
Petit poison,
Stanislas Merhar, éditions Fayard.
Dans ce texte autobiographique on découvre un être brisé par le chagrin, celui d’avoir perdu son père trop prématurément. Stanislas Merhar nous invite dans son univers, un univers diablement artistique : la musique, la comédie, la peinture. Sans compter son goût prononcé pour le travail artisanal au sens noble du terme. Dans un texte, qui paraîtra décousu pour certains, il entonne une longue réflexion sur sa vie. Aussi avons-nous des considérations aussi diverses que variées.
Ce qui m’a semblé beau, ce que j’ai trouvé touchant c’est cette faille en lui qu’il transforme en quelque chose : un livre. Voilà tout le sens de cette littérature. Exploiter l’angoisse, le mal de vivre, le mettre en mots et le donner à voir. Cette sensibilité nous est livrée avec impudeur. Tout y est : les doutes, la paranoïa, l’abandon d’une musique trop aimée, trop respectée pour la continuer, un amour inconditionnel pour un père brisé dont on devine à demi mots l’histoire personnelle. Mais était ce nécessaire d’en dire plus dans ce récit. L’important résidant sans doute dans le ressenti de l’auteur qui nous fait comprendre et presque toucher cette tristesse infinie qui l’étreint et dont on a l’impression qu’elle pourrait à tout moment l’emporter.
Pour moi, à lire absolument…
Nathalie Malpelli, décembre 2008