L'élégance du hérisson
Muriel Barbery

Ma première confrontation avec cet ouvrage fut plutôt négative. Ces deux histoires parallèles et pourtant imbriquées, ces deux personnages trop hors normes : une surdouée de 12 ans qui philosophe à longueur de temps et une concierge intello qui ne veut pas l'avouer, ne m'ont pas emmenée dans leur univers. Tout le monde me disant que j'avais tort et que ce livre était superbe je m'y suis remise. Et si j'étais passée à côté d'un chef d'œuvre ?

J'ai donc repris ma lecture et j'ai retrouvé le même agacement car j'avais envie de lire une histoire et je me trouvais trop souvent devant une leçon de philosophie, de cinéma etc… Certes c'était souvent instructif mais j'avais, par moment, la confuse impression que les développements étaient trop longs, qu'on voulait m'en mettre plein la vue du genre « voyez comme mon livre est profond ». Cependant, cette fois j'ai trouvé plus d'humanité aux personnages, j'ai réussi à les voir vivre. De nombreuses réflexions moins pompeuses m'ont vraiment touchée notamment sur les maisons de retraites « Si tu oublies le futur /Tu perds /Le présent », sur les liens entre Renée et son premier mari Lucien…. Mais surtout les pensées de cette femme au moment de sa mort et de la jeune fille confrontée pour la première fois au mot « jamais » sonnent vrai et m'ont émue aux larmes car toute personne ayant perdu un être cher a ressenti cela.

Sans vouloir être trop dure je dois une fois de plus mettre un bémol: ces belles pensées finales permettent de nous faire oublier deux écueils.

Le premier est qu'un mariage avec Kakuro aurait fait conte de fées : le prince embrasse la grenouille et lui rend son apparence de princesse !

Le second, est qu'on oublie un peu que cette mort est tout aussi incroyable : la mort de la vieille sauve la jeune du suicide comme par hasard ! Cette femme rencontre enfin l'homme qui va lui donner ce à quoi elle a droit : de l'amour, de l'intelligence, une vie à sa hauteur et alors qu'on lui dit qu'elle n'est pas comme sa sœur, on lui refuse « de croire à la possibilité d'un camélia ».

Ce monde est-il si désespérant qu'on ne puisse avoir deux êtres merveilleux sur terre profitant tous deux des roses éphémères de la vie ?

M.A. Perfettini



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