Toujours en prélude à la poésie corse, à l'honneur ce mois-ci, et après le poète barde Maistrale, il m'a paru opportun de mettre en valeur un autre poète insulaire, Antone Francescu FILIPPINI ( 1908-1985) qui, avec notamment Marco ANGELI, aura l'ambition de doter la Corse d'une poésie moderne de style et de niveau européens.
Né à San Nicolao di Moriani, il commence une œuvre poétique dès l'âge de 16 ans. Il fait ses études secondaires au lycée de Bastia et obtient le titre de docteur ès sciences politiques à Rome en soutenant une thèse sur Napoléon et Pozzo di Borgo. Il collabore au journal " A Muvra ", fonde le journal " L'Idea Corsa " et donne des poésies et des contes à " U Muntese " et " Paese Corsu ".
Après la 2ème guerre mondiale il sera considéré comme "le poète le plus achevé de la littérature corse".
A la fois élégiaque et lyrique, FILIPPINI est surtout un poète de l'Amour sensuel, de la fuite du temps, du paradis perdu...
Son poème " Piazza San Niculà " ( 1931 ) ci-après, est un exemple typique de son lyrisme délirant:


Piazza San Niculà

Sottu à le palme di San Niculà,
Quand'ella affacca a notte viuletta,
Ci si spasseghja più d'una civetta,
Più d'un maschiu ci vene à dunnighjà.

Eo ci 'junsi in brama di ciarlà:
Ci lasciai u me core fetta à fetta.
A più maio ghjé tocca à Marietta,
A più bella figliola d'u Mercà.

Or una vechja l'é sempre à braccetta
Ch'un l'abandona mancu pe'spirà.
Ma ella furba cume una vulpetta,

Ghjunta à l'ombra, si volta eppo' mi dà
Un' ochjata chi pare una saetta,
Sottu à le palme di San Niculà.

Raymond Mei marzu 2010

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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