Soirée "Coups de coeur : le café des Palmiers nous a à nouveau accueillis et la soirée fut encore
excellente, de belle tenue. Les rires ont souvent fusé car convivialité et plaisir de partager règnent

Michèle C. P.
a présenté un "pavé" (près de 1500 pages) auquel elle tient car il a su la distraire dans
des moments bien difficiles !
Il s'agit de "Un garçon convenable" de V. SethVikram Seth est né à Calcutta ( Kolkata) en 1952, dans une famille distinguée : son père est dirigeant
de la Cie Bata ( chaussures) sa mère magistrat (1ère femme nommée à la haute cour de Delhi). Il a
fait ses études dans les meilleures écoles anglo-indiennes avant de compléter son éducation en
Angleterre: public school et université d' Oxford. Il abandonne un doctorat d'économie à Stanford
pour voyager et écrire ( 5 volumes de poésie et un roman en vers : The Golden Gate, qui a un certain
succès) suivre des cours de mandarin et intégrer l'université de Nanjin . Son voyage de retour de
Chine en Inde à travers le Sinkiang et le Tibet fournit la matière d'un récit de voyage qui lui vaut
un prix prestigieux . De retour dans sa famille, il se consacre à l'écriture de son oeuvre la plus
importante: "Un garçon convenable".
Ce roman, commencé comme une nouvelle mettant en scène une mère de famille à la recherche d'un
parti convenable pour sa fille dans l'Inde des années 50, va lui prendre 10 ans, se développer jusqu'à
comporter 1400 p et une foule de personnages, qui couvrent tout l'éventail de le société hindoue,
du premier miniustre Nehru aux intouchables.Dans l'état imaginaire de Purva Pradesh ( capitale Brahmpur) quatre familles vivent l'époque
troublée des premières années de l'Inde après l'indépendance et la partition Inde/Pakistan.Les grands problèmes politiques, sociaux et religieux sont débattus par les élus et les ministres, et
vécus dans la douleur par tous les personnages, du plus riche ( l'ancien rajah et le Nawab, grand
propriétaire musulman ) au plus humble ( les ouvriers de la chaussure, qui forment une caste
à part, et les paysans sans terre). Entre l'indépendance et les élections nationales de 1952 , l'animosité
entre hindouistes et musulmans (sunnites et chiites), le statut des castes inférieures, la réforme
agraire, la menace des famines, le déclin inévitable des grandes familles, les rivalités
universitaires, et les relations familiales omniprésentes, sont traités de façon très vivante, tantôt
dramatique ( l' émeute sanglante lors du croisement de deux processions : les flagellants chiites
commémorant la mort d'Hussein, et les adorateurs du Lingam de Shiva), tantôt humoristiques
( une réunion de commission universitaire pour décider si Joyce peut être mis au programme
de littérature anglaise).... Un thème plus personnel, celui de la bisexualité, est abordé de façon
discrète dans ce roman. (V Seth a milité pour les droits des homosexuels en Inde.)Les personnages sont pris sur le vif, certains dans la famille de l'auteur, et parmi ses amis et collègues
de l'Université...Malgré sa longueur, le roman a connu un grand succès populaire dès sa publication. Les critiques
Hindous ont salué le livre comme une peinture authentique de l'Inde de Nehru, et les anglo saxons
l'ont comparé à Guerre et Paix....Vikram Seth a ensuite publié un récit " Deux vies" basé sur la vie d'un parent qui a épousé une
allemande dans les années 30, et prépare une suite contemporaine à "Un garçon convenable", où
l'héroïne va chercher à son tour un parti pour son petit fils....



Monique : des récits de grandes marches à la découverte d'univers souvent hostiles...
- Et que le vaste monde poursuive sa course folle : Colum Mac Cann Editions Belfond
Dans le New-York des années 1970, le récit de plusieurs vies qui se croisent avec en toile de fond
l'exploit de Philippe Petit le funambule
qui avait marché sur un fil tendu entre les tours du World Trade Center.
Des personnages trés forts , boulversants que l'on quitte
vraiment à regret.
-L'axe du Loup de Sylvain Tesson (Editions Robert Laffont). Récit de voyage qui va mener ce géographe journaliste de la Sibérie
jusqu'au golfe du Bengale sur les pas d'évadés du Goulag. Comme eux, il va connaître le froid, la faim et la solitude et comparer son expérience
à la leur racontée dans les années 50 par Slavomir Rawicz dans A marche forcée (Eéditions Phébus).

Monique:" L'axe du loup" de Sylvain Tesson

Près de Marie-France , à sa droite, Anne-Marie et Bénédicte, solides piliers de
l'association ; 2 amies grandes lectrices

Bénédicte : "Alabama song" de Gilles Leroy
Ce Goncourt 2007, on en a souvent parlé et on est enthousiaste !
Le style de Gilles Leroy est incomparable
Son second coup de coeur, c'est "La route" de Cormac Mc Carthy ; écoutons-la !

Anne-Xavier Albertini : "Femmes des Antilles" , parce qu'il
ne faut pas oublier !
Joëlle : son "coup de gueule"

Lidia M. :
Découvrez l'oeuvre de Camilleri , moi j'y suis rentrée avec "La forma
dell'aqua ( la forme del'eau)", fascinant !
Barbara, Pierre-Louis, Raymond, Evelyne

Freddy ; ses coups de coeur, c'est
Ru de Kim Thuy
Kim Thùy, RU éditions LIANA LEVI 2010
A travers une écriture fragmentée, des descriptions simples, courtes, imagées, précises, Kim Thùy nous raconte sa vie.
Gràce à ces lignes claires, sans superflu ou artifice, le lecteur entre dans la mémoire de l’auteur et s’y promène ;
il est transporté d’une maison bourgeoise à un boat people, du Vietnam au Canada, du passé au présent et vice versa
et quelques mots suffisent à nous décrire les odeurs, l’horreur, la surprise, le bonheur.
Kim Thùy ne se contente pas de relater les faits ; elle-même se promène dans ses souvenirs, en désordre,
et réfléchit aux rapports qu’elle a eu avec sa mère ( cela étant surement du au fait qu’elle-même est maman).
Tout dans son livre nous semble léger mais nous frappe à la tête et au cœur.
Dans ce premier roman Kim Thùy nous parle d’une chose essentielle : la Vie
Ru, ça signifie "ruisseau" en français mais aussi "berceuse" en vietnamien
C'est un t
émoignage émouvant d'une femme boat people
et
"je me souviens"de Boris Cyrulnik
La genèse de sa théorie dont le concept le plus connu est
celui de "résilience"


Dante : La divine Comédie
3 tomes aux éditions Garnier Flammarion, très bonne édition bilingue avec les
annotations qu'il faut pour plonger vraiment dans ce roman poétique à la
fois satirique, mythologique, chevaleresque, fantastique...
Elle nous a préparé un petit document d'introduction (cliquez sur l'image
pour avoir l'intégralité du document)

Marie-Pierre : trop de coups de coeur ; no comment !


Nathalie Malpelli
Il y a tant de livres dont elle aimerait parler ; mais il faut faire un choix et un coup de coeur, pour elle, c'est
ce qu'elle a vécu avec le roman "37°2 le matin"
U
n choc et le film a aussi contribué à amplifier l'effet Djian dans ces années là !
37°2 LE MATIN 1985 Philippe Djian
Pour un lecteur, rien n’est plus difficile que d’évoquer son coup de cœur, d’abord parce que probablement il y en a plusieurs
et aussi parce que rendre compte d’un moment fort et privilégié est un exercice particulièrement difficile.Alors parmi mes nombreux coups de cœur, j’en ai retenu un qui m’a marquée de façon indélébile. Il s’agit du roman
de Philippe Djian 37°2 le matin. A l’époque, je ne connaissais rien de l’auteur et j’ignorais tout de sa production littéraire.Je me suis donc plongée dans ce bouquin sans grande conviction mais ce fut de courte durée car les premières lignes
m’ont immédiatement embarquée dans un univers dont je suis littéralement tombée amoureuse. Quelle découverte !Le narrateur dont on ne connaît pas l’identité fait la connaissance un matin de Betty personnage trash et décalé.
Entre eux naît une histoire passionnelle. Betty va s’engouffrer dans la vie du narrateur et ensemble ils vont faire
un bout de chemin. Elle est convaincue qu’il est un grand auteur, lui n’y croit pas du tout. Le faire publier devient
la principale préoccupation de Betty. Cela commence très fort et cela se termine très mal. Qu’est-ce qui m’a plu
dans ce roman ? Tout d’abord l’histoire d’amour car c’est une histoire de grands sentiments. On rit, on pleure.
Tout y est. Le contraste entre les deux protagonistes est saisissant et en même temps une sorte de folie
qui leur est commune les caractérise. Cela m’a fascinée. Ensuite le texte possède une intensité qui va crescendo.
C’est une grande tragédie et dès les premières lignes le lecteur sent que quelque chose de terrible va arriver.
Enfin l’écriture de Djian si particulière m’a séduite. Il a une manière très personnelle de brosser des situations,
ses personnages sont toujours border line et ça, je l’avoue, j’adore.Bien évidemment, j’ai ensuite vu le film adapté du roman dont le réalisateur est le talentueux Jean-Jacques Beinex.
Quelle heureuse rencontre entre le cinéma et la littérature ! Betty, ma Betty, je la retrouvais bien dans Béatrice Dalle
qui incarne à la perfection ce personnage désespéré et désespérant. Quant à Jean-Luc Anglade, il semblait que Djian
s’était inspiré de lui pour créer le personnage du narrateur.Philippe Djian vient de sortir un nouveau roman Incidences dont on dit qu’il est très bon…A suivre donc…
Bonne lecture
Barbara F.
elle a découvert "la machine à remonter le temps" de Wells qu'elle a trouvé riche en
enseignements. Tout comme La Peste de Camus !


Le vieil homme et la mer - Ernest HEMINGWAY
Parmi les nombreux « coups de coeur » que j’avais à choisir, j’ai fait le choix de l’œuvre la plus populaire
d’Ernest HEMINGWAY,« Le vieil homme et la mer », ( The old man and the sea) paru en
1953, Prix Nobel de Littérature en 1954.Pas tellement pour l’histoire elle-même mais plus
pour les leçons et la morale que ce roman enseigne.
C’est l’histoire bien connue d’un vieux pêcheur cubain très pauvre qui n’a plus attrapé de poissons
depuis bientôt trois mois et qui, ce jour-là, a décidé de tomber sur LE poisson qui lui permettra de
retrouverl’estime de ses congénères qui ont tendance à se moquer de lui.
Il est seul car le petit garçon, Manolin, qui l’accompagnait depuis fort longtemps a été obligé
par ses parentsd’embarquer sur un autre bateau plus « chanceux ».
Aussi, quand Santiago, en pleine mer, sent une énorme prise au bout de sa ligne, il n’est
pas étonné car il sait que c’est son jour.
Il regrette seulement d’être seul et que Manolin n’assiste pas à cette prise. Devant l’immensité
de la mer, l'auteur décrit parfaitement le pêcheur qui prend conscience de l’infinie solitude
où il se trouve.
En luttant trois jours et deux nuits contre la bête, il réalise vraiment qu’il s’agit d’une prise hors
du commun. Il va parler au poisson pendant tout ce temps et se parle à lui même pour s'encourager.
Après une lutte acharnée, il sort vainqueur au prix d’efforts incroyables.
Quand l’énorme espadon, épuisé, est à fleur d’eau, il évalue sa taille à environ six mètres
et sonpoidsautour d’une tonne.
Pourtant, loin de triompher, il remercie Dieu. L’orgueil qu’il en retire n’est pas d’avoir vaincu
un gros spécimen mais d’avoircombattu un adversaire si brave, si digne.
Au retour, avec sa prise qu’il traine à flanc de bateau, il est confronté à un autre combat. Celui des requins affamés qui, attirés
par l’odeur de la chair, attaquent lâchement l’espadon prisonnier et donc sans défense.
En combattant les requins, il mettra un point d’honneur à défendre son bien mais surtout à défendre l’honneur
de son poisson qui a combattu durant trois jours dignement. Mais la lutte est inégale. Seul contre
un banc de requins, après une nouvelle nuit de combat, à bout de
force, il doit se résigner. Il assiste, impuissant à la tuerie. A quelques encablures du port, il
ne reste plus que la tête et la queue du brave espadon.
Malgré cet échec, il sort grandi de cette épreuve. On ne se moquera plus de lui. Son honneur est donc sauf.
Ce récit a valeur de symbole. C’est l’histoire du courage humain, du respect d’un vieil homme et sa
lutte acharnée contre le sort, contreson âge, contre la mort, l’histoire de la dignité humaine malgré sa condition.
L’auteur a su mettre en évidence la vraie leçon d’humilité pour l’homme qui peut tout perdre à tout moment
sans perdre pour autant sa fierté.
C’est une histoire qui ne laisse pas insensible et qui sert dans la conduite à mener pour tout
être humain. Hemingway dira : « Un homme ça peut être vaincu mais pas détruit ! ».
Raymond Mei


Yvonne, infatigable lectrice
Tant de bons livres à évoquer ; le choix est cornélien !

Nathalie et Maryline
