
LE BOUT DU TUNNEL
Ce n'est un secret pour personne: le tunnel sous le Vieux-Port de Bastia a fait coulé beaucoup d'encre
et risque fort d'assécher d'autres encriers de calibre supérieur.
Construit en 1977 et mis en circulation en 1979, le moins qu'on puisse dire, est qu'il serait temps que sa traversée
s'effectue sans la moindre appréhension.
Certes, des améliorations ont été apportées mais les nombreux points noirs relevés à longueur d'année ont-ils été tous réglés ?
Il est plus que permis d'en douter.
Un second poste d'alimentation électrique s'imposait depuis fort longtemps. Il semblerait qu'il soit enfin placé ou en cours de l'être.
Un nouveau système de ventilation est devenu nécessaire. On nous informe qu'il sera installé au cours de cette année 2010.
Si la rumeur est avérée, on ne pourra que s'en féliciter mais pas s'empêcher de dire, " il était grand temps !".
Le système vidéo-surveillance ne couvrait pas l'ensemble de l'ouvrage. Les sept caméras opérationnelles faisait
office de parent pauvre d'une structure de telle envergure. Là aussi, des mesures pour les porter à 40 ont été mises en place.
Pouvait-on encore longtemps accepter qu'un début d'incendie par exemple n'était pas détectable ?
Ou bien même la présence d'un piéton ou tout autre incident, de nature à troubler la circulation ?
Quid des issues de secours en nombre insuffisant ?
Si des camions et des convois exceptionnels sont obligés d'emprunter le centre ville avec tous les inconvénients que cela comporte,
cela provient du fait que la hauteur du tunnel n'est pas aux normes nationales : 4,30 m au lieu de 4,50 m.
Ces travaux devenus plus qu'indispensables vont demander 3 ou 4 ans. C'est dire l'urgence !
Le montant de la remise aux normes serait de l'ordre de 30 millions d'euros. Je vous laisse le soin de deviner qui va payer.
L'ardoise aurait été moins onéreuse si l'on aurait pas attendu l'extrême limite.
Plus surprenant : les services de la CTC, en charge du suivi des contrôles et des travaux ont été confrontés à des problèmes administratifs. La Municipalité n'ayant pu fournir l'ensemble des documents sur la structure de l'ouvrage,
la CTC a du avoir recours à des services spécialisés pour les reconstituer au prix fort, bien entendu.
Nous savons qu'un défaut d'étanchéité à la jonction de deux caissons (sur les quatre en place) est à l'origine de la fuite d'eau
( devenue partie intégrante du fonctionnement actuel) au milieu du tunnel.
Si ces infiltrations durent depuis des années, c'est bien toute la structure qui est mise à mal.
Par ailleurs, sans parler du mètre d'eau qui avait inondé l'ouvrage lors de la tempête de 2008,
il est courant de constater que le tunnel est fermé à la circulation de façon régulière, suite à des précipitations
au-dessus de la moyenne normale. On ne compte plus les interventions de pompage et les fermetures momentanées.
C'est un euphémisme de dire que le tunnel est en mauvais état. Mais la rumeur, toujours elle,
voudrait que la situation soit bien plus grave que ce qu'on veut bien nous dire.
Les plongeurs sous-marins ayant inspecté dernièrement en profondeur la structure du tunnel seraient formels :
le danger est imminent, les infiltrations permanentes d'eau de mer le prouvent. La structure serait vraiment en péril.
Dès lors, doit-on craindre une invasion générale des eaux de mer si rien n'est fait ?
On comprend mieux que certains usagers croisent les doigts ou fassent le signe de la croix avant d'emprunter le tunnel.
Si les travaux tardent, il semblerait que les tergiversations proviennent du fait que la fermeture
de cet axe important soit mal vécue par la population. Certes,les travaux sont effectués pendant la nuit, nous dit-on.
Mais aujourd'hui, on se rend compte que cela est bien insuffisant et retarderait de beaucoup leur fin.
On entend tout à ce sujet: chefs de services et employés bien informés de Préfecture ou Mairie,
interdiraient à leurs familles d'emprunter le tunnel.
- Bacala per corsica !
Il ne s'agit pas d'un nouveau parti politique mais de l'exclamation la plus courante quand on parle aux bastiais de leur tunnel.
En verra-t-on un jour le bout ?
Raymond Mei
reçu le 14 mars 2010
Envoyez vos articles, vos photos, vos coups de coeur, vos déceptions de lecteur, de spectateur...les expos ou concerts à ne pas manquer, ou à fuir.