
« SCENES GOURMANDES»
Repas et recettes du Berry
George Sand
L’été est souvent propice à la nonchalance, une sorte de laisser aller qui s’empare de nous lorsque la bride est lâchée…
Alors, après la sieste et avant l’apéritif entre amis l’on se délasse
Grâce à des lectures anodines, et la gourmande que je suis a ainsi pris le plaisir de dévorer ce petit ouvrage…
Après la déception que produit le décalage entre la titre du recueil et la lecture des premiers textes (l’ on s’attendait à une profusion de détails sensuels et gargantuesques alors que l’ auteur décrit avec une sobriété presque austère des mets qui nous font saliver) l’on comprend vite qu’il s’agit d’un témoignage sur le Berry natal de G Sand ; l’on devine que la nourriture joue un « rôle romanesque essentiel » dans sa production car elle y présente les us et coutumes de son pays ;
Le moment du repas rythme le temps humain lié au quotidien ou aux évènements exceptionnels : du festin au goûter, de la bombance au repas frugal, du pique-nique au souper,
L’auteur de cette anthologie a constitué une suite de petits tableaux, extraits d’œuvres plus ou moins connues de la romancière, et dont la nourriture est , bien entendu , l’élément central de chaque passage.
Les Produits simples et naturels (pain, lait, miel, fruits, vin…) y côtoient des recettes élaborées (dont le secret n’est, hélas, jamais dévoilé !) : confitures, omelettes aux écrevisses, gâteaux de poire et autres fromentée font saliver nos papilles ;
Mais au-delà de cet aspect ethnologique, on découvre le côté attachant de ces œuvres : chaque repas consacre des valeurs humaines simples, vraies et profondes ; la convivialité, le partage, l’amitié, le respect, quelquefois l’humour, se matérialisent dans des personnages simples et généreux ; du paysan à l’aristocrate on aime faire plaisir à ses convives en offrant et à ses hôtes en dévorant : le repas est un rituel immuable qui rassure les hommes, les unit,les pacifie, les apaise…
L’ on retiendra dès lors de cet ouvrage la douceur , la sérénité et la simplicité de ces gens qui ont vécu ailleurs et autrefois mais qui nous ressemblent tant lorsque nous retrouvons nous-mêmes, autour d’un bon repas , le bonheur d’un moment vrai …
A M Albertini.


J’ai beaucoup aimé ce livre et je le préfère à Mal de pierre. J’ai aimé les personnages pour leur originalité. Leur soif de vivre malgré tout, leur résistance à la facilité de l’argent etc.… J’ai bien aimé aussi l’expression « la vie a un goût d’épouvante » qui revient comme un leitmotiv dans le texte.
Le récit nous révèle les éléments importants progressivement et le regard de la jeune fille est bien rendu.
J’aime aussi les passages ou la magie entre en jeu (les cailloux lumineux de Pietrino, les battements d’ailes) cela m’a fait penser à l’univers d’Isabelle Allende ( La maison aux esprits …)
La fascination du pire de F. zeller: j’aime moyennement l’histoire qui de toute façon n’est qu’un prétexte à une réflexion sur le monde actuel et notre rapport à la religion musulmane et à l’intégrisme.
Quelques pages amusantes ; p25 sa vision des hommes politiques ; la référence à l’ignorance avec l’anecdote sur Montaigne et Rabelais p151.
Et surtout la belle et triste description d’Astrid Grégoire cette fille seule et laide, (seule car laide) comme on en a très souvent dans une classe.
En tout cas sa réflexion sur les religions n’est pas rassurante surtout qu’il est évident que ça va être le gros problème des années à venir.
sommaire M.A.Perfettini juin 08