Les échos de la Coupe du Monde
"petit billet" journalier sur la Coupe du Monde (l'événement de l'année),
La France se donne un coup de Blanc.
Le terme honteux n'aura jamais été aussi significatif, aussi réaliste, aussi représentatif de la vérité que celui concernant les piètres résultats de l'équipe de France et surtout son comportement débile dans cette CM.
Comment a-t-on pu en arriver là. Bien sûr, Anelka, par ses propos insensés, intolérables, méritait bien plus que d'être écarté du groupe. Bien sûr, les joueurs, en signe de solidarité pour ce dernier, n'auraient jamais dû faire la grève de l'entraînement surtout à un moment aussi crucial de préparation de ce troisième match décisif contre l'Afrique du Sud. Bien sûr, Domenech, une fois de plus, a perdu le contrôle de son équipe en ne réagissant pas fermement.
Mais que dire du président de la FFF, J.P. Escalettes qui se cramponne de tous ses doigts à son trône plus que vacillant après ce fiasco mémorable. Que dire de nos politiciens qui pratiquent une ingérence insupportable au sein du football français. Que dire de notre président de la République qui veut en faire une affaire d'Etat en acceptant de recevoir T. Henry. Que dire de nos émérites techniciens qui n'ont pas souhaité écarter un sélectionneur en 2008 après le catastrophique Euro. Pire ! A leurs yeux il était l'homme de la situation.
On le voit, personne n'est tout blanc dans ce psychodrame. Les joueurs, un à un, souhaitent sortir de leur silence. Que disent-ils ? Des banalités du genre "on ne pouvait pas faire mieux dans ce climat délétère". Ils ne se sentent pas responsables. Leurs propos ne peut apporter qu'un malaise supplémentaire. Le grand déballage promis se transforme en discours inutile. L'important est de persuader les médias que cette situation extrême ne leur est pas imputable.
Tout n'est pas pas blanc chez les Bleus. Tout le monde à sa part de responsabilité.
C'est à présent au tour du nouveau sélectionneur, L. Blanc, de prouver que ce tableau noir puisse reprendre des couleurs.
La Ministre l'a dit !
Après le nul contre l'Urugauy, Raymond Domenech avait dit : " Un bon 0 à 0 qui nous permet d'être optimiste pour la suite, car ce soir il s'est passé quelque chose !".
Nous étions donc impatients de connaître la suite. Or, contre le Mexique, la France perd 2 à 0. Après les premiers instants d'étonnement, en y réfléchissant bien, RD n'a jamais dit qu'il fallait être optimiste pour le match contre le Mexique. Relisez bien son message. Il a dit "...pour la suite", sans préciser quand. J'en déduis donc qu'il s'agira du dernier match contre l'Afrique du Sud. Car, conte le Mexique, il ne s'est effectivement rien passé; vraiment rien.
Dailleurs, R. Bachelot, notre efficace ministre des Sports n'a t-elle pas dit: " ...il reste encore un match et des chances. Il ne faut pas les gâcher".
Bien sûr, la France doit marquer beaucoup de buts et surtout prier que le match Uruguay - Mexique ne se termine pas par un score de parité, synonyme d'élimination.
Mais une ministre des Sports tout de même, elle doit bien savoir de quoi elle parle.
Quand on lui dit: " Votre réaction apparaît isolée", elle répond sans hésitation: " Oui, mais ils ne sont pas "Ministre des Sports". Je suis la Ministre de cette équipe".
Donc, ceux qui ont dit qu'il s'agit d'une chronique d'une débâcle annoncée en seront pour leur frais.
La France n'est plus dernière de son groupe puisqu'elle devance l'Afrique du Sud au goal average. C'est un signe.
Puisque la Ministre l'a dit !
Cheveux d'or.
Après l'Italie, la France, l'Angleterre, le Portugal, et surtout l'Espagne (battue par la Suisse), ces ténors européens, principaux favoris officiels de cette CM, sont à la peine.
Va -t-on assister à la décadence de ses super-héros qui semblent privilégier les valeurs défensives à un football plus offensif, prometteur d'initiatives heureuses ?
Seule, pour le moment, l'Allemagne tire son épingle du jeu et fait honneur à son rang. Toutefois, il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives de ces premiers résultats.
Ce soir, un pays, l'Afrique du Sud, est en deuil. Humiliée par l'Uruguay (3 à 0). Devant son public. Mais il faut se rendre à l'évidence. La ferveur nationale ne suffit pas. Un détail qui ne trompe pas : des milliers de supporters sont partis avant la fin du match. Avant que leur équipe ne prenne l'eau complètement.
Ce soir, une étoile est née. Elle a brillé de mille feux. Son nom : Diego Forlan. La star uruguayenne aux cheveux d'or ne pouvait échapper à son destin. Son grand-père n'était-il pas sélectionneur de l'équipe nationale ? Son père n'a-t-il pas participé à trois CM ?
Les deux buts (sur les trois) qu'il a inscrit contre l'Afrique du Sud, en disent long sur la suite.
Sera-ce le nouveau messie ?
Retenez bien son nom : Diego Forlan.
Problème de tactique.
Italie - Paraguay : 1 à 1.
Les Transalpins, détenteurs du trophée, n'ont pu faire mieux que de partager les points devant une équipe pourtant à leur portée. Mais les inventeurs du catenaccio ont fait des émules. La défense du Paraguay tint bon...une heure, avant d'être rejoint au score sur un corner.
Pays Bas - Danemark : 2 à 0.
Les Néerlandais, grands favoris, n'ont laissé l'illusion qu'une mi-temps aux Danois dont l'ambition affichée est de passer le premier tour. Celle des Pays-Bas, qui n'a jamais gagné la CM, est d'atteindre la finale comme en 1974, face à l'Allemagne.
Japon - Cameroun : 1 à 0.
Les Lions Indomptables ont été domptés par une équipe Nippone prête à se faire hara-kiri en cas de défaite. Ils ont donc toujours la tête sur les épaules avant de rencontrer Les Pays-Bas le 19.Pour les Bleus, R. Domenech se perd en conjectures pour la tactique à mettre en place. Comme face à l'Uruguay, va-t-il conserver son système en 4-2-3-1 ? Ou bien revenir en 4-3-3 ou les résultats étaient passablement meilleurs ? Imiter les Argentins avec leur fameux 3-5-2 ? Les Italiens en 4-4-2 ? Il a aussi la possibilité d'appliquer son 4-5-1 de 2006.
Je lui suggère l'archaïque système cher à Albert Batteux, le WM qui a mené les Français à la 3ème place en 1958 en Suède.
Bon, assez de conseils. Laissons faire le magicien !
Des buts, des buts...
Pendant un mois la vie des supporters est suspendue à un seul but : voir marquer le maximum de buts. Surtout par leur équipe préférée. Au début, on voudrait que ces buts soient d'anthologie. Des tirs magistraux dans les lucarnes, des buts consécutifs à une série de dribles, à une roulette, une "papinade", un retourné acrobatique, des buts de tête...Puis le temps de la qualification arrivant, on se contente de buts de raccroc, de buts litigieux, hors-jeu, contre leur camp...voire des buts de la main, du bras.
En CM, les les trois meilleurs buteurs de tous les temps sont :
-le Brésilien Ronaldo avec 15 buts en 3 CM.
- l'Allemand Gerd Muller qui a inscrit 14 buts en 2 CM.
-le Français Just Fontaine qui a réussi l'exploit de marquer 13 buts en 1 CM (1958 en Suède), sur les 23 buts marqués par la France.
-le phénomène Pelé n'arrive qu'en 4ème position avec 12 buts en 4 CM.Si le Français Laurent est le premier buteur de l'histoire de la CM (13 juin 1930 en Uruguay contre le Mexique), après l'édition 2006, on comptabilise 2063 buts en 18 CM.
La moyenne de buts par match qui avait atteint 5,8 buts en 1954, n'est plus que d'environ 2 buts depuis les 3 dernières CM.
Pour égaler cette moyenne, la France devrait déjà marquer...4 buts le 17 juin prochain contre le Mexique.
Ce qui est loin d'être gagné...très loin !
Naître gagnant.
Après la surprenante victoire de la Corée du Sud face à la Grèce (2 à 0), celle-ci n'en finit plus de subir des crises dans tous les domaines.
L'Argentine, même si le score est étriqué, a passé le premier écueil nigérian en faisant le minimum en gagnant 1 à 0.
Mais que dire de l'Angleterre dont les gardiens semblent vouloir perpétuer la tradition des bourdes. Celle de R. Green n'a rien à envier à celles de ses prédécesseurs Seaman, James, Robinson ou Carson. Une frappe anodine et lointaine de l'Américain Dempsey, qui arrive presque morte dans ses bras, lui glisse entre les doigts et termine sa course au fond des filets. Les USA n'en demandaient pas autant. Score final :1 partout.
La France a cinq jours pour préparer son prochain match contre le Mexique. Une défaite serait déjà synonyme d'élimination. Mais Domenech ne veut pas changer ses habitudes. Après tout, son équipe ne s'est -elle pas qualifiée en 2006 (CM) et 2008 (CE) malgré un départ timoré comme contre l'Uruguay ? Une façon à lui de dire "on va se qualifier pour le prochain tour".
En vérité, l'équipe de France est plus animée par la peur de perdre que par l'envie de gagner.
Je leur conseille alors de lire l'oeuvre de M. James (pas le gardien malheureux anglais, bien sûr) : " Naître gagnant", une analyse transactionnelle de la vie quotidienne.
Mais si.
Pour un début, c'est une première journée qui nous laisse sur la ...faim. Deux matches qui se soldent par deux nuls. L'Afrique du Sud et le Mexique n'ont pu se départager (1 à 1). La France et l'Uruguay terminent par un score vierge. Tout est à (re)faire dans ce groupe A.
Raymond, comme à son habitude, nous joue du Domenech : " Un bon 0 à 0 qui nous permet d'être optimiste pour la suite...car ce soir il s'est passé quelque chose !"
Puisqu'il le dit ! On aura surtout remarqué qu'on se sera passé de marquer des buts. Il doit penser que la rédemption interviendra face au prochain match contre le Mexique. On notera toutefois que la percussion des Français aura été la grande absente dans ce match, malgré leur supériorité numérique.
Après son Dieu Maradona, l'Argentine à son messie (le talentueux Lionel Messi, qu'on a pris l'habitude d'appeler Jésus Messi). Depuis, chaque équipe aspire à avoir le sien.
La Côte d'Ivoire compte sur D. Drogba pour tenir ce rôle mais opéré il y a à peine une semaine d'une fracture du bras droit, seul un...miracle pourrait le sortir de cette situation.
L'Angleterre espère en Wayne Rooney grâce à sa saison ...d'enfer avec son club (MU).
Le Cameroun croit en Samuel Eto'o, ...prophète en son pays et leader absolu de sa sélection.
L'Espagne veut...encenser Xavi Hernandez, champion de Ligua avec le Barca.
Le Brésil s'en remet à son prophète Kàkà, ballon d'or 2007 mais dont...l'auréole à tendance à décliner ces temps-ci.
Antonio Di Natale en raison de son opportunisme et sa vitesse, représente le...messager de Dieu en Italie.
Le Portugal s'en remet au ...jugement dernier du super doué Cristiano Ronaldo.
L'Uruguay ...consacre volontiers Diego Forlan, homme providentiel.
La France a mis de l'huile d'onction sur la tête de Thierry Henry mais lui a plus confiance en ses...mains.
Mais peut-il exister plusieurs messies ?
Y croire c'est un peu le vouloir !
Mais si, mais si...
La 19ème édition démarre ce jour au Cap, en Afrique du Sud.
Nelson Mandela, 92 ans, peut-être fier de son incroyable pari : organiser un jour une Coupe du Monde en Afrique du Sud, chez lui. Il y songeait depuis les années 70, en plein apartheid. A l'époque, le pays est montré du doigt et exclu dans les tablettes des organisateurs.
Mandela oeuvra de longues années pour arriver à ses fins : que son pays soit enfin reconnu dans le giron du football international. Ainsi, grâce à lui, aujourd'hui, l'Afrique, seul pays à ne pas connaître la Coupe du Monde, rejoint les autres continents. Ce ne sera que justice.
Quelle que soit l'issue de cette édition, Mandela sera le grand gagnant. Même si, à cause de son grand âge, il ne pourra être présent sur les stades. Son esprit, lui, sera bien présent.
Dans le pays Africain, tout le monde est à l'heure du Mondial. Le match d'ouverture de ce jour, Afrique du Sud- Mexique prend des allures de mobilisation générale. Pourvu qu'il ne se transforme pas en guerilla.
Raymond Mei
Publié le 11 juin 2010
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