LES DIFFERENTS NOMS DE LA CORSE


L'île de Beauté, comme tout un chacun (ou presque) se plait à le dire, ne s'est pas toujours
appelée la Corse. Loin s'en faut !
Ainsi, dans l'Antiquité on retrouve cités les noms de Syros, Callista (devenu plus tard
Kallisté), Thera, Thérapné...
Plus près de nous, au 2ème siècle ap.J.C, on découvre la première carte de la Corse
de Ptolémée, géographe grec, où elle apparait sous le nom de l'île Kurnos (prononcer
Kyrnos), dite aussi Korsika...
Ces dernières, remontent à l'époque latine des Ovide et autre Virgile.
Kyr, en phénicien signifie "pointe, cap, promontoire...". ces derniers la désignent
également par le nom de Korsai (lieu couvert de forêts), ce qui donnera Corsica en latin.
Et puis, bien sûr, comment oublier que les grecs la baptisèrent Kallisté (la plus belle) !
Toutefois, il serait absurde de prétendre que ces affirmations reflètent la réalité.
Car les auteurs de l'Antiquité expliquent volontiers le nom par des légendes.
D'aucuns l'attribuent au personnage d'une femme ligure, nommée Corsa; d'autres
qu'il émanerait de Corsus (neveu d'Enée) et de Sica (nièce de Didon) à qui la Corse
aurait été donnée. D'autres encore, à l'instar de Virgile, y voient le nom du fils d'Hercule,
Cyrnus, d'où le nom de Cyrnos.
De la même façon, Ajaccio a connu diverses appellations au fil des siècles.
Ainsi, Adjucium désignait un lieu où le troupeau passe la nuit à la belle étoile. On retrouve
l'étymologie de ce mot dans les Pyrénées (jasse).
Puis au VIIème siècle, Agiaton. Mais il s'agit ici plus de la région que de la ville car sa véritable
naissance tient à la construction, à compter de 1492, d'une base fortifiée par les Génois. Avant cette époque, le site est longtemps resté très agreste.
En 1311 on trouve le nom de Porto Alazo. Puis, en 1367, Porto Didiacio; en 1375, Ayazo.
Mais aussi en 1447, Aiasso; en 1511, Laiacio et en 1530, Adiacio...Ouf, n'en jetez plus !!!
D'ici qu'elle devienne Aghiàcciu, comme la prononciation actuelle... !
La ville de Bastia n'a pas connu autant de changements que sa "concurrente" du Sud.
En 1380, "Le Castello della Bastiglia" (ou Bastita) sert à identifier les fortifications de
la Citadelle.
Ce n'est qu'en 1457 que l'on relève le nom actuel de Bastia.
La carte de la Corse Antique de Ptolémée fait mention, dans les parages de la ville, de
Mantinum. Certains la localisent à l'emplacement de la ville actuelle; d'autres, à
l'embouchure de l'étang.
Avant la Bastiglia, sur un promontoire situé entre Agliani et Monserato, Belgodere était
la résidence du gouverneur génois.
A l'origine, à l'emplacement de Terra Vecchia, se trouve la marine de Porto Cardo;
en dessous de celui de Terra Nova, l'anse de Porto Vecchio (Ficajola aujourd'hui).
Chose à peine croyable, il faudra attendre plus d'un millénaire (1477) pour que l'extraordinaire
document que représente la première carte de Corse de Ptolémée, soit révélée en Occident.
La première carte imprimée de l'île (Venise), est tirée de l'Isolario de Benedetto Boldone.
On peut voir au Vatican, depuis des siècles, la figure allégorique de la Corse dans l'une des
grandes salles de Raphaël, décrit par l'abbé Galletti en 1863 dans son "Histoire Illustrée de
la Corse".
En haut de la fresque représentant une femme robuste sur un rocher, baignant ses pieds dans la mer,
on lit en exergue:
" Cyrniorum fortia bello pectora" (les Corses au coeur intrépide pour les combats).
Il est fort à parier (ou à craindre), que le nom de notre chère île doive encore voguer au fil des siècles vers d'autres vocables. Mais il est illusoire de se poser la question, car nous ne serons plus de ce monde depuis fort longtemps !!!
Toutefois, par simple curiosité ludique, comment la nommeriez-vous, si l'opportunité d'en changer devait vous choir ?
Au train où vont les choses, peut-être "poubelle méditerranéenne" ?

 

 

ACCIDENT DE LA ROUTE A BASTIA


A l'heure où les accidents de la route ne se comptent plus, l'événement était plutôt rarissime
entre les deux guerres au point de défrayer la chronique à chaque télescopage.
Ainsi, celui du 14 août 1929 que relate le Petit Bastiais de l'époque, revêtait un caractère assez
gravissime pour qu'il ne soit passé sous silence.
Il s'est produit vers 16 h à l'intersection de l'avenue Carnot (actuel bd Mal Sebastiani) et de la
route du cap (la rue L. de Casabianca aujourd'hui), au passage à niveau de la voie ferrée de la gare maritime.
J'ai vaguement en mémoire la présence du rail dans cette partie de la ville, bien pratique pour
acheminer la marchandise vers le port et vice-versa. Mais peut-être est-il plus vivace dans l'esprit de certains anciens bastiais ?
Un train composé de huit wagons se dirigeait depuis le Nouveau Port vers la gare. La locomotive
se trouvait à l'arrière du train et sur la plateforme du premier wagon, avaient pris place le chef de
train et un homme d'équipe.
A ce moment, une charrette avec deux mulets, conduite par M. Rossi Sylvestre, la soixantaine, tournait à l'angle de ces deux artères. Les deux hommes sur le train prévoyant l'accident, sifflèrent ab imo pectore pour avertir le charretier et le chauffeur du train.
Leurs appels ne furent pas entendus. Le choc se produisit avec brutalité. Le chariot fut littéralement
soulevé et renversé. Le train entraina un mulet qui eût une jambe écrasée. Le pauvre M. Rossi,
grièvement blessé gisait à terre. Il fût transporté à la pharmacie Luciani (peut-être en lieu et place
de la pharmacie Ricci actuelle ?). Un pied broyé, on le mena à la clinique Dufour où l'imputation
du pied eût lieu sur le champ. Dans cette situation, in articulo mortis, on pense qu'il s'en est tiré.
l'époque le contrat amiable n'existait pas. Nous ne connaissons pas les résultats de l'enquête
du commissaire de police. La bête a du certainement être abattue. M. Rossi a perdu une jambe.
Triste journée pour lui.
Acta est fabula.

.Raymond Mei
Publié le 14 janvier 09




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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