
Spécial "Parc de Saleccia "
Interventions prévues à partir de 16h30 :
Joëlle :La peinture à Ajaccio, de Pierre-Claude Giansily
Bassoul - Canavaggio - Frassati (1890-1950)
Anne-Xavier Albertini :
L'Arabe d'Antoine Audouard
Pierre-Louis :"Des fleurs pour Algernon" de KeyesMarie-Hélène Ferrari :
" Conversation en Sicile " de E. Vittorini et Onfray/FreudNoëlle Fraticelli : Le dernier roman de Catherine Pancol
Raymond Mei : 'Lhomme de coeur" de N .Massé Muzi
Vanina Ricci : Les âmes mortes de GogolAnne-Marie Albertini :
de C. Singer " Seul ce qui brûle", éditions A. Michel, 2006 (prix ALEF 2007)
Le choix du lieu du Café Littéraire de ce samedi 22 mai, consécutif à celui de la veille au Majestic à Bastia (ce qui démontre sans surprise la vitalité des responsables de Musanostra), s'est porté sur le magnifique Parc de Saleccia, en Balagne. Cela démontre aussi que la culture de l'esprit germe parfois de celle de la quintessence de la terre. Choix d'autant plus judicieux qu'une journée pré-estivale a bien voulu s'y convier.
L'unique parc botanique insulaire avec ses 7 hectares de flore de maquis corse et de la méditerranée resplendissait de ses multiples variétés de fleurs embaumant cette journée particulière.
Les quarante invités présents sous la pergola du Parc, qui n'en demandaient pas tant, surent tirer profit de l'occasion unique en présentant des ouvrages divers.
Des écrivains de renommée, telles M.H. Ferrari, avec "Conversation en Sicile" (Vittorini), "Affubulation freudienne" (Onfray), "Juliet, Naked" (N. Hornby) et A.X. Albertini avec "Une enfance corse" (23 participants), "L'Arabe" (Audouard), grâce à leur talent, ont su convaincre l'auditoire de les découvrir.
D'autres intervenants ont évoqué P.C.Giansily (La peinture à Ajaccio), Gogol (Les âmes mortes), N. Massé-Muzi (L'homme de coeur),C. Singer (Seul ce qui brûle), A. Devi (Le sari vert), les dernières oeuvres de Katherine Pancol...
Cette fin de journée fut marquée par un soleil couchant sur fond de côtes plongeant dans le bleu profond de la mer. Histoire de prouver, si besoin était, que la Balagne est considérée comme le véritable verger de la Corse.






Marie Héléne Ferrari :
"Conversation en Sicile"
Elio Vittorini
Traduit de l'italien
par Michel Arnaud
Gallimard/L'Imaginaire
210 pages
Certains livres parlent à l'âme, d'autres non, et cela reste entièrement lié à la personnalité même de l'individu. Umberti Eco parle d'horizon d'attente, cette attente personnelle, que l'on éprouve en fonction de son passé, de sa culture, de son vécu. Je crois que les Corses sont plus à même que quiconque pour aimer ce livre et pour bien des raisons. Il est lent, très lent et s'attarde avec tendresse, respect et un peu de dérision, sur les moindres silhouettes rencontrées. Il parle d'un île qui a bien des points communs avec la Corse, et qui par bien des aspects, nous renvoie à notre existence, notre passé. Il a cette tendresse familiale très spéciale des sociétés méditerranéennes où l'appartenance est si forte. C'est un beau livre, déroutant, envoutant, agaçant parfois.
Un classique, qu'il faut prendre le temps de déguster.



Anne-Marie
"Seul ce qui brûle " de C Singer

Marie-Blanche qui a beaucoup aimé « Le sari vert » de Ananda Devi, auteur de l’Ile Maurice, aux éditions Gallimard (paru en septembre



Anne-Marie, Michèle, Andrea, Laurence...

Joëlle
de P.C. Giansili
"La peinture ajaccienne"


Pierre-Louis
"Des fleurs pour Algernon"




Crépuscule d’une idole
M.
Onfray
Les écrivains se faisant boutiquiers et signant chacun de sa colorature, des ouvrages au sujet différent, mais qui disent toujours la même chose (le "moi" devant un sujet)Onfray s’est spécialisé dans le tracto pelle. Il déboulonne. La religion, par exemple, et là on avait bien vu que sa filiation avec Nietzsche était hautement revendiquée. Or, le premier crime qu’à commis Freud est la cryptomanie, il dit qu’il n’a pas lu, pas entendu, pas vu quoi que ce soit qui le renverrait à Nietzsche, alors que ce dernier avait tout compris (selon Onfray). Crime, crime crime ! Ainsi le livre présente une rhétorique très pure, assez semblable au schéma argumentatif de Victor Hugo, qui commence par la présentation de l’auteur, insistant sur sa crédibilité (je suis un surdoué, j’ai tout lu, j’ai toujours beaucoup réfléchi, vous pouvez me croire je ne suis pas un homme ordinaire etc. et.c) puis il annonce sa thèse, en dix points, pour dire dix fois que Freud est un menteur, un raciste, un etc etc…
Ensuite il développe dix fois sa thèse, et comme tout bon rhétoriqueur ne manque pas de le faire en trois parties, trois sous parties, très subtiles, mais bien présentes. Bref, parfait, rien à redire à l’exercice.
Sauf que pour qu’on adhère au propos il faut qu’il soit moins massif, moins pesant, moins marteau pilon. Chaque fois qu’on a envoyé des chars d’assaut on a créé des victimes, voir des martyres. Si la nuance avait été présente, on aurait d’avantage adhéré. Alors oui, le livre pose des questions, et suscite des discussions, ce qui est bien, mais j’aurais souhaité une attaque plus subtile, pour une opinion plus fine… Mais cela n’engage que moi (pour les points précis de l’attaque, mensonge, cryptomnésie, révision du passé, inceste avec sa famille, lire le livre)
Dernier point, je trouve réducteur de penser que démontrer que Freud n’était qu’un homme a pour conséquence que toutes ses théories étaient fausses. Alors Nietzsche était fou, et Nerval aussi et Van Gogh aussi et Musset alcoolique et et et… le génie est la transmutation du plomb en or.
(M.H. Ferrari)

Andrea a présenté "Un koala dans la tête" d'Elise Fontenaille
Fleurs au milieu des fleurs, l'équipe de Musanostra s'est réunie dans la preuve que la poésie n'est pas réservée à ceux qui manient les mots. Le lieu ! Une merveille, je n’ai pas d’autres mots. L’intelligence de la conception de cet endroit est étonnante, et à tout point de vue. La promenade est conçue pour que les yeux du voyageur s’étonnent graduellement et que le plaisir monte. Au début, on flirt avec la Toscane, ces rondeurs et ses pointes qui dessinent l’espace, ces alternances d’ombres et de lumière invitant à la halte sur des bancs disposés à cet effet. Des plantes étonnantes d’endroit en endroit. Et puis première surprise, un jardin de rocaille à couper le souffle. Des explosions de couleur comme du corail malade, sentiment d’assister à une sorte de miracle, d’être tombé pile au bon moment. Les gens qu’on croise enchantés, émerveillés, on se sourie. La promenade se poursuit, on monte lentement, après avoir longé deux plans d’eaux aux énormes poissons irisés, une libellule énorme vrombit. Deuxième extase, ne riez pas ! Oui, extase ! Quatre espaces en points cardinaux cernés par des murs de granit, au creux desquels s’épanouissent quatre couleurs sous diverses variantes florales. Et puis la surprise de partout on entend l’eau ruisseler, elle fait ses gammes, des bancs sont installés sous une ombre hospitalière, le concert est pour celui qui sait écouter le silence. Chut les touristes !
Après la rencontre, chaleureuse, drôle, vivante, foisonnante comme savent les organiser ceux de Musanostra, qui n’ont pas que le goût des lieux, des mots, mais aussi celui de l’amitié. Un moment long, passionnant, Raymond a parlé des livres présentés, quelques fous rires, quelques grondements, des dames en chapeau s’interrogent… et quels seront les titres des prochains Pancol?
A tous un grand merci. ( photos de M.H.Ferrari)







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