Toni le malchanceux
Le Robin des Bois moderne, Toni Musulin, ce convoyeur de fonds exemplaire, accusé d'être l'auteur rocambolesque d'un vol de 11,6 millions d'euros, a écopé de trois ans de prison ferme. Pourquoi une telle sévérité ? Musulin n'aura pas réussi à museler ses juges.
Voilà un homme à qui on a sali sa réputation d'homme intègre. Un père de famille soucieux d'élever ses enfants... S'il reconnait le menu larcin, il dit aussi avoir agi par rancune envers un employeur qui, en ricanant, lui refusait ses congés d'été. Un tel acharnement en son encontre ne pouvait pas rester sans riposte. D'ailleurs, ses ex-équipiers confirment que le "geste" de Toni peut s'expliquer eu égard aux problèmes rencontrés avec l'employeur.
Certes, le moyen n'est pas compris de tous. Mais avait-il le choix ? Il ne faudrait pas perdre de vue que ce vol rocambolesque l'a été "sans arme et sans violence".
Assurément, Toni n'est pas le personnage qu'on a bien voulu nous décrire. L'appât du gain ne l'intéresse pas. S'il a organisé ce vol, c'est juste pour embêter son patron.
La preuve ?
Alors qu'il aurait pu emporter son butin, il le laisse dans un garage dont le propriétaire possède les clés. Et si sur les 11,6 millions d'euros envolés, 9 ont été retrouvés, tout porte à croire que Toni n'est pas parti avec les 2,6 autres millions. Car son périple en Italie, (en moto et non pas en Ferrari comme le laissent entendre certains en mal de sensation), ne ressemble pas à celui d'un nabab. Il a mangé des pâtes tous les jours. Sa carte bancaire était bloquée. Il n'a pas non plus hébergé dans des palais luxueux. A court d'argent, il doit se rendre non seulement à la justice mais aussi à l'évidence.Aujourd'hui, il paye cher son geste de mauvaise humeur. Trois ans de prison !
Bien sûr, on pourra rétorquer qu'il sera logé et nourri gratuitement. Mais à sa sortie (peut-être dans deux ans si on tient compte des réductions de peine éventuelles), comment pourra-t-il se réinsérer dans la vie active sans aucun moyen pour subvenir à ses besoins ?
Voudra t-on encore de lui avec le boulet qu'il traîne à ses pieds ?
Toni en bon rêveur dit qu'il souhaiterait plus tard devenir le propriétaire d'un hôtel de luxe. Mais ces gouts du même nom ne lui sont pas accessibles, loin s'en faut. Car il ne possède pas 2 millions d'euros.
Il dit qu'il tentera sa chance au loto. Quelque chose me dit moi, que la chance va lui sourire.
Rendez-vous dans deux ans !
Raymond Mei
Publié le 12 mai 2010
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