La mort de Buonaparte
" Le Moniteur" du 7 juillet 1821 contient l'article suivant :
" On a reçu par voie extraordinaire les journaux anglais du 4 courant. La mort de Buonaparte y est officiellement annoncée. Voici dans quels termes le "Courrier" donne cette nouvelle :
-" Buonaparte n'est plus : il est mort le samedi 5 mai à six heures du soir, d'une maladie de langueur qui le retenait au lit depuis plus de quarante jours.
Il a demandé qu'après sa mort son corps fût ouvert, afin de reconnaître si sa maladie n'était pas la même que celle qui avait terminé les jours de son père, c'est-à-dire un cancer dans l'estomac. L'ouverture du cadavre a prouvé qu'il ne s'était pas trompé dans ses conjectures. Il a conservé sa connaissance jusqu'au dernier jour et il est mort sans douleur."
( Ainsi, la mort de Napoléon n'est officialisée en France que...plus de deux mois après. Il est vrai que nous sommes presque deux siècles plus tard et que depuis les techniques ont évolué).
Le vol de la rue de Toga
Aux audiences des 15 et 16 mars 1900, la Cour d'Assises de Bastia a eu à s'occuper d'un vol commis le 24 juillet 1899, au 3 rue de Toga (actuelle rue Luce de Casabianca) au premier étage, dans la maison de Cristofani Amadéo, restaurateur.
Selon le témoignage d'une petite fille, les soupçons se portent sur un ouvrier cordonnier italien Ginesi Pierre. On ne trouve rien sur lui. Ni le bracelet d'or, deux paires de pendants d'oreilles, gros coeur en or, montre en argent, une autre en nickel, ni enfin une somme de 2000 F.
Ginesi a beau protester de son innocence, la déclaration de la gamine est accablante et lui même justifie avec difficulté de l'emploi de son temps. Il est arrêté, emprisonné, interrogé et envoyé devant la Cour d'Assises.
Devant le jury il persiste dans ses dénégations. Il est déclaré coupable et condamné à dix ans de réclusion malgré la remarquable plaidoirie de Me Sébastien de Caraffa qui essaye d'établir l'insuffisance de preuves sérieuses. Mais quelqu'un, à Bastia connait le véritable auteur du vol.
Espérant que Ginesi ne serait pas reconnu coupable, il jugea prudent de ne pas intervenir. Aussi, à la suite du verdict, il n'hésite plus. Il raconte les faits au procureur de la République et indique le nom du coupable qui se trouvait alors à Livourne.
Le nouveau témoin mis au secret, la justice fait arrêter à Livourne l'auteur présumé coupable du vol et trouve les objets dérobés à son domicile. Il est arrêté.
Ginesi qui a été incarcéré plus de 8 mois réclamera à l'Etat, conformément à une loi récente, une assez forte indemnité.