le festival fait des vagues

Le festival le plus médiatisé de la planète, celui de Cannes, vient de baisser son rideau. Starlettes, strass, pluie de paillettes sur tapis rouge, montée des marches...ont vécu, après la quinzaine la plus folle du monde du cinéma. Les récompenses, avec son lot de surprises, ont été prodiguées. Les 300 chaines de télévision, les milliers de photographes et journalistes se sont donnés rendez-vous pour la 64ème édition en 2011.
Mais si le festival de la Croisette nous injecte sa bonne dose de glamour qui fait tant rêver, nous connaissons moins l'autre facette, celle de la controverse du mélange des genres mettant sur un même plan, paillettes et cinéma d'auteurs. Le festival deviendra vite un sujet à intérêt commercial sans cesse grandissant.
Que dire alors des scandales qui ont émaillés ses nombreuses éditions ?
Déjà en 1947, les techniciens mélangent les bobines de pellicules. La projection est une catastrophe.
En 1954, une actrice en mal de célébrité, provoque un scandale en posant (déjà ?) les seins nus. Elle sombre vite dans la dépression et se suicide trois ans plus tard.
Dés les années 60, le public lance des tomates sur le réalisateur et l'actrice du film très hué "L'avventura" lors de la remise du prix du jury.
En 1973, " La grande bouffe" déchaine la colère des critiques qui parlent de "cinéma de pot de chambre".
En 1984, I. Adjani refuse de participer à la conférence de presse; ce qui a pour effet d'engendrer la première grève des photographes.
En 1987, le film représentant le cinéma africain et lauréat de la Palme d'Or, est entaché de propos racistes.
En 1994, Tarantino qui obtient le prix suprême, ne trouve rien de mieux devant un public hostile que de répondre par un doigt d'honneur.
En 1999, S. Marceau, par ses hésitations et achoppements verbaux, déclenche huées et sifflets du public. Elle sera à nouveau "remarquée" en 2005 avec la mise à nu d'un sein mis à mal ( au grand bonheur des mâles) par la défaillance d'une bretelle.
En 2007, Polanski, juge que les questions posées par les journalistes pendant la conférence de presse ne sont pas " à la hauteur " et les critique sévèrement.
S'agissant de la part de rêve, la Palme d'Or de cette année ne déroge pas à la règle. Sil sera difficile de retenir le nom du réalisateur Apichatpong Weerasethakul, figure emblématique du cinéma thaïlandais, on se souviendra davantage de son oeuvre magnifique " Oncle Boonmee..." où se mêlent rêve et réalité, science et croyances. Le rêve n'est-il pas le but recherché ?
Il y a bien eu une petite onde d'angoisse avec le réalisateur de "Hors-la-loi" accusé de révisionnisme en voulant falsifier l'Histoire mais qui, en dépit de son début de polémique, n'aura en définitive fait que des petites vagues.
Alors ! Qu'allait-on trouver pour alimenter les discussions de ce 63ème festival ? Qui sera le vilain petit canard ? La tête de Turc ?
Les vagues justement ! Elles joueront donc les trouble-fêtes de ce millésime.
En plein milieu de festival, une déferlante a ruiné en quelques minutes les digues de sable. Devant ce mini raz de marée, présentateurs et stars quittent la plage précipitamment pour se réfugier au " VIP Room ". Le ponton, telle une zone contaminée, est évacué. Les 300m² de moquette remplacés.
Un responsable est très vite désigné. S'agit-il, comme le voudrait la logique, de Dame Nature ?
Que nenni ! Lisons plutôt les commentaires d'une revue spécialisée :
-" Jeudi soir, une montée des eaux subite de quatre mètres, mini tsunami venu de...Corse, a ruiné en quelques minutes les espoirs des organisateurs des premières festivités..."
Tout est dit. Le coupable désigné. Lynché à la vindicte populaire. L'élément perturbateur récurrent : la Corse.

 

Raymond Mei
reçu le 27 mai 2010






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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