Compte rendu

Café littéraire du 24 11 2009
au Samovar à Bastia,


Amis intervenants...pensez à envoyer vos synthèses !



 



La soirée est animée par Nathalie Malpelli

 

 


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musanostra .fr café littéraire au Samovar MarieAnne 24/11/09
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Marie Anne Perfettini



La maison aux esprits
Isabelle Allende


Ecrivain et journaliste chilienne, Isabelle Allende est la nièce de Salvatore Allende le président tué lors du coup d’état de Pinochet. La maison aux esprits est son premier roman. Elle s’y inspire de sa propre famille un peu fantasque…
Ce roman raconte l'histoire d'une riche famille chilienne sur quatre générations avec l'histoire politique du Chili, en filigrane, bien que le pays ne soit jamais nommé. Basé sur les souvenirs d’enfance de l’auteur on y découvre des êtres très originaux dotés de dons extraordinaires : certains peuvent prédire l’avenir, faire bouger des objets…
Au fur et à mesure que l’histoire avance on sent -parce qu’il y a souvent des annonces- que le drame se rapproche et on assiste à la fin au coup d’état de Pinochet et à ses conséquences terribles (torture, viol, disparitions, meurtres gratuits…).
Ceci nous permet de comprendre, avec angoisse, comment les dictateurs peuvent réussir à prendre le pouvoir. En effet, ce roman nous montre bien comment et pourquoi se tirent toutes les ficelles pour arriver à des événements aussi malheureux.
Il y a deux narrateurs le vieux Trueba (le patriarche) et sa petite fille dont les récits se complètent ce qui parfois permet d’avoir le récit du même événement sous deux angles différents. Ils s’aident des carnets écrits par la grand-mère Clara et d’ailleurs le livre s’ouvre et se ferme sur les mêmes mots « Barrabas arriva dans la famille…. »
J’ai aimé l’histoire mais surtout les personnages incroyables qui la composent à commencer par les femmes principales de la lignée qui ont toutes un nom renvoyant à la blancheur: L’arrière grand-mère Nivéa ; la grand-mère Clara ; la mère Blanca et enfin Blanca la narratrice.
Chaque personnage tout en étant bien ancré dans la réalité a quelque chose qui le met en marge : Nivea et Clara ont un don de voyance ; la sœur de Clara, Rosa, est la plus belle fille du pays, mais sa description surprend….
Enfin, comme on est constamment ballotté entre frivolité et tragédie, entre réalité et fantastique, on ne s’ennuie jamais !
PS : si vous avez aimé La maison aux esprits, lisez D’amour et d’ombre du même auteur…

 

 

 

 

 

 

 


musanostra .fr café littéraire au Samovar Vanina 24/11/09
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Vanina Ricci

 

Les Armes secrètes, Julio Cortàzar

 

Les Armes secrètes est un recueil de nouvelles du grand écrivain argentin Julio Cortàzar.

Né à Bruxelles en 1914 de parents argentins, il passe plus de 30 ans en Argentine avant de venir s'établir à Paris en 1951 - Paris qui, d'ailleurs, sert de décor à plusieurs de ses oeuvres.

Cortàzar est traditionnellement classé parmi les écrivains d'inspiration fantastique.
Les nouvelles qui composent ce recueil sont, pour la plupart, des déclinaisons, des variations autour du thème du double.
Le fantastique de Cortàzar se caractérise par l'absence de frontières entre l'inconscient, le rêve, l'imaginaire... et la réalité, par une réalité qui se transforme... en quelque chose d'autre.
Il est donc très différent du fantastique dit "classique", tel que décrit par Tzvetan Todorov (rupture, intrusion du surnaturel dans un cadre réaliste, connu et rassurant, et hésitation du personnage et/ou du lecteur entre une interprétation rationnelle et une interprétation irrationnelle des évènements).
C'est également un fantastique économe dans ses effets. Pas de rupture, mais un glissement au fil des pages.
En fait, en même temps que les personnages, le lecteur est invité à pressentir que le réel est équivoque, que la perception que nous en avons ne mérite qu'une confiance limitée - de percevoir que, derrière ou autour du cadre rassurant de la réalité, il existe un arrière-plan d'ombre, d'incertitude, d'inattendu.
Un autre réel non contrôlé mais si proche, si familier, si simple qu'il n'en est que plus angoissant.

C'est donc principalement le thème du double qui est ici traité, avec différentes nuances : dépossession (de soi)/possession, perte d'identité/acquisition d'une nouvelle identité allant souvent de pair avec une distorsion spatio-temprelle.
Le recueil contient 11 nouvelles, parmi lesquelles nous retiendrons :

"La Nuit face au ciel"
Le personnage principal a un accident de moto. Lors de son hospitalisation (rêve ? réalité ? hallucination ?), il vit en rêve l'expérience d'une victime sacrificielle aux temps des Incas. A la fin de cette nouvelle, le personnage principal est autre...

L'excellent "Axolotl", où le narrateur se voir fasciné, puis obsédé par des lézards sud-américains. Citons l'incipit, il est remarquable :
"Il fut une époque où je pensais beaucoup aux axolotls. J'allais les voir à l'aquarium du Jardin des Plantes et je passais des heures à les regarder, à observer leur immobilité, leurs mouvements obscurs. Et maintenant je suis un axolotl."La dernière phrase est à prendre au sens littéral.

"Continuité des parcs" qui est une extraordinaire mise en abyme ayant pour thème l'acte de lire.

"La Lointaine", dans laquelle nous avons véritablement affaire à un Doppelgänger. Le personnage principal, une jeune femme choyée, sent la présence d'une autre qui lui est intimement liée (sans qu'elle la connaisse, ni sache où - et quand - elle se trouve). Elle saisit des bribes d'une vie misérable sur un autre continent. Jusqu'à ce que, irrésistiblement attirée, ait lieu la rencontre.

"Les Fils de la Vierge" qui a inspiré le Blow up d'Antonioni : du pouvoir de la photo pour figer une scène désagréable, et d'une photo qui redonne de la réalité à cet incident - une réalité qui se déroule sur un autre plan mais qui contamine celle du personnage principal.

Et enfin "Les Armes secrètes". Cette nouvelle distille une atmosphère assez dérangeante et débute comme une histoire d'amour. Or, la jeune femme voit peu à peu l'amoureux prendre les traits psychologiques et le phrasé du bourreau de son enfance.

Les Armes secrètes donne une vision à la fois fidèle et poétique de l'univers fantastique de Cortàzar - un fantastique d'intériorité et de perméabilité (des identités, des "réalités") qui l'inscrit parmi les grands noms du fantastique contemporain, mais qui l'inscrit également parmi les grands noms de la littérature sud-américaine au même titre que Garcia Marquez et Borges.
Un auteur à lire absolument.

V. Ricci 24/11/09

 

 

 

Bénédicte Savelli

 

 

 

 

 

CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE, Gabriel Garcia Marquez, 1981

Garcia Marquez est un auteur colombien né en 1927, lauréat du prix Nobel de littérature en 1982. Il est connu pour son chef d’œuvre Cent ans de solitude écrit en 1965.

Chronique d’une mort annoncée est un roman qui nous livre immédiatement sa fin : Santiago Nasar va être assassiné. Les frères Vicario viennent de marier leur sœur mais, au cours de la nuit de noces, le mari ramène la jeune femme chez elle parce qu’elle n’est pas vierge. Elle donne le nom du responsable : Santiago ! On est quelque part en Amérique du Sud, là où les coutumes demeurent archaïques, et les frères Vicario doivent sauver leur honneur et donc tuer Santiago.

Chronique d’une mort annoncée est une véritable tragédie avec une unité de lieu (le village), une unité de temps (le lendemain de la noce) et surtout une fatalité omniprésente puisque Santiago n’échappera pas à son destin, ce dont le lecteur est averti dès le titre, dès la première ligne.  

Mais comment ce drame peut-il avoir lieu alors que les frères Vicario ont annoncé clairement leur intention, et que, dès lors, tout le monde est au courant ? C’est ce que le narrateur, ami de la victime, cherche à comprendre en se penchant sur les heures qui ont précédé le drame. Le lecteur se trouve pris dans cette sorte d’enquête et s’interroge : pourquoi certains se sont-ils tus ou ont-ils semblé ignorer les menaces des deux frères ? Par lâcheté ? Parce qu’ils n’y ont pas cru (les frères sont trop ivres pour commettre un crime) ? Parce que certains estiment finalement que les frères Vicario sont dans leur bon droit ? Quelques-uns vont même tenter de s’y opposer mais le hasard (le destin ?) semble en avoir décidé autrement. C’est par toutes ces interrogations, qui restent en suspens, par cette mort que l’on sait inéluctable, que le narrateur nous tient en haleine. On est pris par un malaise croissant, plongé dans l’ambiance moite de la Colombie, de plus en plus oppressé par cette menace dont on connaît l’issue irréversible ; cependant, et c’est là tout le talent de l’auteur, on se prend à penser que le meurtre n’aura peut-être pas lieu.

J’ai aimé l’originalité de cette construction narrative basée sur la multiplicité des points de vue. Le narrateur collecte en effet les différents témoignages des habitants : chaque personnage raconte sa version des événements, ce qui amène le lecteur à revenir sans cesse sur les quelques  heures qui ont précédé le meurtre, pour finalement reconstruire le parcours de Santiago et des frères Vicario, faisant de nous les témoins impuissants de cette tragédie.

J’ai aimé la vision sans concession que Marquez nous offre de ce village, de cette micro-société victime de ses préjugés, de ses non-dits et de ses bassesses hélas tellement humaines !

J’ai aimé Chronique d’une mort annoncée, un roman original et intrigant.

 

 

 

 






 




 




Freddy : "Le jeu de l'ange", de C.Ruiz Zafon  





Madeleine P.U. : "Eclats d'Espagne; de Garcia Lorca à Picasso"  









 


LIBERTECéline Lorenzi SUR PAROLE

LIBERTE SUR PAROLE

poésies édition gallimard

Poète de la Lumière :

L'oeuvre poétique d'Octavio Paz est une recherche de ses origines Mexicaines.
"Je pars retrouver qui je suis,celui que je commence à être."
De sang espagnol et indien, Octavio Paz retranscrit une vision indienne du monde réprimée et ocultée par la conquète espagnole.
Ses références sont mystiques, empreintes de rituels religieux et indiens.
(Guadalupe-Tonanzin)
Il publie de nombreux essais,recueils et poèmes.
Prix Nobel en 1990
Il cherche à conquérir la liberté sur parole égale à l'image d'une feuille au vent,mais semblable à un oiseau conducteur de son vol.
"Seules les expériences justes fondent une liberté vraie.
Il n'y a pas de vrai lyrisme sans intelligence.
"

Passages :

"le Mexique:des harpes,des champs de harpes."
"Les montagnes galoppent au bord de la mer
et des éperons de soleil entrent dans l'eau."
"Tu ressembles à l'arbre, au nuage
,

à tous les oiseaux dans le ciel plus un astre."
"Les blessures se transforment en fleuves nourriciers qui circulent dans nos veines."

Une histoire :
"Ma vie avec la vague"


(début décembre 2009)














Joseph B.

Il s'agit là d'un roman épistolaire : une dizaine d’hommes et femmes de pouvoir, proches du gouvernement, échangent et se dévoilent dans un Mexique en pleine crise.

Crise internationale tout d’abord, marquée par le courroux des USA qui, critiqués pour l'invasion de la Colombie, ont décidé de neutraliser l’ensemble des satellites mexicains.

Cette situation d’absence totale de télécommunications est prétexte à la forme du roman. 

Le Président en exercice étant mourant et « le siège de l’aigle », son fauteuil, appelé à être bientôt vacant, la course à sa succession est ouverte et chacun y va de ses atouts pour y accéder, sur fond de corruption généralisée. 

Dans ce roman, puisque c'est bien une fiction, la belle, intelligente et ambitieuse Maria del Rosario Galvàn use de tous les moyens pour parvenir à placer son jeune "poulain" à ce poste convoité.

Elle lui explique les ressorts de la politique et lui promet de se donner à lui, plus tard, s'il mène comme il le faut sa "barque" dans ces eaux troubles et dangereuses.

 
Cette correspondance est l'occasion de brosser quelques portraits, criants de vérité et de désigner ce qui peut faire l'essence de la politique : l'arrivisme forcené, la cruauté, l'hypocrisie, l'absence d'estime de soi, de sa dignité, le désir ... et beaucoup de sacrifices. 
 
Les lettres se succèdent et en voyeurs on entame l'
ascension vers le pouvoir, comprenant peu à peu en quoi on est ou non une "bête politique"


 

 



 

 

 

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