Journée café littéraire au bar u Scalu à Macinaghju
F. Rusjan et "La mécanique du coeur" de M. Melzieu

Anne-Marie Albertini a proposé de redécouvrir Eugénie Grandet, d'Honoré de Balzac et a présenté son livre de chevet, très fin mais édifiant, la célèbre "Lettre à Ménécée" d'Epicure.

Nathalie Malpelli nous a à nouveau embarqués avec son dernier coup de coeur "D'autres vies que la mienne" d'Emmanuel Carrère,éditions POL ; un livre vrai, fascinant car juste ; un style "à découvrir" ...
Le titre de ce texte autobiographique est programmatique car en effet Emmanuel Carrère balaie de sa plume des existences singulières et tragiques. Tout commence lorsque l’auteur se retrouve avec sa compagne au Sri Lanka en décembre 2004. Il songe alors sérieusement quitter Hélène car il pense qu’ils ne s’aiment plus. Et puis la vague dévaste les côtes de l’Asie du sud est et tout va changer. Il y a d’abord la petite Juliette à la robe rouge qui a été emportée par la terrible vague. C’est la fille de Jérôme et Delphine un couple magnifique. On suit avec le romancier les moments difficiles du couple et surtout on perçoit le dedans et le dehors de ce moment dramatique. On est saisi par la force de l’écriture de l’auteur qui sans pathos nous fait réaliser l’intensité de la mort et de la vie. C’est très beau. C’est bien écrit.
Plus tard, à leur retour à Paris, Hélène apprend que sa sœur Juliette (une autre !) est en phase terminale de cancer. Elle a trois petites filles. Elle est juge au tribunal administratif de Vienne. A nouveau Emmanuel Carrère attrape quelque chose dans cette histoire et nous le restitue de manière sensible et intuitive. Là encore les passages sont forts, il peut arriver que l’on pleure tant la force émotionnelle est importante.
Ces tranches de vie permettent au romancier de parler de lui et de sonder ce qui est essentiel dans son existence. L’amour… toujours l’amour. Hélène celle qu’il voulait quitter au Sri Lanka devient celle avec laquelle il veut vieillir. Lui, Emmanuel, l’éternel insatisfait semble avoir trouver une forme d’apaisement à travers ces vies défaites, démolies.
Les autres vies sont aussi la sienne, la nôtre également et le récit ne peut que nous toucher infiniment. Un beau texte, vraiment…
Bonne lecture.
Nathalie Malpelli, Mai 2009.

Albert Mattei : Le mystère de l'origine de Christophe Colomb
"j'ai écrit un essai sur les origines de C.Colomb qui recoupe cinq années de travail. Je ne suis pas encore publié mais c'est important d'avoir un premier contact avec le lecteur"

Marlène : deux amies exposent leur point de vue sur le mariage et sur le divorce, surtout au cours de conversations de tous les jours ; on réfléchit, on constate avec elles mais "sans se prendre la tête". Léger en apparence...ce petit ouvrage de Plin Sykes traite d'un phénomène bien actuel et bien complexe !

Une assemblée nombreuse, de belles interventions, de l'attention, de la bienveillance...Tous les ingrédients d'un café littéraire réussi !

Alain a relu La terre des seigneurs de Culioli dans sa nouvelle édition ; il nous a plongés dans l'histoire d'une famille du sud de la Corse, de Chera en particulier et nous avons eu plaisir à retrouver ces personnages attachants et leur façon de percevoir et de participer à l'histoire de l'île.

D.Munoz avec "Montagnes d'une vie" rend hommage à l'alpiniste Walter Bonatti qui a plus de 80 ans aujourd'hui et a été pour lui un modèle ; cet homme né en 1930 a consacré sa vie à l'alpinisme, pendant 15 ans notamment à haut niveau : il s'est retiré à 35 ans et a continué pour lui son dépassement des limites. Il apparaît comme l'homme de grands exploits de l'extrême, s'attaquant avec succès aux faces nord des montagnes, par exemple..."Toujours humble et courageux",il est passé souvent à côté de la mort et a sauvé de nombreuses vies. En évoquant cette grande figure, D. Munoz nous a donné l'occasion de distinguer escalade et alpinisme et a évoqué d'autres grandes figures du dépassement de soi telles que celle de Demaison ou encore dans un autre domaine celle de B.Moitessier.



M. Antonini a présenté un livre coup de coeur, celui de son frère "Jo couteau" , comme on le surnomme à Bastia, pour l'état civil Joseph-Antoine Antonini, ancien coutelier, qui avec Terra Rossa nous invite à lire une histoire d'amour, dans une Casinca dévastée par la guerre de 14 ; un "roman palpitant, instructif, poétique et réaliste à la fois ; c'est tout mon frère" souligne notre intervenant, ému.
