
Un peu de littérature italienne !
« Rispondimi » de Susanna Tamaro
Susanna Tamaro : née en 1957 à Trieste.
· Aujourd’hui, 51 ans, Italienne.
· Hier, ses parents, grands-parents pris dans les drames de cette ville : Autriche, Italie fasciste, Yougoslavie, Slovénie, Croatie, Italie… coupée en deux comme Berlin, à la fin de la guerre.
· Un siècle de malheurs, de tueries qui semblent lui être accrochés aux épaules.
Elle en a retiré une passion pour les histoires mettant en scène plusieurs générations de personnages, leur vie, leur mort.
Autres éléments importants de sa biographie :
· Elle écrit régulièrement dans des revues chrétiennes.
· Une partie des revenus de ses livres sont versés à une fondation qui travaille à l’intégration et la protection des enfants étrangers en Italie, à la protection et l’éducation de filles issues des bidonvilles de Bombay en Inde, mais aussi de femmes en Colombie et au Congo.
« Rispondimi » Edizione BUR 2001
En italien, bien sûr : langage simple, facile à lire, courant, non familier. Les événements les plus horribles sont à peine suggérés et on comprend ce qui s’est passé.
Trois histoires ; la première a donné son nom au livre. C’est l’histoire d’une jeune fille, mère prostituée, père inconnu, qui raconte sa vie. A la mort de sa mère, du pensionnat, elle est envoyée chez des parents éloignés, paysans âgés du nord de l’Italie. Décalage temporel, décalage idéologique, décalage sentimental et l’engrenage se met en branle vers une descente aux enfers… Toutes les branches auxquelles elle s’accroche vont se révéler pourries.
Deuxième histoire : « L’inferno non esiste » ; bien sûr qu’il n’existe pas, puisqu’il est déjà ici et maintenant et peut être partout, derrière n’importe quelle porte. Histoire simple, banale de violence conjugale et familiale racontée par la mère, seule survivante. « Il matrimonio è un contratto. Adesso, e per sempre, sarai una cosa mia. » et l’engrenage se met en branle !
Troisième histoire : « Il bosco in fiamme ». Histoire d’une femme follement dépressive après la naissance de sa fille. Ses rapports avec le bébé ne peuvent s’établir et encore plus quand on découvre que la fille est atteinte d’une maladie cérébrale. C’est le mari qui raconte, ingénieur agronome qui se bat contre les insectes et les feux de forêts. Chacun évolue à son rythme dans le couple, mais ils ne peuvent s’entendre et le fossé s’agrandit, surtout quand on apprend que la mère a fini par trouver ailleurs ce buisson ardent qui enfin lui redonne la vie… Et l’engrenage se met en branle !
Le livre est porté par le titre ; à la fin de la première histoire, la fille, ayant touché le fond, s’adresse à un chien : « rispondimi ! » Mais qui plus qu’un être humain pouvait lui répondre ? Dans ce livre, on voit que les hommes peuvent être des chiens, tout naturellement ! Incompréhension, indifférence, cruauté, abus, toute la richesse de l’homme se dévoile.
d'Edmond Perfettini
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