A la recherche d'un auteur américain, je suis tombée sur un livre de Woody Allen " L'erreur est humaine "
aux éditions Flammarion.
Je connaissais Woody Allen derrière sa caméra mais quel plaisir que de le découvrir derrière sa plume !
Né à Brooklyn en 1935, auteur, compositeur, acteur et musicien (clarinettiste de jazz), il est surtout
connu comme le réalisateur le plus prolifique de ces 40 dernières années, il a produit plus de 45 films
et a obtenu une multitude de prix dont 3 Oscars : 2 pour " Annie Hall " en 1977 et 1 pour
" hannah et des soeurs "en 1984
Ses films sont très psychologiques.
" L'erreur est humaine " est un recueil de 18 nouvelles, toutes très drôles et complètement loufoques.
Dans un style simple et avec un humour décalé, l'auteur traite de manière satirique le dérapage de la société bourgeoise américaine et plus précisément New Yorkaise.
Nous y trouvons:
L'histoire d'un bourgeois dont la vie est brisée car son petit garçon a été refusé à l'entrée de l'école maternelle la plus prestigieuse de Manhattan.
extrait du "recalé" p.9
Lorsque Boris Ivanovich ouvrit la lettre et la lut à sa femme Anna, tous deux blêmirent. Mischa, leur fils de trois ans, n'était pas admis dans la meilleure école maternelle de Manhattan.
« Ce n'est pas possible ! s'exclama Boris Ivanovich, consterné.
— Non, non – ce doit être une erreur, renchérit sa femme. Après tout, c'est un garçon brillant, agréable, sociable, à l'aise à l'oral, qui se débrouille correctement en coloriage et maîtrise bien Monsieur Patate. »
Histoire de la mise aux enchères d'une truffe chez Christie's !
Mais aussi l'histoire d'un homme qui rentre dans une boutique pour acheter un complet et qui se voit
proposer par le vendeur un costume post moderne qui permet de recharger son téléphone mobile.
_Sans oublier l'histoire d'un homme qui fait fortune en vendant des prières personnalisées sur EBAY.
Le final est en apothéose avec Mickey à la barre, lors d'un procès qui oppose Walt Disney à l'un de ses anciens
dirigeantsUn livre bourré de jeux de mot, de situations plus cocasses les unes que les autres
et d'expressions hilarantes...
On sourit, on rit beaucoup, à lire et à relire absolument...
Le format de poche et le côté caustique font de cet ouvrage un livre idéal pour accompagner ses vacances.

Il a lu ou plutôt relu pour nous Mes folles années, ; ça fait une quinzaine d'années qu'il a découvert ce texte qui plaira aux amoureux de grands espaces, à ceux qui aiment les histoires d'indiens, qui goûtent au mythe de la Frontière, qui ont rêvé d'enlacer des belles froufroutantes dans les saloons...
Le père de Tom Sawyer, de Huck. Finn, le grand Mark Twain, était un aventurier !

UNE AFFINITE VERITABLE, Saul BELLOW
Saul Bellow (né en 1915 et mort 2005, prix Nobel en 1976) s’impose dans l’imaginaire américain comme la figure de l’intellectuel juif. Une affinité véritable est un court roman écrit en 1997.
Harry Trellman est un homme d’affaires de 50 ans en semi-retraite qui, après avoir beaucoup voyagé, décide de « revenir sur le lieu de ses racines affectives », à savoir Chicago et ce, parce qu’il n’a jamais oublié Amy. Une affinité véritable nous offre une peinture précise et sans concession d’un microcosme de privilégiés : celui des riches hommes d’affaires. C’est néanmoins l’histoire d’amour entre Harry et Amy (une histoire de presque quarante ans) qui est au centre du livre ; toutes les fois qu’Amy traversera l’existence du héros, il s’interrogera sur ce qu’il ressent pour elle, sans être capable de le définir précisément : la seule chose dont il soit sûr, c’est d’éprouver pour elle une affinité véritable.
C’est un livre qui se lit facilement, le style présente de vraies qualités, mais j’ai eu l’impression de « passer à côté ». Peut-être parce que cela ne correspondait pas à ce que je connaissais de la littérature américaine et à ce que j’en attendais. Sans doute était-ce le « mauvais moment » pour ce livre. J’aime Faulkner, Truman Capote, James Ellroy, autant d’auteurs qui nous offrent des peintures violentes et crues de la société américaine et cet univers, je ne l’ai pas retrouvé dans une affinité véritable !
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COSMOPOLIS, DON DELILLO
Don DeLillo est né en 1936 à New York. J’ai lu Cosmopolis (paru en 2003) il y a plus d’un an, mais il m’en reste des images très fortes.
En 2000, à New York, un jeune golden boy millionnaire de 28 ans, Packer, tente de traverser la ville totalement paralysée par d’immenses embouteillages dus à la visite du Président des Etats-Unis. Tout se passe en 24 heures, puisqu’il s’agit de la dernière journée de Packer ( le lecteur doit jongler entre l’histoire du golden boy et le récit de son tueur), et essentiellement dans son immense limousine où il reçoit maîtresses, collaborateurs, médecin...
Ce n’est pas un livre dans lequel on entre facilement : il faut une cinquantaine de pages pour s’adapter au rythme très particulier du texte, pour appréhender le chaos décrit, un monde éclaté, en pleine décomposition, et s’abandonner au style vertigineux de l’auteur. Mais cet effort est largement récompensé. Don DeLillo nous offre une vision très noire, quasi crépusculaire de la société moderne. C’est violent, c’est cru, je comprends que l’on puisse y être totalement réfractaire, mais pour ma part, je suis fascinée ...




Maryline lit beaucoup ; voici ces derniers coups de coeur :
Beloved, de Tony Morison et sa Biographie
De J. Attali : "Amours" et "La crise et après ?"
de F. de Negroni, L'Afrique Fantasmes ; Le suicidologue, Les colonies de vacances ; Petite anthologie du racisme pro corse



En visite à Musanostra, deux employées de la Mairie de Bastia (bibliothèque de Lupinu).
Parmi les livres cités,
De Zhu Xiao-Mei , La rivière et son secret "des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach" qui raconte le destin d'une femme d'exception
On se quitte toujours dans la bonne humeur ; ce n'est qu'un au revoir. Merci à vous tous.


John Irving est un auteur américain né en 1942. A partir de 1967 il exerce le métier d’enseignant, l’année suivante il publie son 1er roman Liberté pour les ours, suivi de l'Épopée du buveur d'eau (1972).
Passionné de lutte, il choisit son université en fonction de son équipe et de son entraîneur dans ce sport. (on retrouvera des lutteurs dans tous ses livres). Il fait des études médiocres (il passait beaucoup trop de temps à lire et était dyslexique !!) mais il est cependant admis à suivre un cours de " création littéraire " (il sera l'élève de Robertson Davies) et c’est là que sa vocation d’écrivain s’affirme.
En 1978, il publie Le Monde selon Garp. C’est un tel succès qu'il peut cesser toute activité professionnelle pour se consacrer à l'écriture.
Ce roman a reçu de nombreux prix dans le monde entier et a été adapté au cinéma.
Irving a publié plusieurs romans à succès :
L’Hôtel New Hampshire, 1983
L'œuvre de Dieu, la part du Diable, 1985
Une prière pour Owen, 1989
Les rêves des autres, 1993
L'enfant de la balle, 1994
La petite amie imaginaire, 1996
Une veuve de papier, 1998
La quatrième main, 2001
Mon cinéma, 2003
Je te retrouverai, 2006
Le Monde selon Garp : Ce roman raconte la vie de l'écrivain S.T. Garp depuis sa conception jusqu’à sa mort. Mais l’auteur prend soin de nous informer de ce qu’il advient de tous les autres personnages car pour lui « un roman est terminé lorsque la vie des personnages est terminée. »
La mère de Garp, Jenny Fields, qui deviendra écrivain en même temps que son fils, est infirmière dans un hôpital militaire en 1942. Elle désire un enfant mais ne veut ni se marier ni avoir de relations sexuelles. Un soir elle profite de l’érection d’un soldat blessé plongé dans le coma et tombe enceinte.
Elle donne à son fils le nom de cet homme S.T. Garp pour Technical Sergeant (sergent- technicien) Garp.
Elle est rejetée par ses parents et élève seule le petit Garp.
Plus tard, elle obtient la célébrité grâce à son roman Sexuellement suspecte qui commence ainsi: "Dans ce monde à l'esprit pourri, une femme ne saurait être que l'épouse ou la putain d'un homme - du moins ne tarde-t-elle pas à devenir l'une ou l'autre." Son livre a un tel impact, qu’il l'entraîne malgré elle dans le mouvement feministe. Ce qu’elle paiera de sa vie.
Garp, lui, ne connaitra cette célébrité qu'à la fin de sa courte vie car lui aussi devient écrivain. Mais, il est surtout un homme angoissé qui passera sa vie à tenter de protéger ses enfants contre le monde extérieur…
Cet ouvrage peut sembler déroutant car les situations sont souvent cocasses et surprenantes. Aussi, se sent-on en phase avec les propos d’un de ses personnages (une pauvre femme de ménage de la maison d’édition de Garp) auquel on demande ses critères en matière de lecture : « Dans la plupart des livres on sait tout de suite qu’y se passera rien (…) Dans d’autres livres, y se passe quelque chose et on sait tout de suite quoi, ce qui fait que c’est pas la peine de les lire. Mais ce livre, il est si tordu qu’on sait qu’y va s’y passer quelque chose, mais on arrive pas à imaginer quoi. ( …) »
Ce qui fait la force d’Irving se sont ses personnages : ils sont extrêmement attachants, et portent une fêlure en eux qui les rend vrais et terriblement humains.
Là encore on peut se référer au livre : « Les romanciers qui avaient sa faveur (…) étaient des conteurs, qui narraient des histoires intéressantes, avec des personnages crédibles. Les romans qu’il aimait avaient des intrigues complexes, qui mettaient en scène des gens authentiques. »
Je ne saurais trop vous recommander aussi la lecture L'œuvre de Dieu, la part du Diable, et d’Une prière pour Owen qui sont de pures merveilles.
m.a
Paul AUSTER
Ecrivain contemporain, né en 1947 à Newark, dans le New Jersey. Il commence à écrire à 12 ans et s'essaye à la Poésie avant d'être romancier ; ce n'est que bien plus tard que Paul Auster s'intéressera au cinéma (écriture de scénari, adaptations...). Il a également traduit quelques auteurs français, comme Mallarmé, Sartre et Simenon.Paul Auster a été primé, en 1993 (prix Médicis étranger), en 2007 (prix Prince des Asturies, pour l'ensemble de son oeuvre) ; il a reçu par ailleurs la médaille de commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres, toujours en 2007.
Aujourd'hui, Paul Auster est considéré comme un grand écrivain, incontournable aux dires de certains critiques, et ses lecteurs sont de plus en plus nombreux. On dit de Paul Auster qu'il est l'écrivain du « hasard » et de la « contingence »... Il est en permanence à l'affût d'un tournant que peut prendre l'événement le plus insignifiant (parce que banal), anodin ou quotidien.
L'écriture est simple, d'un style assez pur, dépouillé, mais riche de mots « visant » juste, parfois très poétique. En revanche, la narration est complexe, toute en digressions, mise en abyme et faux semblant (Auster cultive volontiers l'illusion). Les thèmes, comme chez beaucoup d'auteurs, sont récurrents : la perte, le dépouillement, la dépossession, le rapport à l'argent, l'errance, la quête de soi, la réflexion sur le passé, ce qui conduit généralement à une interrogation sur l'identité.
Ainsi, pour une br ève approche de son oeuvre, il convient d'évoquer deux de ses plus grands succès : La Trilogie New-Yorkaise et Moon Palace ; ces deux romans sont considérés comme des écrits majeurs de l'auteur.
La Trilogie New-Yorkaise : 3 volumes

- La Cité de Verre (1985).
Premier volume de la trilogie dont le héros est un écrivain de romans policiers. Ce dernier décide de devenir détective, à l'instar de ses personnages. Un jour, une jeune femme fait son numéro par erreur ; au lieu de raccrocher, il se fait passer pour le détective qu'elle croit appeler : Paul Auster...
- Revenants (1988).
Dans ce deuxième volume de la trilogie, le héros est un vrai détective.Son nom est Bleu. Un certain Monsieur Blanc lui demande de suivre Monsieur Noir et de lui faire un rapport hebdomadaire sur les activités de Noir. Or, la vie de ce dernier est on ne peut plus plate. Bleu finit par se lasser et décide d'en savoir plus sur l'identité de Blanc...
- La chambre dérobée (1988).
Cette fois, le narrateur ne donne jamais son nom. Il reste dans l'ombre de son ami d'enfance, un certain Fanshawe. Mais l'ami d'enfance disparaît et sa femme pense qu'il est mort. Elle vient voir le narrateur et lui demande de publier une série d'écrits de son mari., lesquels rencontreront un énorme succès...
Moon Palace (1990).
C'est le sixième roman de Paul Auster. Le héros (Marco Stanley Fogg) est un étudiant pauvre et orphelin. Il est élevé par son oncle, mais celui-ci meurt trop tôt. Marco hérite alors de cartons, remplis entièrement de livres. Peu à peu, il sera contraint de vendre ses livres pour vivre. Rapidement sans le sou, le jeune homme commence une vie d'errance (sorte de parcours initiatique) durant laquelle il se laisse porter par les événements, car il est persuadé qu'il doit accepter son destin, y compris l'idée de sa mort...
ACTUALITE
Seul dans le Noir
Le dernier roman de Paul Auster est sorti le 7 janvier 2009 (Editions Acte Sud). Je n'ai pas eu le temps de le lire, mais la rumeur rapporte que l'on y retrouve les thèmes chers à l'auteur : solitude, quête identitaire et artistique... à vérifier.Parallèlement, le 9 janvier est sorti un DVD : « Paul Auster Confidential ». Il s'agit d'un documentaire sur l'auteur, dans lequel on peut trouver une interview unique de l'écrivain.
Salon de thé "l'isula" à Bastia
Compte rendu de la soirée "autour de la littérature américaine"
du 13/01/09
Sera complété sous peu, au rythme de la réception des synthèses des interventions
on attend les papiers d'Olga, de Pierre, de Maryline...
Ce soir-là, à 20 h 30, mardi 13 janvier, le salon de thé l'Isula, situé au numéro
4 de la rue des Jardins à Bastia, a été investi par une trentaine de personnes et le thème, la littérature américaine, a été on ne peut plus porteur. Des adhérents de Musanostra pour la plupart, mais aussi quelques curieux, des amateurs de littérature, ce qui est incontestablement le signe que nous sommes de mieux en mieux entendus et compris et que, par notre dynamique, nous parvenons à rassembler les âges, classes sociales, lecteurs les plus différents autour de la lecture. Le livre est notre clé et il a ouvert bien des portes ce soir-là !
Les interventions ont été variées, toutes intéressantes et pour ceux qui n'ont pu y assister, nous allons tenter de restituer un peu de la richesse et du bonheur rencontrés lors de ce moment de partage autour du savoir.
Il a tout d'abord été question du livre Peut-être une histoire d'amour, de Martin Page ; la lecture en a été jugée agréable. Certains passages, remarqués et lus par Ivana, révèlent l'humour et l'originalité de ce presque inconnu du grand public ; gageons qu'il ne le restera plus très longtemps !
La première intervention inscrite à l'ordre du jour fut celle de Manue, lectrice de Paul Auster, qu'elle a entrepris de faire connaître. Elle nous a envoyé la synthèse suivante, fort utile vu qu'elle a dit tant de choses importantes et que notre mémoire n'est pas toujours très en forme :
N. Malpelli
Si cette soirée a eu lieu précisément à cette période c’est parce que d’ici peu Barack Obama arrive au pouvoir. Cette élection restera sans doute dans les annales. Ce qui retient mon attention c’est sans doute le battage médiatique fait autour du personnage et l’engouement qu’il suscite dans le monde entier. Un mythe est en marche. C’est la raison pour laquelle il était intéressant de vous présenter le petit ouvrage édité chez Grasset De la race en Amérique qui restitue le discours du futur président lors de son investiture dans le camp démocrate.
Alors évidemment il était un peu facile de faire le lien entre Barack Obama et JFK. J’ai donc lu l’ouvrage de François Forestier Marilyn et JFK
paru chez Albin Michel qui retrace l’ascension des deux personnages. Deux légendes. Tout cela ne laisse guère indifférent. Le livre ne fait aucune concession. Forestier a pris le parti de dire tout sans fard. C’est parfois rude, ça écorne un peu l’image lisse de ces deux mythes. Mais bon, ça se lit vite et c’est très riche. Au cours de ses investigations Forestier évoque un monstre du cinéma hollywoodien
Elia Kazan
qu’il éreinte littéralement. A ce propos je vous renvoie à la magnifique autobiographie du metteur en scène intitulée Une Vie éditée chez Grasset et qui est à lire ABSOLUMENT. Concernant Marilyn, la biographie de Norman Mailer ravira les amateurs du genre. Pour finir je ne résiste pas, je rebondis donc sur les propos de Freddy qui nous a conseillé la lecture du bouquin
de Michel Scheinder Marilyn
dernières séances paru chez Grasset. Ce roman car il s’agit d’un roman réinvente la relation entre le psychanalyste Ralph Greenson et la star. Deux personnalités totalement opposées qui n’étaient pas vouées à se rencontrer. A découvrir car c’est véritablement un bon roman.
Je terminerais sur L’étudiant étranger de Philippe Labro. Il s’agit là d’un roman qui donne à voir le regard d’un jeune étudiant français sur une Amérique pétrie de contradictions. Mais je m’arrête là car j’en reparlerais lors d’une prochaine intervention.
Bonne lecture …
N .MALPELLI