Soirée

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

Compte rendu du Café Littéraire d'avril 09 au Pigalle dans quelques heures
Amis intervenants, pensez à nous adresser la synthèse ou tout de vos articles

 

Pour patienter, relisez ce qui avait été dit lors du café littéraire précédent

Café littéraire du 10 mars 2009
à Bastia, café des Palmiers

Le thème (Littérature/folie) a inspiré


nous étions 43 ; belle soirée

Amis intervenants...pensez à envoyer vos synthèses !

Citations :


« Un fol enseigne bien un sage ». Rabelais

« La folie est un don de Dieu ». J.Fergus

« On ne peut être poète sans quelque folie ». Démocrite

« Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou, par un autre tour de folie, de n’être pas fou ». B.Pascal

« Il y a toujours du bon dans la folie humaine ». A. Villiers de l’Isle Adam

« Folie : désertion de l’intérieur ». P. Véron

« Le cancer vient de la folie réprimée ». N.Mailer


« C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde fou ». Erasme

« L’action est une brève folie ». P.Valéry


Monique : Shining, roman de Stephen King

Quand on évoque SHINING, c’est l’adaptation cinématographique de Stanley Kubrick qui vient immédiatement à l’esprit et l’interprétation époustouflante de Jack Nicholson.
Or Shining c’est avant tout un roman écrit en 1977 par Stephen King, une référence dans le genre épouvante et fantastique.
Dans ce roman, l’auteur a su nous faire appréhender avec subtilité toute la psychologie de ses personnages dans une ambiance oppressante et angoissante.
L’histoire se déroule au sein du parc naturel de Rocheuses, dans le Colorado.
Jack Torrance, professeur de littérature sans emploi suite à son renvoi, a obtenu un poste de gardien d’un hôtel de luxe, l’Overlook Palace, pour toute la période hivernale où l’hôtel reste fermé.
Jack est accompagné de sa femme Wendy et de son petit garçon Danny.
Il met beaucoup d’espoir dans ce travail. Il espère mettre à profit cette nouvelle installation pour repartir sur de nouvelles bases : régler son problème d’alcoolisme, retrouver l’inspiration pour achever une pièce de théâtre laissée inachevée depuis longtemps, mais surtout rétablir un climat de confiance avec sa femme et son fils.
Danny est âgé de 5 ans. C’est un enfant intelligent, très sensible qui adore son père. Toutefois, il est marqué par sa violence et craint que ses parents n’en viennent à divorcer. 
Il a un ami imaginaire : Tony. Avant d’arriver à l’Overlook, c’était son habituel compagnon de jeux. Depuis leur arrivée à l’hôtel, Tony se manifeste pour lui annoncer des événements inquiétants voire macabres qui terrorisent Danny. Car Danny a un don : le Shining (voyance) Il peut voir des choses et des êtres qui ne font plus partie du présent.
Dans cet hôtel au passé chargé de scandales étouffés, d’événements sanglants (une femme a été assassinée dans la chambre 217, l’ancien gardien dans une folie meurtrière a tué sa femme et ses deux filles), Stephen King fait progressivement ressortir la tension qui existe entre les trois membres de cette famille.
Il met en évidence leur comportement et leur état d’esprit qui se détériorent de plus en plus.
Jack : sa dépendance à l’alcool n’a pas disparu et le manque s’en fait sentir. Il se sent frustré de n’être pas devenu l’écrivain reconnu qu’il rêvait d’être.  L’histoire de cet hôtel le passionne tellement que cela en devient une obsession et lui fait perdre le sens des réalités. Il ne sent pas à la hauteur en tant que mari et père.
Wendy : si elle ne sait comment aider Jack, elle comprend que quelque chose de terrible est en train de se préparer. Elle a peur que son mari ne fasse à nouveau du mal à Danny.
Danny : à cause des facultés de médium, il vit intensément et douloureusement les traces terribles du passé de l’hôtel.
Le lieu et l’espace participent également au sentiment général d’isolement et d’oppression.
C’est l’hiver et la neige recouvre tout.
De plus l’hôtel tout au long de l’histoire est un personnage à part entière. Il est vivant. Plusieurs scènes nous incitent à le penser : le jardin avec ses buis en forme d’animaux, le terrain de jeu de roque, l’ascenseur qui se déclenche à certaines heures de la nuit, le grand salon et les souvenirs des fêtes organisées… sans parler de la chaudière qui aura un rôle majeur pour la fin du roman.
Si les scènes fantastiques nous procurent des frissons, Stephen King apporte judicieusement par des retours en arrière des éléments susceptibles d’expliquer la folie grandissante de Jack (père alcoolique et violent, sentiment de culpabilité vis-à-vis de son fils). Cette folie n’est peut être pas après tout si paranormale que ça et le don de Danny ne serait-il pas la conséquence de son imagination excessive et d’une schizophrénie infantile.
Aucune réponse définitive n’est donnée. Libre choix du lecteur.
Car Shining est un roman plus élaboré qu’il n’y paraît.
Et à travers ce récit, Stephen King conduit habilement le lecteur à se demander si la folie vient de l’intérieur pour se manifester à l’extérieur ou vice versa.

 

« Celui qui soutient sa folie par le meurtre, est un fanatique ». Voltaire

 

« La folie est souvent la logique d’un esprit juste que l’on opprime ».



« La folie est le propre de l’homme ». B.Cendrars

Nathalie Malpelli

Compte-rendu d' intervention lors de la soirée littérature/folie

Milena Agus ou de la folie douce

            Lorsqu’on entre dans l’univers de Milena Agus, on découvre un univers fascinant où la folie cotoie la violence, le sexe. Le premier ouvrage intitulé Mal de Pierre raconte l’histoire d’une folle que l’on marie sans amour à un homme habitué des maisons closes. L’héroïne ne l’aime pas mais qu’importe son esprit est ailleurs. Pour économiser, elle propose à son époux « ses prestations » qui lui éviteront les maisons closes. Et puis un jour, elle devra quitter la Sardaigne pour faire soigner ses reins et elle rencontrera sur « le continent » l’amour. La folie dans ce récit est une folie constructive, féconde, elle sera porteuse de sens et de mots. « Sans folie il n’y a pas de génie » et c’est tellement vrai chez Milena Agus qui fantasme ses personnages hors norme. Prenons le cas de Madame dans son second roman Battement d’ailes. Voilà encore un personnage totalement décalé qui se situe dans une forme de folie ou de fantaisie, mais c’est là qu’elle accède à une forme de liberté qui lui permet d’exister en tant que femme et individu. La romancière renouvelle le motif de la folie en prêtant à ce personnage une sorte de folie toute méditerranéenne qui n’est pas pour déplaire au lecteur. Elle nous surprend, nous déconcerte, nous fait rire parfois avec ses amants. Bref c’est un personnage touchant et attachant.
            Dans son dernier récit, Mon voisin, très court qui n’excède pas plus de cinquante pages, nous faisons la connaissance d’un autre personnage féminin atteint par une forme de mélancolie qui la pousse à rêver le suicide parfait qu’elle élabore avec minutie. Maman d’un petit garçon de deux ans qui ne parle pas et ne marche pas, elle traîne son mal de vivre sous le soleil de Cagliari. Un jour s’installe dans la maison mitoyenne un homme qui la fascine et dont elle guette les faits et gestes. Ce voisin accueille l’été son fils âgé de six ou sept ans. Ce dernier est un enfant extraverti, avide de jeu et d’amusements. Il trouvera en la personne de l’héroïne une compagne précieuse. Plus tard elle fera enfin la connaissance de ce voisin. A califourchon sur le balcon, il établira avec elle une étrange relation. Il a très peur de la mort alors qu’elle a très peur de la vie. Il ne veut pas mourir, elle n’aspire qu’à cela. Ensemble ils font un bon de chemin… Je n’irai pas plus loin. Il faut lire l’histoire…


            Finalement si j’ai choisi de parler de Milena Agus c’est parce que justement le thème de la folie est récurrent mais il est à chaque fois traité de façon très différente. Ce qu’il faut retenir c’est qu’à aucun moment il s’agit d’une folie destructrice bien au contraire c’est une folie solaire, avenante et créatrice. Les personnages grâce ou à cause de leur folie sont amenés à produire, à écrire, à vivre bref à être libres.
            Bonne lecture…

N.B : tous les ouvrages de Milena Agus sont publiés chez Liana Levi.

« Plus l’amour est parfait, plus la folie est grande et le bonheur sensible ».Erasme

 

Manue Marchetti

Charles BUKOWSKI, Contes de la Folie Ordinaire.

 

 

                        Ce Bukowski là est bien celui par qui le scandale arriva...quand Pivot l'invita en 1978, il est loin de se douter qu'il allait falloir «sortir» l'écrivain du plateau d' Apostrophe. En effet, l'auteur des Contes de la Folie Ordinaire était, comme à l' accoutumée, totalement ivre.
            Charles Bukowski (1920-1994) est un auteur américain d'origine allemande. Sa vie n'est qu'une succession de beuveries, accompagnées de ce genre de turpitudes qui font parler de vous...Qu'en est-il alors de l'écrivain ? Je l'ai, personnellement, trouvé particulièrement décevant. Décevant par la forme, décevant par le fond... Ce recueil de  «Contes» avait pourtant attiré mon attention : comment peut-on concevoir une «folie ordinaire» ? Le paradoxe du titre laissait entrevoir (et espérer..) des récits où la folie serait mise en scène, perspective intéressante a priori. Que nenni ! La seule folie perceptible est celle de l'auteur : vulgaire, obsessionnel et dépourvu d'élégance, même quand il prétend être poétique.
On peut s'interroger alors sur l'énorme succès de ses oeuvres ; il existe de fervents admirateurs de Bukowski, des inconditionnels... ceux-là mêmes qui considèrent l'auteur comme un vrai poète des temps modernes. Certes, Bukowski semble explorer les tréfonds de l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus abject ou de plus sombre : ses personnages sont torturés ou malmenés, ses héros souvent à la recherche de l'improbable et, il est vrai que tous sont profondément «humains», mais il serait plus approprié de dire «tristement» humains.

« J’ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence ». A.France

F. a présenté 3 oeuvres ; vous pouvez voir son interview (clic depuis la page d'accueil)

Freddy Rusjan

MON ANGE  de Guillermo ROSALES
editions acte sud

 

Guillermo ROSALES est un écrivain cubain exilé aux Etats-Unis. Il est mort en 1993, à Miami, suicidé.

Ses amis écrivains parlent de lui comme d’un « être singulier, génial à en être fou ».

« Mon Ange » est le seul roman paru de son vivant. Il était, évidemment interdit à Cuba et en même temps il dérangeait le pays de l’oncle Sam.

L’action de ce roman se passe en Floride, loin de la lumière des « experts Miami », un enfer des plus noirs où les plus démunis (exilés cubains entre autres)  deviennent les victimes des nantis…..ou des plus fous !!!
Le « héros », William Figueras est un écrivain cubain exilé, vivant dans une de ces « pensions de famille », une « boarding home », aidées par l’Etat américain pour assurer, à sa place, la prise en charge des malades psychiatriques et des vieillards. « Une maison pour déchets humains » dira William.
C’est une pension des plus sordides, un véritable mouroir et Figueras, amateur de Proust, Joyce, Mann va alterner entre humanité et bestialité.
Lui, un être de mots va parfois se révéler sa part sadique.
Quel avenir dans cette enfer pour ces exclus ? 
« Mais il y a toujours une lumière dans les yeux du diable » dira-t-il.

Mon Ange est une œuvre intense, dérangeante qui parle de souffrance en mêlant argot et poésie.
A découvrir…avec votre cœur et vos tripes !




« Il y a toujours un peu de folie dans l’amour mais il y a toujours un peu de raison dans la folie ». Nietzsche

 


Pierre-louis a proposé de lire Le moine fou, superbe album de BD

Cet ouvrage est une exploration intéressante des divers aspects de la folie et de leurs conséquences inattendues. Le moine (qui a aucun moment n'apparait dans l'histoire) est considéré comme fou à cause du degré de perfection apporté à son art: le combat. Il met ainsi au point une technique martiale qui rend tout adepte invincible et capable des choses les plus folles.
Le personnage principal hé pao est une femme blanche qui orpheline a été recueillie par une famille chinoise et donc maitrise parfaitement la culture du pays. Elle apprend par hasard cette technique au cours d'un voyage.
Elle est alors surprise de comprendre que la technique est assortie d'une sécurité. Si son possesseur vient à tuer quelqu'un grâce à cet art dément la sanction est immédiate le disciple tombe dans le coma et finit par mourir
des cet instant sa vie devient une suite d'aventures dont elle sort inévitablement victorieuse grâce a son art mais dont la vie est perpétuellement en danger par les risques qu'elle fait courir aux gens qui l'attaquent.

Ainsi un art fait pour rendre invincible ne permet pas de tuer sous peine de mort. La personne qui devrait etre protégée par cet art est en fait menacée par elle. De plus l'envie que suscite cette méthode génère un perpétuel harcellement dont il est impossible de se défaire puisqu'il est impossible de les décourager ou d' effrayer les poursuivants. P.L.

« Et si la folie n’était qu’une révolte contre ce qui offense l’humanité ». J.Ferron



« Il n’y a point de génie sans un grain de folie ». Aristote

Bénédicte : Caligula de Camus

Caligula (1944) est une pièce d’Albert Camus qui s’inscrit dans « le cycle de l’absurde » avec L’Etranger (1942) et le Mythe de Sisyphe (1942). L’histoire de Caligula fut relatée par Suétone dans sa Vie des douze Césars et Camus s’en est inspiré même s’il affirmait très clairement ne pas vouloir faire « œuvre historique ». La pièce de Camus s’ouvre sur la disparition de Caligula, disparition qui fait suite à la mort de sa sœur et maîtresse ( !) Drusilla et qui l’amène à une prise de conscience : celle de l’absurdité de la condition humaine. A son retour, Caligula explique à Hélicon, son fidèle confident, qu’il était allé « chercher la lune » mais que sa quête a été vaine, ce qui ne l’empêchera pas de continuer à « vouloir l’impossible ».
On est véritablement happé par cette pièce : la monstruosité de Caligula qui tue, viole, humilie, nous horrifie et nous fascine à la fois. Tout en lui relève de l’excès mais il s’agit d’une démesure délibérée ce qui la différencie de la folie et rend le personnage encore plus monstrueux mais aussi plus complexe : la folie rassure, et Caligula, lui, n’a pas cette « excuse ». Il est monstrueux mais lucide et capable de se révolter contre son destin. Il s’attachera à détruire toutes les valeurs, art, religion, amour, vie humaine (y compris la sienne puisqu’il ne fera rien pour empêcher  le complot qui se met en place contre lui et dont il a connaissance), pour en affirmer de nouvelles : la vérité (celle de l’absurdité de la condition humaine), et la liberté (celui qui reconnaît l’insignifiance de ce monde est libre). Aussi provoque-t-il les patriciens, usant de façon abusive de son pouvoir pour leur « ouvrir les yeux » et les amener à la révolte.
Caligula est fascinant parce qu’il est un tyran qui nous dit des choses « affreusement vraies » sur l’homme et l’existence. Il est un être révolté contre la société et l’ordre du monde (rappelant en cela le Dom Juan de Molière), mais c’est aussi un individu qui se trompe : sa révolte et sa prise de conscience sont justes, mais sa liberté n’est pas la bonne parce que la révolte individuelle est vouée à l’échec. « Caligula consent à mourir pour avoir compris qu’aucun être ne peut se sauver tout seul et qu’on ne peut être libre contre les autres hommes », écrira Camus dans la préface à l’édition américaine : ce n’est pas par l’action individuelle que l’on peut dépasser l’absurde, mais par l’action collective.

 

« La différence entre les psychiatres et les autres malades mentaux, c’est un peu le rapport entre la folie convexe et la folie concave ». K.Krauss

 



« Folie pour folie, prenons les plus nobles ». G.Flaubert

 

Marcel G.

Corpus Simsi de Chloé Delaume

L'histoire d'une jeune femme ui vit sa vie "par procuration", au sein des Sims

 

Corpus Simsi, roman de Chloé Delaume paru en 2003, a pour thématique l’utilisation du jeu de simulation de vie Les Sims à des fins de fiction. L’héroïne du récit, également nommée Chloé Delaume, est un personnage de fiction pire que les autres, qui a refusé de s'incarner dans un livre. Dans un précédant roman, La Vanité des Somnambules, elle a quitté le lieu de résidence initial de ses congénères, la Somnambulie, pour prendre possession d'un corps humain, qu'elle s'est empressée de parasiter. S'étant faite expulsée tout en poussant le corps hébergeant à l'implosion, elle se retrouve donc nulle part, ce qui n'est pas très pratique. Aussi décide-t-elle de prendre définitivement résidence dans le jeu Les Sims™, sachant ce nouveau territoire particulièrement adapté à sa situation de personnage de fiction sans domicile fixe.
Sous forme d'avatar de son ancien corps humain, elle devient un petit personnage de jeu vidéo formaté, soumis à des règles différentes de celles du monde réel, face auxquelles la fiction n'est peut-être pas aussi souveraine qu'elle y parait. Actions préprogrammées et fatum, bugs et clinamens, boucles et ritournelles : autant de similitudes entre les deux univers, autant de failles où s'engouffrer.

 

Le jeu vidéo Les Sims lui apparaît alors comme l’endroit rêvé pour exercer sa vie de personnage fictionnel, décrite tout au long de l’œuvre.

 

Le principe du jeu est simple : vous contrôlez la vie (virtuelle) d’un groupe de personnes. Vous devez leur aménager une maison, gérer leur carrière, leurs relations sentimentales et amicales. Vous n’êtes ni gagnant ni perdant dans ce jeu. Il s’agit simplement de réussir la vie sentimentale, professionnelle et personnelle de vos Sims.

 

Projet Corpus Simsi :
« Le projet s'est amorcé en juin 2002. Il s'agissait d'explorer quelques pistes portant sur le rapport de la fiction au virtuel, et sur le jeu en tant que territoire d'investigation poétique. Les jeux vidéo constituent en soi un support artistique encore trop peu exploité à ce jour. Alors que le détournement, la réappropriation d'images fixes et mouvantes sont couramment usités, le jeu vidéo, probablement victime de son aspect populaire et générationnel, est rarement pris pour ce qu'il est : un générateur de fiction, doublé d'un outil technique singulier. »


Configuration, Temps, Langage... : chacune des étapes de cette entrée en Simscity est décrite et méthodiquement fictionalisée. Cependant, Corpus Simsi - le livre - est plus qu'un manuel du jeu de la vie à l'usage des vieilles générations. Avatar de l'auteur, le livre lui-même n'est que l'avatar d'un projet d'écriture en perpétuelle mutation. Celui-ci, à coups de performances, intègre non seulement l'univers du jeu lui-même, mais également ses à-côtés : le réseau Internet, les groupes de discussion CHAT, la performance, la « lecture publique », …

 

À elle la nouvelle vie : choisir un avatar, télécharger une robe, parler par pictogrammes, nourrir un siamois, soigner ses besoins de base, vivre virtuelle le plus possible, non sans quelques bugs traumatiques ressurgis de son passé humain : « Je redoutais tant les cauchemars, une habitude de mon ex-corps, que j'ai dormi des jours durant sur la moquette par prévention. » Acerbe et heureuse d'avoir enfin quitté le réel, elle goûte au plaisir anesthésiant de la vie simplifiée : « Je rêve du ficus de l'entrée, de mon chat, de Gérard Pichu, du jacuzzi, de mon mari, de mon piano électronique. » Elle préfère s'ennuyer en 3D virtuelle que souffrir en 3D existentielle.

 

  1. Introduction « …. Un espace où prendre racine. »
  2. La configuration « J’ai été expulsée du corps humain où durant quarante mois je m’étais établie. Corpus Chloes dixit vade retro, les nénuphars de strass qui m’inondent au garrot. Je dis : me voici désormais à l’image du corps qui me refoula. Me voici à l’image du corps qui me refusa. Me voici à l’image. Car désormais ; Corpus Simsi »
  3. Le temps « Le tempssims existe, je l'ai rencontré. ... Le tempsims se maîtrise. Nous avons une emprise totale sur celui-ci. »
  4. Les besoins
  5. Le langage – « La parole n’est ici jamais un événement juste une répétition ». « Etre un Sims est très reposant. Ils n’ont aucun imaginaire, aucun trauma existentiel, aucune pulsion morbide ou presque. Les Sims ne peuvent être névrosés, psychotiques, schizophrènes, paranoïaques, …, mabouls. Les bugs les rendent juste apathiques. »
  6. La mort
  7. Epilogorrhé

Original, Décalé, Désespéré, Corpus Simsi est un livre finalement assez vain. Chloé virtuelle note elle-même : « Les Sims ont du talent, mais jamais du génie. Nous simulons si brillamment vos toutes dernières générations. »

 

Marcel Gambini

 

« Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais ». O.Wilde

 

 


Jean-Pierre : rencontre avec James Ellroy par la lecture de son autobiographie Ma part d'ombre

James Ellroy : la narration comme "seule langue morale "

« La narration était ma seule langue morale. Je ne le savais pas en cet été de 1965. » C’est cette proposition de James Ellroy que j’ai finalement choisie pour répondre à l’invitation de Marie-France Bereni Canazzi de participer à cette soirée « Littérature et Folie ». James Ellroy, est unanimement considéré comme la voix majeure du roman noir américain, en particulier avec Le Dahlia noir, une œuvre de fiction basée sur une histoire vraie du Los Angeles des années quarante, à savoir le meurtre sadique d'une jeune starlette, Elizabeth Short, surnommée Le Dahlia noir, ou avec Un tueur sur la route qui est le récit à la première personne du parcours d'un "serial killer",et qui est devenu une des références majeures des écoles de formation de policiers tant il décrit avec précision la psychologie de la majeure partie des tueurs en série. « La narration était ma seule langue morale », cette proposition est soutenue par Ellroy dans Ma part d’Ombre, texte autobiographique qui nous permet de saisir l’articulation entre l’œuvre littéraire d’Ellroy et le chaos, voire la folie auxquels le sujet a été confronté dans la première partie de sa vie, un chaos qu’il parvient néanmoins à stabiliser à partir de l’écriture littéraire.

« Ma part d’Ombre » nous permet en effet de constituer une biographie orientée par la psychanalyse, et de répondre à cette question du lien pour ce sujet entre littérature et folie, justement à partir d’un hiatus entre langue et morale.
Que nous raconte-t-il ? Qu’il est né à Los Angeles le 4 mars 1948 d'un père comptable, « oisif et paresseux », et d'une mère infirmière d'origine allemande, sans doute alcoolique. « C’est elle qui rapportait à la maison l’essentiel de l’argent et elle enquiquinait mon père pour l’inciter  à trouver un boulot permanent. » La langue conjugale c’est la langue de la discorde, de la haine quotidienne où l’enfant est pris à parti. Les parents divorcent six ans plus tard, la mère obtient la garde du petit. Celui-ci a dix ans lorsque sa famille emménage dans un quartier populaire de Los Angeles, El Monte, où sa mère sera assassinée en 1958. Un crime qui restera impuni. James est confié à son père, - c’est lui qui l’initiera à la lecture -, mais il est livré à lui-même, et il sombrera peu à peu dans la délinquance, la toxicomanie, et nous pourrions ajouter dans le déchaînement maniaque de langues a-morales, déconnectées de la loi.
Ce déchaînement semble se jouer en trois temps :
 Le temps un est celui du trauma du meurtre de la mère où deux signifiant s’imposent : le cadeau et l’obsession.
« Je savais que j’aurais dû pleurer. La mort de ma mère était un cadeau, et je savais que j’aurais dû payer pour le recevoir. (…) Je la haïssais. Je haïssais El Monte. Quelque tueur inconnu venait de m’offrir la belle vie, une vie flambant neuf. » L’enfant fait le choix de la liberté présentifié par un père complice et qui s’était appliqué à déverser dans l’esprit de son fils son venin contre sa mère : « Je la haïssais parce que mon père la haïssait pour prouver à mon père l’amour que j’avais pour lui. »
Mais dans un second temps, ce choix de la liberté, et du refus de la castration  a un prix, c’est ce que Ellroy appelle « l’obsession » : « Ma mère m’a donné ce cadeau et cette malédiction : l’obsession. Celle-ci a débuté comme curiosité en lieu et place d’un chagrin d’enfant. Elle s’est épanouie, en quête d’un savoir obscur, avant de se muer en une abominable soif de stimulation mentale et sexuelle. Mes pulsions obsessionnelles ont failli me tuer. La rage de vouloir transformer mes obsessions en quelque chose de bon et d’utile m’a sauvé » .
Cette transformation en quelque chose de bon et d’utile prendra du temps, et commence par un temps de délire, d’envahissement obsessionnel, à partir de la lecture du livre sur le meurtre de Betty Short, le Dahlia noir, livre que son père lui avait offert pour ses dix ans, quelques mois avant le meurtre de sa mère : « Elle est venue à moi dans un livre. Un cadeau innocent a réduit mon monde en cendre. (…) Mon obsession du Dahlia était explicitement pornographique. (…) Je ne faisais pas apparaître ces images volontairement. Elles semblaient jaillir de quelque lieu, bien au-delà de mon vouloir. »  
A l’adolescence, troisième temps, James Ellroy va devenir un très mauvais garçon, qui tentera, comme le souligne  notre collègue Marie-Hélène Brousse , de se faire un nom dans la délinquance, de trois façons différentes :
 La première tentative passe  par la langue du fascisme : « J’aimais à dégoiser sur le crime, et les démons nazis planqués. », « Je me suis fait l’avocat du diable (…) Je hurlais "libérez Rudolf Hess " et prêchais le rétablissement de l’esclavage» Son symptôme lui donne un nom propre : il est le «Kiddienoir», le seul fasciste dans un collège à majorité juive…
Mais cet habit s’avère n’être qu’une jouissance négativiste sans issue.
La seconde solution, plus singulière, est celle du «cambriolage et voyeurisme». C’est une solution par l’objet fétiche : «J’ai exploré le premier étage comme le rez-de-chaussée et je me suis gardé la chambre de Kay pour la fin… J’ai fouillé dans ses affaires de classe, je me suis étendu sur son lit… J’ai volé un soutien-gorge et une culotte assortie… Le cambriolage, c’était le voyeurisme multiplié par mille.», «J’ai passé l’année 1967 de cambriolage en cambriolage.» .
La dernière solution, après le passage par la prison, est la  toxicomanie : «À vous péter les neurones en vous agrippant l’entre-deux», «J’ai trouvé quelque chose que je pouvais avoir volonté ».  Mais là, « Tout est allé mal avec une logique autodestructrice. » : errance, défonce continue, prison, maladie, hallucinations, jusqu’à se trouver dans l’incapacité de  dire son propre nom : « J’étais incapable de penser mon propre nom. (…) Mon esprit était mort. (…) J’étais fou, le cerveau mort… J’ai hurlé.»
Moment de débranchement s’il en est…Mais dont il va sortir en s’appuyant sur le langage : « Je ne deviendrai pas fou »écrit-il sur le mur derrière son lit d’hôpital.  ; « La rage de vouloir transformer mes obsessions en quelque chose de bon et d’utile m’a sauvé. J’ai survécu à la malédiction. Le cadeau a pris sa forme ultime et définitive dans le langage. »
Ellroy canalise cette volonté de jouissance morbide et parvient à la réduire, en particulier autour d’un fantasme de type œdipien, « Dieu m’avait puni pour avoir mentalement baisé ma mère » . Il critique par là cette satisfaction pulsionnelle satisfaite par le recours au fantasme, il s’en extrait en s’appuyant sur la narration qui va lui permettre de mettre à distance ces modes de jouissance que sont le fascisme, le cambriolage voyeuriste et la toxicomanie.
Poser que « Le cadeau a pris sa forme ultime et définitive dans le langage » indique le mode de traitement de la jouissance qui passe par la narration, et se fait fiction. Une jouissance qui, comme le souligne M-H Brousse, trouve néanmoins à se manifester dans ou par le style de l’auteur : « Il (le style) associe le mode de la narration à celui de la description ; du côté de la description, c’est l’image qui est modèle. Elle met l’écriture au pas du cinéma et du feuilleton télévisé. Elle la brise, introduit le partiel, la découpe et le non dialectique de l’image au cœur du texte. La narration en contrepoint introduit la continuité du regard et de la satisfaction par l’hallucination dans la suite des images : le sujet s’y dit en court-circuit de l’ego du personnage dans des monologues hachés, par des surgissements de jouissance qui manifestent l’effraction du réel dans le texte. »   Ellroy invente en quelque sorte une langue.
On comprend pourquoi James Ellroy peut soutenir que la narration était sa « seule langue morale », « mais qu’il ne le savait pas en cet été 1965 », l’année des grandes émeutes de Los Angeles : « L.A. brûlait. Je voulais tuer tous les émeutiers et transformer moi-même L.A. en Cité des Cendres. Les émeutes m’excitaient et me ravissaient. C’était du crime qui s’écrivait en grand – du crime à grande échelle autour d’une grosse intrigue extrapolable. ».
A méditer pour nos banlieues contemporaines

                                                                                                                        Jean-Pierre Denis
                                                                                                                         10 mars 2009


Ellroy J., Ma part d’ombre, Rivages, Paris, 1997, p. 181.

M-F Bereni Canazzi est enseignante de littérature, membre du laboratoire du CIEN « L’enfant auquel vous avez pensé », et responsable de l’association musanostra, forumd’art populaire à Bastia.

Ibid, p. 122.

Ibid, p. 119-120.

Ibid, p. 130.

Ibid, p. 285.

Ellroy J., Ma part d’ombre, Rivages, Paris, 1997, pp. 143-149.

Brousse M.-H., « Les Noms, Le Père, Le Symptôme », dans La Cause freudienne, n° 39, Navarin Seuil.

Ellroy J., Ma part d’ombre, op. cit., p. 158

Ibid, p. 189.

Ibid,  p. 202.

Ibid,  p. 208

Ibid p. 210.

Ibid, p. 285.

Ibid, p. 212.

Brousse M.-H., op. cit. p. 67.

 

 


« Il est consolant de penser que si la folie ne gagne rien au contact de la raison, en revanche, la raison s’altère au contact de la folie ». G. Courteline

« Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’on croit ». La Rochefoucauld

 

 




« Le cancer vient de la folie réprimée ». N.Mailer

Noëlle : G. de Maupassant

le réalisme et sa dérision

 

Depuis le printemps   existe à Bastia grâce à notre collègue enseignante Marie-France Bereni- Canazzi, un café littéraire. Les rendez-vous sont mensuels ; l’esprit y est amical, convivial, bon enfant et productif. Chacun s’emploie à présenter les œuvres littéraires, philosophiques ou poétiques de son choix, ce à chaque coup de cœur afin d’en faire partage avec les collègues.
C’est ainsi que mardi dernier le 10 mars 2009, le laboratoire du CIEN avec son responsable Jean-Pierre Denis ont été invités par le café littéraire car le thème de la soirée en était  «  littérature et folie ».Jean-Pierre Denis et quelques membres du CIEN se sont risqués à l’exercice de style de présenter un ouvrage ou un auteur.
Pour ma part, en prévisions du Colloque Guy de Maupassant « La dysharmonie des plaisirs- L’urgence de l’écriture » organisé à Rouen par les collègues de l’ ACF- Normandie le 28 mars 2009, je me suis intéressée à l’écrivain, à sa biographie dans un premier temps et à son œuvre, romans et nouvelles dans un deuxième temps.
J’ai été captivée par l’œuvre qui recouvre une dizaine d’années de1880 à1890, durant laquelle l’auteur affronte avec courage, les terribles effets secondaires d’une syphilis galopante alors qu’il n’est âgé que de 27 ans. Il aura des troubles oculaires et cardiaques, une alopécie, des dépressions physiques et mental etc.…Il prend les eaux, voyage et consulte des médecins renommés tel que le célèbre aliéniste le Docteur Blanche. Au  cours de cette période, l’urgence de l’écriture s’impose avec plus de trois cent nouvelles et six romans. Cela ne nous laisse cependant pas ignorer que l’auteur écrit depuis son adolescence et qu’il a comme maître Gustave Flaubert, ami de la famille maternelle qui l’introduira dans les milieux littéraires parisiens où il rencontre Huysmans, Edmond de Goncourt, Tourqueniev. C’est ainsi qu’il rencontre Emile Zola qui publiera son « Boule de suif » en 1880 qui fût son premier succès littéraire. Nouvelle qui témoigne de la chute des idéaux durant l’occupation prussienne après la guerre de 1870. A cette époque là, Guy de Maupassant a vingt ans. Il est mobilisé pendant un an et versé dans l’intendance à Rouan. C’est la déchéance de l’empire en même temps que la proclamation de la République. « Boule de suif » se situe dans cette période ; si tout cela apparaît dans cette nouvelle, au contraire dans le roman « Une vie » le temps y est comme suspendu par la faute morale du romantisme exacerbé de l’héroïne Jeanne : trois rois se sont succédé, un Empereur et sa chute, une guerre, l’instauration de la République et rien ne
transparaît dans cette vie « morne et triste »
Dans ce roman, l’héroïne est infatuée de sentimentalité.
Ce premier roman de Guy de Maupassant est un défi littéraire car il déréalise tout à force de sembler réaliste.
C’ est le roman de l’aliénation proprement romanesque, de l’inexistence, du vide, du trou, ou le rien meuble cette inexistence de la femme qui a par avance beaucoup trop lu et par là trop rêver.
Jeanne est une rêveuse invétérée .Ces rêveries se répètent inlassablement devant le cadre d’une fenêtre ; qu’il s’agisse du départ pour le château familial au bord de l’océan au sortir du couvent par la vitre de la diligence ou plus tard par les fenêtres du château des Peuples.
Cette habitude la conduira vers une morne léthargie empreinte de tristesse voir de mélancolie.
Cela n’est pas sans lien avec l’idée qu’elle se forge de l’amour ; Jeanne est amoureuse de l’amour. Cela l’isole, la plonge dans la solitude du rêve comme  en un au-delà du cadre de son fantasme.
Etant amoureuse de l’amour, le premier galant passant sera une promesse d’amour ; elle lui fait endosser la panoplie du parfait amoureux illico. Elle ira alors de déconvenues en trahison. Elle est trompée dès les premiers instants de leur relation. L’adultère se poursuivra au- delà de cette relation initiale provoquant chez notre héroïne des crises d’angoisse dont on découvre dans un proche après-coup qu’elles n’étaient pas sans fondements.
Comme Guy de Maupassant était allé avant Freud à la Salpêtrière chez le célèbre aliéniste le Docteur Charcot, peut-être est-ce pour cela que nous avons des instants cliniques remarquables concernant l’angoisse.
L’angoisse s’articule à la clairvoyance de l’héroïne le temps d’un éclair et ce lors de fortes déconvenues au regard de sa  «  sentimentalité rêveuse ».
Dans le texte cela se repère toujours par le questionnement du sujet à la forme interrogative.
Nous avons pointé dans le texte, p142 que cette sentimentalité de Jeanne n’est pas sans rapport avec une identification à sa mère. En effet, toutes deux conservent leur correspondance destinée à être relue : « Mais Jeanne aussi gardait sa correspondance, préparant sa « boite aux reliques », obéissant, bien qu’elle différât en tout de sa mère, à une sorte d’instinct héréditaire de sentimentalité rêveuse. »
Durant la nuit où décède sa mère, Jeanne veille sa défunte « petite mère ».
Alors, elle décide de lui rendre hommage une dernière fois en extrayant du secrétaire la correspondance de sa mère. Le travail de deuil s’inaugure d’une identification via la lecture de la correspondance des grands-parents maternels que Jeanne n’avait pas connus et
oh ! Surprise elle découvre conservée depuis longtemps les lettres d’amour d’un amant de sa mère.
L’auteur nous dit p.149 : « Elle les déposa (les petits paquets de lettres) tous sur le lit, entre les bras de la baronne, par une sorte de raffinement sentimental, et elle se mit à lire ».
Pour conclure, nous avancerons que cet amour de l’amour ainsi déçu se transforme en amour illimité pour son fils, à qui elle va tout donner. Elle va tellement tout lui céder qu’adulte il va la ruiner. Elle est obligée de vendre le château de famille et quitte le bord de mer pour une maison bourgeoise dans la campagne Normande.
Les paysans de bon sens l’appèlent entre eux « la folle » p199 : « Sans doute par ce qu ils devinaient avec leur instinct de brutes, sa sentimentalité maladive et grandissante, ses rêvasseries exaltées, tout le désordre de sa pauvre âme secouée par le malheur ».
Il y a d’ailleurs en p 200, la description toujours clinique d’une crise d’hystérie avec convulsions, perte de connaissance et pour finir crise de larmes.
Contrairement à Emma Bovary, le roman se termine sur une note optimiste avec la naissance de la petite fille de son fils dont la mère meurt en couche.
Et la précieuse bonne Rosalie de terminer le roman sur cet adage : « La vie ; voyez- vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit ».                                                                                                                                                         Bastia le 15 MARS 2009
                

                                                                                          Noëlle  FRATICELLI

           
1 « Boule de suif » Guy de Maupassant. Livre de poche.
2- « Une vie » Guy de Maupassant. Livre de poche.          


« L’espérance est la plus grande de nos folies ». A. de Vigny

 

 

« Si le fou persévérait dans sa folie, il rencontrerait la sagesse ». W.Blake



« Mêle à la sagesse un grain de folie, il est bon quelquefois d’oublier la sagesse ». Horace