Débuts de la presse en Corse.
UN PEU D'HISTOIRE
Parution du premier journal de la Corse.
Le tout premier numéro de la presse en Corse remonte au 1er novembre 1817 dans le " Journal du Département de la Corse ". Ce document bilingue est d'abord publié en français et en toscan jusqu'en 1824, pour ne paraître plus qu'en français le 2 octobre 24 annonçant notamment le décès du roi Louis XIII.
Au tout début, il est surtout destiné à faire connaître les lois, les jugements ainsi que les actes de l'administration et les nouvelles les plus intéressantes du continent et de l'île (politiques, littéraires, commerciales...).
Les nouvelles politiques sont évidemment dirigées. On annonce en grandes pompes les cérémonies évoquant les événements royaux. Sur un plan local, on relève les faits divers insolites, les incendies des maquis et forêts (déjà), les prix décernés aux élèves et aux enseignants. Les grands travaux y trouvent aussi leur place.
A compter de 1830, époque marquée par la Révolution de Juillet, les journaux vont se succéder. Le 30 juillet 1831, le Journal de la Corse devient, "Journal libre de la Corse" hebdomadaire dégagé de toute influence. Le prix de l'abonnement est alors de 15 Frs pour un an, et 7,50 Frs pour 6 mois. On s'abonne chez le gérant du journal, l'imprimerie Marchi à Bastia.
La famille Bonaparte sera cruellement frappée avec successivement la mort de l'Aiglon, de Madame Mère, du Cardinal Fesh et de la Reine Caroline, tout cela largement commenté dans le journal.
Le 7 janvier 1837, on relève parmi tant d'autres, les annonces suivantes:
- L'Agent des bateaux à vapeurs d'Ajaccio à Toulon, a l'honneur de prévenir le public que les colis qui seront trouvés à bord du bateau au moment de son départ, seront taxés doubledu fret ordinaire, si on ne les a pas fait enregistrer à son bureau.
- Un cheval bai, âgé de 10 ans, taille 1,50m, ayant l'oreille droite fendue et deux taches blanches aux côtés, a été perdu à Sari d'Urcinu, appartenant au sieur Jean Vannoni. Le propriétaire promet une récompense.
- Eau de desirabode: chirurgien dentiste du roi dont le puissant effet est depuis très longtemps reconnu supérieur à tout, pour blanchir à l'instant les dents les plus noirs (sic) et arrêter la carie sans altérer l'émail. Prix du flacon: 3 et 5 Frs. Durée: 1 et 2 ans. On délivre des prospectus aux différents dépôts.
Puis suivront L'Insulaire Français, journal politique, littéraire et commercial (1833), Le Franco Corse (1848), Le Républicain (1848), L'Observateur de la Corse (1852), L'Abeille de la Corse, journal des Lettres, Sciences et Arts (1855), L'Aigle Corse, un bimensuel (1866), La Trique, petite gazette ajaccienne (1868), La Corse au 13 Bd Paoli (1870), Le Patriote, Bd Roi Jérome (1871), Le Petit Bastiais, 8 Bd du Palais (1876).
C'est l'époque des premières divergences entre Nord et Sud, des critiques de la part de l'administration, dont l'un de ses chefs dira, non sans ironie: " La Corse est le pays des bons merles et des faux certificats".
La venue de Napoléon III et l'Impératrice Eugénie sera fêtée par les journaux et tout un peuple.
Ainsi, naquit la presse corse.
.Raymond Mei
Publié le 01 frévrier 09
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