L'Albatros de Charles Baudelaire ( Les Fleurs du Mal )
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
A votre demande, dans le cadre du mois de " mars poétique", j'ai choisi de vous envoyer un poème qui m'avait beaucoup marqué durant mes années collégiennes:
L'Albatros de Charles Baudelaire ( Les Fleurs du Mal ),qui lui donne une signification allégorique.
L'oiseau capturé, est l'image du poète étranger au monde qui l'entoure. Majestueux dans les cieux, l'albatros est ridicule sur terre, au contact des hommes.
Baudelaire décrit donc sa propre conviction dans une société qui l'ignore complètement : il fait partie de la génération des poètes maudits et incompris des gens de son époque.
Plus modestement, j'ai voulu célébrer les hommes de lettres par ce "poème" :
Aux gouts plus que douteux,
Mais n'est pas Baudelaire qui veut !
Je suis sûr, toutefois, que l'acrostiche des premiers vers, ne vous aura pas échappé.
Mieux qu'un long discours,
Une ode est une expression.
Souvent je la savoure
Avec délectation.
Nostalgiques ou lyriques,
Où bien épiques, antiques,
Satiriques ou romantiques,
Toutes les poésies
Racontent la vie
Avec la même harmonie:
Les Contemplations,
Grand chef d'œuvre de Hugo;
Les Illuminations,
celui d'Arthur Rimbaud.
Les sonnets de Ronsard
Et ses métaphores,
Les versets d'Eluard
aux suggestions sonores.
L'esprit nouveau
Du génial Apollinaire,
Le spleen des maux
Du sublime Baudelaire.
Les Chimères et leur prestige
De Gérard de Nerval,
A la création du Félibrige
De Frédéric Mistral.
Les Enfants terribles
De l'insolite Cocteau,
L'œuvre irrésistible
De l'artiste Queneau.
Les charmes d'Elsa
Du surréaliste Aragon,
Le récit de Nadja
Du dadaïste Breton.
Le Lac et son lyrisme
Que chante Lamartine,
Le grand classicisme
Du théâtre de Racine.
Le célèbre Lorenzaccio
Du romantique Musset,
L'Arlesienne, tout aussi beau
De la nouvelle de Daudet
Notre Patrie de Charles Peguy
Mort au champ d'honneur,
Et Eloa d'Alfred de Vigny
Prélude à tout bonheur.
Les Femmes Savantes en cinq actes
De maître Molière,
Les Paroles, œuvre intacte
Du populaire Prévert.
Le Mariage de Figaro
Du grand savant Beaumarchais,
Les incessants jeux de mots
Du troublant Alphonse Allais.
Le poète a toujours raison
Comme dit Jean Ferrat,
Goutons alors avec passion
Le fruit de son aura.
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