Les intérêts de ma moitié.
- Ma moitié a ( la bonne ?) habitude de jouer régulièrement à l'Euro Millions ou au Loto National. Mais aussi la mauvaise : d'oublier presque autant régulièrement de vérifier si elle n'est pas l'éventuelle gagnante d'une somme mirobolante.
Or, je découvrais avec stupéfaction, il y a quelques temps,qu'un des deux heureux gagnants de la fabuleuse cagnotte de l'E.M. ( 37 570 330 € chacun, excusez du peu !) a tenté sa chance en Corse et qu'il ne s'est pas encore fait connaître.
Du coup, il n'y avait pas loin de la coupe aux lèvres pour penser, pour rêver, pour divaguer, pour extrapoler...qu'elle (ma moitié) pouvait être cette bienheureuse personne.
Après tout, pourquoi pas ?
Sur les neuf pays de l'E.M. (comprendre Euro Million), non seulement un des deux gagnants a validé son bulletin dans notre territoire, mais en sus cette validation s'est opérée dans notre région Corse, ce qui augmente considérablement les chances qu'il s'agisse de ma moitié.
A cela un préalable : encore eût-il fallu qu'elle jouasse !Toutefois, je me suis bien gardé de le lui demander. A cela une explication : quand bien même elle eût décidé de partager avec moi la coquette somme de 37 570 330 € (après tout rien d'extraordinaire si on part du principe qu'elle est ma moitié dans sa... totalité), j'aurai donc eu à ma disposition un petit peu moins de 18 800 000 €...On ne va pas chicaner pour quelques centaines d'euros, au diable l'avarice !
Somme rondelette certes, mais à bien y réfléchir, la vie est devenue tellement chère que ces presque 20 millions d'euros auraient certainement fondus comme neige (d'argent) au soleil (d'or) en un temps record, digne d'un Usain Bolt avec ses trois médailles d'or.C'est bien connu, nous avons tous les yeux plus gros que le ventre ! En un mot, je visais sans aucun scrupule l'intégralité de la somme, dussè-je employer des moyens illicites : les 37 570 330 € !
Bien sûr, il va de soi qu'au cas où je serais parvenu à mes fins (peu glorieuses), j'aurais profité avec grande largesse pour gâter ma moitié sans (trop) compter.
Aussi, me suis-je mis aussitôt à la recherche d'un hypothétique ticket de loto dans tout l'appartement. Sac à main, tiroirs, fonds de poche, portefeuille, porte-monnaie...J'ai fouillé de fond en comble. Rien hélas, trois fois rien. Pas même un vieux ticket usagé et perdant !
Et si ma moitié avait eut la même idée ? A savoir gardé le secret après avoir constaté qu'elle était devenue millionnaire en euros ! Dans le but évident de profiter toute seule de cette fabuleuse manne !
Bien sûr, je n'en crois rien. Elle a pour habitude de me faire savoir qu'en cas de gros gains, elle m'en allouerait...10 %, en l'occurrence 3 757 033 €, dans le meilleur des cas.
A peine de quoi subsister sans faire de grosses dépenses. Tout juste un rendement annuel d'environ 112000 € dans l'optique d'un taux fixe actuariel de l'ordre de 3% , en brut, bien sûr...soit moins de 10000 € par mois !
Avec toutes les contraintes d'être sur la liste rouge de l'œil du monocle, le Ministère des Impôts.Et que penser des innombrables "amis" qui se feraient une joie de se rappeler à votre bon souvenir, histoire de vous soutirer quelques liasses qu'ils auraient tôt fait, à les entendre, de vous rendre, intérêts et capital !
Ils seraient à l'image de la problématique de la boite de sardine : comment en faire rentrer 500 quand elle n'en contient que 50 !Mais pourquoi penser tout à coup à cette fable de La Fontaine, "La Laitière et le Pot au lait" où je me surprends à paraphraser Perrette : " Adieu veau, vache, cochon couvée..." ! On l'appela le Pot au lait !
Vous me voyez affublé du surnom peu honorable de " Le Peu de chance ?". Même si on peut le préférer à : "Le Pot de chambre".Il y a toujours un enseignement positif à tirer de toute situation, comme sait le faire à merveille ce fabuleux fabuliste, avec sa principale œuvre poétique du Classicisme durant le règne du roi Louis XIV.
La meilleure fortune au monde consiste bien en une existence dans une totale quiétude, synonyme de bien être et de santé.
J'ai donc pris une décision : demander à ma moitié, afin de préserver son capital santé, soit de ne plus jouer, soit de ne jamais m'informer si d'aventure elle venait à gagner le gros lot. Sans réfléchir elle a choisi la deuxième solution.
Rien de surprenant, elle ne fait jamais les choses à moitié ma moitié !
Raymond Mei
Publié le 13 avril2010
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