rencontrée un été au village et qui lui a laissé un souvenir ébloui. Ce souvenir apparaîtra, pour les deux personnages et au même moment, comme la seule issue, le seul moyen de donner une signification et une direction à leur existence.
Alors que lui cherche sans trouver, de quoi remplir sa vie, entre un village désert et des missions de mercenaire qui l’entraînent aux quatre coins du monde dans un crescendo de violence, Magali, elle, est devenue chasseur de têtes pour une grande entreprise et court aussi après ce qu’elle ignore sans le trouver, bien sûr ! Elle aussi perd son temps et son énergie dans cette quête, sa vie s’égarant dans des exigences tyranniques de vaine rentabilité.
C’est au retour d’une guerre lointaine lors de laquelle il a perdu Jean-Do, son ami d’enfance et ses dernières illusions, que le héros pense trouver son salut dans le retour vers Magali et la pureté qu’elle incarne. Il lui écrit une lettre d’amour exaltée. Ils se rencontrent : pour elle, c’est une révélation, pour lui ça ressemble à l’ultime fiasco qui va précipiter la chute….
Superposée à la mise à sac de ces deux destins, il y a un supplice religieux, scène hallucinante de réalisme et à la dimension quasi hallucinatoire : il s’agit du supplice d’un saint musulman qui revient du début à la fin du roman comme un leitmotiv lancinant aux accents mystiques et barbares.
Ce mirage cauchemardesque qui structure le tissu romanesque lui donne son énergie et son rythme pulsionnel, liant fortement le motif de la guerre et de la violence avec celui de la pureté et du martyr et faisant de l’ambivalence le terreau de la fiction, au point qu’aimer, tuer et mourir ne font plus qu’un.
SPECIFICITES DU ROMAN
La violence en question et son traitement
On ne sort pas totalement indemne de cette lecture parce s’y ancre justement une réflexion sur la violence et sur l’ambivalence des pulsions.
Or comment interroger la violence sans la mettre en scène, sans mettre en scène jusqu’à sa beauté sombre et l’énergie vitale à laquelle elle est profondément liée ? Comment la questionner sans interpeller violemment le lecteur ? Sans lui faire mal ?
C’est ce qui dérange sans doute dans les écrits de Jérôme, qui ne sont en aucun cas une apologie du chaos, mais le douloureux constat d’un triptyque en béton armé : « homme/dieu/animal », voilà ce que nous sommes et si nous l’oublions, nous nous condamnons au désastre.
« Qui veut faire l’ange fait la bête », disait déjà Pascal : le roman de Jérôme pourrait constituer une glose de cette sentence.
Ce qui dérange, je pense, dans ce roman, c’est qu’il nous renvoie en plein visage nos propres démons. Mais écrit-on pour brosser le lecteur dans le sens du poil et le rengorger dans sa perfection ? J’espère que non !
Ce roman de Jérôme, comme le précédent, Balco Atlantico, raconte combien les idéologies sont carnassières quand elles se coupent de l’humain dans chacune de ses dimensions. D’ailleurs comment l’idéologie pourrait-elle ne pas s’en couper ?
Pour peindre l’homme triple, tu pulvérises les fondements classiques du récit : implosion des structures romanesques
Conséquences :
IMPRESSIONS ET HYPOTHESES DE LECTURE
Un roman désespéré ?
Ce n’est pas comme ça que je l’ai ressenti. Certes, le héros y perd ses illusions l’une après l’autre, perdant aussi toute chance d’appréhender sa cohérence et son unité, mais l’ensemble est porté par une exaltation, un souffle qui me semble incompatible avec la torpeur du vrai désespoir.
Un roman mystique ?
Si souffle mystique il y a, il faut l’entendre comme ce qui embrasse toutes les ambivalences et réunit toutes les contradictions dans l’effroyable boucle du Même impossible.
Le roman rendrait compte du dialogue improbable entre Dieu et sa créature comme une immense extase, alliant cruauté et sainteté, perversion et innocence.
La barbarie des hommes répond à celle du Dieu absent dans un élan de totale Réversibilité.
Un roman de la perte ?
Un dieu un animal est aussi le roman d’une quête : son héros court après l’objet obscur d’un désir torturé et tortueux, objet insaisissable et inconnu qu’il sait avoir déjà et définitivement perdu (si on n’avait pas peur des gros mots, on se risquerait presque à une analyse lacanienne ?). La quête est donc vaine, barrée d’avance, et si le héros sombre c’est bien parce qu’il l’ignore, du moins au début.
Epreuve initiatique ?
C’est une initiation monstrueuse au langage de Dieu et à la jouissance du désastre qui sévit dans toutes les guerres, celles de la religion comme celles de la consommation. Dans tous les cas, entre chair à pâté et chair à canon, « il faut que les âmes aussi passent à tabac » selon la poétique formule de notre ami Louis-Ferdinand Céline.
Un Dieu un animal est un nouveau Voyage au bout de la nuit : il raconte l’immense dépucelage de l’horreur.
Ecriture balsamique ?
J’ai été très sensible à la tendresse qui traverse le roman, y compris dans les scènes les plus barbares : le scénario de l’autodestruction ne s’en départit jamais complètement et l’écriture s’avère balsamique malgré tout, habitée par un vent de chaleur et d’humanité palpable. Voir le très beau final où se construit enfin le dialogue direct entre Dieu et sa créature réconciliée.
Poétique du roman ?
Pour finir, je voudrais évoquer un éventuel obstacle de lecture qui a constitué pour moi un plaisir véritable : la forme épurée du roman, l’éclatement des structures narratives, le traitement des personnages et la fameuse réversibilité peuvent désorienter le lecteur et compliquer un peu le processus d’identification.
Le roman se déroule sans solution de continuité, d’une seule traite, d’un seul trait, dans le rythme pulsionnel de l’urgence vitale. Peu de respiration, mais des plages d’accalmie et de ravissement sombre qui alternent avec d’intenses précipitations.
Je l’ai lu, pour ma part, non seulement comme un roman, mais comme un grand poème en prose, les deux ne s’excluant pas.
Un dieu un animal tend parfois vers une forme d’abstraction séduisante, une nouvelle forme romanesque, entre l’essai et la poésie.
QUELQUES PASSAGES
Fabienne ; lire est un plaisir

Roccu qui a failli présenter une aventure de Sans Atout il y a deux cafés littéraires de cela a choisi de prendre la parole ce soir . Il a présenté Akavak, de james Houston, un livre qu'il aime beaucoup, paru chez "père castor/ Flammarion"; c'est l'histoire d'un garçon de 14 ans qui doit emmener son grand-père loin dans le Canada du Nord pour revoir son frère avant de mourir.
Il lui faut vraiment du courage ; réussira t'il ? On doit lire car c'est un récit passionnant ; c'est un roman .

Anne-Marie poursuit son entreprise, nous faire découvrir et redécouvrir l'immense oeuvre Balzac : après Le chef d'oeuvre inconnu, au Pigalle, Eugénie Grandet, à Macinaghju, elle a expliqué en quoi
"La duchesse de Langeais" , placé dans une trilogie au coeur de La Comédie humaine , peut plaire aux lecteurs d'aujourd'hui.
La duchesse de Langeais, Honoré de Balzac.
C’est le second volet de l’Histoire des Treize : « Ferragus », « La Duchesse de Langeais » et « la fille aux yeux d’or », trois récits tragiques, trois romans d’aventure : une trilogie au sein de la Comédie Humaine dont le thème commun est l’amour au féminin.
Quant aux « Treize », il s’agit d’une société secrète, composée de 13 membres anonymes aux agissements obscurs, souvent au dessus des lois mais dont l’auteur se plait à faire remarquer le succès des entreprises, ceci dit…il n’est pas nécessaire de les connaître davantage pour s’intéresser au roman car ils n’interviennent que furtivement, et à mon sens, que pour nuancer le récit d’une touche d’ombre et de mystère.
Le premier titre du roman fut « Ne touchez pas à la hache » (c’est d’ailleurs le titre choisi par le réalisateur Jacques Rivette en 2007 pour son adaptation de l’œuvre à l’écran, un film dans lequel le personnage de Montriveau est campé par Guillaume Depardieu, dans son dernier rôle) fut débaptisé et renommé « la duchesse de Langeais ».
La duchesse est une de ces coquettes du Faubourg St Germain qui excelle au jeu de la séduction ; manipulatrice, hypocrite, insensible, elle a tout d’une courtisane émérite :
User de ses charmes et sans cesse se dérober à Armand de Montriveau , amoureux d’elle dès la première rencontre est d’une frivolité qui va la perdre… Car tout oppose ces deux êtres.
Cet homme solitaire et austère, ignorant des codes et des usages en vigueur dans la société mondaine, découvre par hasard qu’il est l’objet d’un jeu pervers ; il décide alors de réagir : aidé de certains de ses acolytes (il est en effet l’un des Treize) il enlève la duchesse et la retient prisonnière.
Dès lors le désespoir et la cruauté changent de camp : la coquette s’humanise, avoue des sentiments profonds et exclusifs alors qu’Armand se révèle désormais cynique et impassible.
Où cette passion invivable les mènera-t-elle ?
Les féministes de l’époque ont hurlé à l’imposture, arguant qu’une telle femme ne saurait exister ; Balzac, lui, pleinement satisfait de son récit, avança qu’il avait pénétré la psychologie féminine avec une justesse encore jamais égalée.
Il n’en reste pas moins que, pour nous autres, lecteurs d’aujourd’hui, ce roman excelle à dépeindre la large palette des sentiments : l’introspection révèle les personnages à eux-mêmes et, à chaque page, l’on est témoin de la puissance de l’amour à transfigurer les êtres; Néanmoins, le tableau des passions, fortement empreint de romantisme et animé par la ferveur de l’écriture, ne repose absolument pas sur des clichés.
Le réalisme, également, cimente la cohérence d’un récit lié à un contexte social particulier, celui de la Restauration : ainsi, filtre la critique du comportement dépravé des classes sociales élevées de cette époque;
Et c’est dans ce contraste, entre la Vertu des âmes amoureuses et le Mal social qui les pervertit, que le lecteur est appelé à donner un sens à l’œuvre.
AM Albertini

Pierre-Louis a choisi pour nous le 1er d'une longue série de Terry Goodking(9), un livre
d'Héroic Fantasy intitulé "L'épée de vérité". Il y est question d'inquisitrices...Serait-ce fantasme ?

Vanina Ricci : L'île du Docteur Moreau, du bon vieux fantastique

Joëlle avec Miroirs Autoportraits, ouvrage de 1970 initié par Michel Tournier qui adorait tout comme Barjavel faire des photos , ce sont de nombreuses représentations en noir et blanc d'Edouard Boubat qui dévoilent des écrivains tels que Jules Roy ou Marie Susini ; ce fut l'occasion d'ouvrir une méditation sur ce qu'implique et met en jeu le portrait

Bénédicte a présenté La chambre de Jacob, de la grande Virginia Woolf
J’avais lu Mrs Dalloway que j’avais adoré et je voulais lire autre chose de Virginia Woolf. Mon choix s’est porté sur La chambre de Jacob.
Au premier abord, c’est un livre déroutant : il n’y a pas d’intrigue à proprement parler, mais une succession de scènes, depuis l’enfance de Jacob jusqu’à sa disparition. Ces tableaux foisonnent de personnages, dont certains apparaissent pour disparaitre aussitôt, d’autres réapparaissent au cours du récit… L’effet en est déstabilisant car on se perd un peu au milieu de cette abondance. Mais l’originalité et la nouveauté de Woolf (et ce en quoi elle influencera le Nouveau Roman) viennent évidemment de la façon dont elle envisage ses personnages : c’est l’anti-Balzac. «Personne ne voit autrui tel qu’il est… rien ne sert d’inventorier totalement les gens. Il faut s’en remettre à des signes, ce qui est dit (mais pas au pied de la lettre), ce qui est fait (là non plus pas aveuglément ». Aucune introspection psychologique « classique » mais une vision très fragmentée, lacunaire des personnages ; Woolf nous livre sa vision kaléidoscopique du monde.
On a le sentiment que rien ne nous est dit, particulièrement sur Jacob. Malgré cela, progressivement, le lecteur reconstruit le puzzle et Jacob nous devient peu à peu familier à travers des signes que Woolf nous livre et nous donne à interpréter. En l’absence de linéarité dans le récit, ces signes peuvent nous déconcerter, nous donner l’impression de ne savoir qu’en faire : des bribes de conversations, un simple geste, une sensation… Mais aussi des notations extérieures aux personnages qui sont autant d’indices sur la destinée de Jacob : un bruit, une ombre, une fleur, une odeur, détails en apparence insignifiants qui nous éclairent en fait sur le sort tragique de Jacob et finissent par nous amener au plus près de l’être.
C’est à travers le regard des autres, à travers la polyphonie de la narration prise en charge par de multiples personnages, que l’on va, par touches successives, saisir la complexité du héros. Woolf cherche la vérité des êtres beaucoup plus dans les impressions, les sensations que dans la psychologie traditionnelle et l’on parle souvent du regard « impressionniste » de Woolf (que l’on retrouve dans Tropismes de Sarraute).
Il convient d’évoquer le style, d’une très grande poésie et brillamment rendue par la qualité de la traduction. Certains thèmes apparaissent de façon récurrente et sont admirablement traités : le thème de l’eau dont on sait quelle fascination elle exerce sur Virginia Woolf. Y est étroitement lié celui de la mort, omniprésente, une certaine forme de spleen qui se nourrit de la beauté du monde : « Le couchant aux ailes de flamant rose voletait doucement dans le ciel ».
Avec ce roman, nos habitudes de lecture sont bouleversées : il faut donc prendre le temps de saisir le flux intérieur des personnages, de savourer la beauté des descriptions. Prendre le temps parce que Woolf est incontestablement une romancière du temps et de la mémoire (en cela, comment ne pas faire le parallèle avec Proust ?)
Un ouvrage à lire dans la pénombre d’un après-midi d’été mais en aucun cas une lecture de plage !


ivana
Jérôme Ferrari - Balco Atlantico-
Ce que je voudrais livrer ici est une lecture subjective -pas une étude- mais simplement la relation singulière que j'ai pu entretenir pendant un instant ,à travers son livre, avec quelqu'un qui vit sur la même terre que moi et en même temps .J'ai voulu partager le regard de quelqu'un qui a pris le temps de s'arrêter et de figer le temps ,momentanément , pour mettre des mots sur la pensée , et qui ,chemin faisant , tente d'en reconstituer le fil .
Le contexte historique sur lequel il s'appuie est la lutte fratricide qui a opposé les nationalistes dans les années 1990 avec en point d'orgue , l'assassinat de deux tunisiens accusés de trafic de drogue ,quelques années plutôt dans les années1985, comme si ,déjà ,la perversion était en route .Les nationalistes avaient pourtant soulevé une espérance et un rêve : la chute n'en a été que plus dure. Jérôme Ferrari nous propose ici , sa vision de la réalité, en croisant les époques ,les voix et les trajectoires d'individus ,qui cherchant un sens à leur vie dans ces années-là , trouvent finalement le désespoir ,la solitude ,la mort et le non-sens .Le regard n'est jamais accusateur ou moraliste.Il ne verse pas non plus dans le pathos ,le sentimentalisme ou l'explication idéologique. Mais la forme choisie ,difficile d'accès , nous invite à la réflexion .
Un coup d'œil sur la table des matières nous montre comment il recompose le temps en cercles concentriques : 2000 au début ( date de l' assassinat de Stéphane Campana ) et 2000 à la fin, puis , les années 1985-1991(l'assassinat des deux tunisiens) et enfin enserrées comme enfermées, les années 91 à 96 (la lutte entre nationalistes).C'est dans ce parcours morcelé de la mémoire que s'inscrit la recherche de la vérité sur la mort de Stéphane Campana,un responsable nationaliste assassiné,cinq ans après la "fin" de la lutte entre nationalistes.. Alors ,qui l' a tué et pourquoi ?
C'est en effet sur la scène hystérique de cette mort que le roman s'ouvre. Virginie ,un des personnages féminins ,se jette sur le cadavre de son amant en hurlant comme les pleureuses antiques ,entièrement nue et en socquettes. Le lecteur entend alors la genèse d'une relation perverse ,entre Virginie,la fille d'Angèle ,qui tient le café du village,et Stéphane.Une relation qui avait débuté alors que Virginie n'était qu'une petite fille et Stéphane,un jeune militant en quête de reconnaissance .La perversité de cette relation ,entre sadisme et innocence (Stéphane ne la touchera jamais :il se contentera de la regarder et de la fantasmer ) reflète la perversité de la lutte. Les destins se mêlent alors .Celui de Vincent Léandri,un autre dirigeant,revenu en Corse pour échapper à la culpabilité d'être né du coté de colonisateur mortifères lorsqu'il était dans l'Ocean indien. Celui de Théodore Moracchini, ethnologue imposteur, raté,au bord de la folie. C'est dans le même village,lieu central et clos, que viennent s'échouer Kaled,le marocain, et sa sœur ,la belle et mélancolique Hayett qui sert au bar tandis que son frère vend la drogue qu'il avait amenée .Ils deviendront ,à leur corps défendant les victimes expiatoires , adversaires fantasmés de ceux qui pourtant leur ressemblent tant.Eux aussi avaient quitté leur terre natale pour échapper à un destin marqué par les légendes et les rêves et que Jérôme Ferrari rappelle comme un souvenir lancinant et lumineux, à travers l'évocation de la promenade de Balco Atlantico.Il faudrait aussi parler de l'histoire d'Angèle,qui veille et s'accroche ,malgré sa pauvre vie ,à l'idée qu'elle se fait de la dignité. Elle détestait Stéphane et sa mort la délivre .
A la fin du livre , que je ne raconterai pas ,puisqu'il nous livre la clé de la mort de Stéphane ,ce qu'il reste c'est un étrange sentiment de malaise et de tristesse devant la vie et les espérances gâchées de ces personnages qui en ne se trouvant pas eux-mêmes ,n'ont pas non plus trouvé les autres Tout amour leur est interdit .Ce qu'il reste, c'est la présence lourde d' une solitude tragique et désespérante que le style de Jérome Ferrari rend heureusement plus légère. Un reproche aussi , fugace mais tenace : les espoirs d'un peuple ne peuvent se réduire aux errements névrotiques de certains de ses protagonistes. Je sais ,un roman n'est pas un traité de politique .
Les choses sérieuses étant dites , je ne serais pas tout à fait honnête ,si ne disais pas que je n'ai pas dérogé à notre sport favori du "qui est qui" ?
Je terminerai en avouant que j'ai cherché aussi derrière quels personnages Jérome Ferrari s'était caché .L'excuse toute trouvée à cette curiosité, c'est Flaubert ,disant à propos de son roman: "Madame Bovary ,c'est moi" .Sachant aujourd'hui qu'il existe, consciemment ou inconsciemment,une part d'autobiographie dans toute création artistique, je ne résisterai pas au plaisir de demander à Jérome Ferrari : ou vous cachez-vous dans votre roman ? et ne me répondez surtout pas " partout ".
Bastia le 5/07/2009/ Ivana.












Nathalie a brièvement relaté son passage au premier festival du livre de Porti vechju

Jean Louis cameraman de Bastia TV



Laetizia journaliste de Bastia TV


Jerome Ferrari a enfin proposé de découvrir le nouveau roman de Marcu Biancarelli, Murtoriu


Alexandra passionnée d'Héroic Fantasy
