Là où les tigres sont chez eux,
de E. Blas de Robles
Ça y est j’ai fini ! Et comme promis je vous parle un peu de ce livre fascinant.
Tout d’abord c’est le titre à rallonge qui m’a intriguée « Là où les tigres sont chez eux ». Que pouvait cacher un tel titre ? Quel pays mystérieux ? Je n’ai pas été déçue : ce pays est le Brésil et on le découvre dans toute sa sauvagerie. On erre alors dans la jungle des favelas, la jungle du monde politique, la jungle de nos sentiments, la jungle végétale…. Tous ces lieux sont dangereux, font souffrir, mais permettent aussi de belles rencontres qui sont autant de clairières où l’on peut se reposer avant de repartir.
Le récit principal nous fait découvrir la vie d’ Athanasius Kircher, un jésuite allemand, polyglotte, passionné de sciences, inventeur de toutes sortes de machines plus ou moins farfelues, traducteur (du moins le pense-t-il) des hiéroglyphes, qui côtoie Le Bernin, la reine Christine de Suède …. Cette vie extraordinaire est le pensum d’Eléazar Von Wogau, un journaliste installé dans le Nordeste brésilien. Il s’est engagé à annoter la biographie de Kircher et est agacé par le ton du livre et par ce savant qu’il considère comme un raté.
En parallèle et par morceaux on suit l’histoire de sa femme Elaine une paléontologue partie dans la jungle à la recherche de fossiles, de sa fille Moema sensée faire des études mais qui s’adonne à la drogue, de Nelson un jeune handicapé des favelas qui rêve de vengeance, et de Moreira un politicien corrompu… Tous ces personnages sont accompagnés par d’autres tout aussi intéressants et particuliers et tous sont liés d’une manière ou d’une autre. Dit comme ça, ça peut paraître confus et il est vrai qu’au début on s’y perd un peu ; mais les personnages et les situations sont tellement prenants que très vite on s’y retrouve.
D’ailleurs toutes ces histoires séparées et mêlées à la fois, qui s’interrompent alors qu’on veut savoir la suite et qui reprennent un peu plus loin aiguisent notre appétit de lecture et les 800 pages sont avalées sans qu’on s’en rende compte.
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Au passage on apprend beaucoup sur l’Homme, sur la vie, la mort, l’amour, le destin avec cette jolie réflexion d’Eleazar (p732) « Tout ce travail pour aboutir au résultat qu’il n’était ni meilleur ni pire que n’importe qui d’autre ? Identique à chacun de nous dans sa façon d’improviser sa vie, de l’habiter.Un homme?»
Marie Anne Perfettini, décembre 08