L'Ile du Docteur Moreau
de H.G.Wells


Auteur de science-fiction et de fantastique "fin de siècle", H.G.Wells est surtout connu pour ses oeuvres maintes fois adaptées au cinéma :
La Machine à remonter le temps, La Guerre des mondes, et L'Homme invisible.
Son roman, L'Ile du Docteur Moreau, n'est pourtant pas la moins intéressante. Il y met en scène un narrateur-témoin, Prendick, qui va guider les lecteurs dans une aventure fort inquiétante, et qu'il nous dévoile au fur et à mesure dans un récit rétrospectif...

Biologiste londonien, Prendick est, au début de notre histoire, un naufragé perdu au beau milieu du Pacifique mais qui va être recueilli par les habitants d'un île pleine de mystères.
Mystérieux en effet sont les indigènes, particulièrement laids et difformes, aux torses trop longs pour des membres trop courts.
Prendick ne tardera d'ailleurs pas à remarquer leurs oreilles pointues et velues, ainsi que leur curieuse habitude de laper l'eau à quatre pattes.
A sa grande surprise, Prendick reconnaît en Moreau, le maître de l'île, un célèbre chirurgien londonien, spécialisé dans la transfusion sanguine, et réprouvé par ses pairs pour des expériences scandaleuses. Moreau lui déclare que l'île sert de station de biologie.
Dès sa première nuit sur l'île, notre narrateur va entendre des cris de douleur, humains, semblant rythmer les séances pendant lesquelles Moreau et son assistant s'isolent dans ce qui leur sert de laboratoire. Il va également y apercevoir un être sanguinolant, attaché et entouré de bandages. Prendick en conclut que Moreau pratique la vivisection humaine et, paniqué à l'idée d'être le prochain cobaye, il s'enfuit dans l'île. C'est là qu'il rencontre les aberrations qui peuplent la forêt, regroupées dans des tanières sordides et disciplinées par une Loi qu'elles répètent comme une litanie. Moreau, parti à sa recherche, lui révélera ce que sont réellement ces créatures...

Dans ce roman de 1896, Wells s'inspire des théories évolutionnistes de Darwin pour offrir un nouveau traitement du mythe du savant fou.
En effet, cette fin du XIXème siècle voit la large diffusion des travaux et des découvertes scientifiques devenir un vivier pour des écrivains tels que H.G. Wells, Jules Verne ou encore R.L. Stevenson (pour ne citer que ceux-là). La figure du savant fou, savant fin de siècle, y est centrale : un homme de science prêt à tout pour reculer les limites du possible, ne se souciant que de connaissance (et de pouvoir) et faisant fi de toute considération d'ordre moral. Voulant égaler/dépasser Dieu dont il n'est qu'une parodie grotesque, Moreau, aussi savant que dément, connaîtra un châtiment impitoyable - Prendick restera, quant à lui, à jamais marqué par ces évènements.
Une oeuvre que je recommande vivement, tout comme les autres romans de cet écrivain !


Vanina Ricci





 

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