Lu, d’Alison Lurie, un essai sur la littérature enfantine intitulé Ne le dites pas aux grands (1e édition 1990 : Don’t tell the Grown-ups)
Rivages poche ; Bibliothèque étrangère. Traduit de l’anglais par M.Chassagnol
Alison Lurie : née en 1926, américaine, professeur
de littérature ; devint célèbre avec son
roman Liaisons étrangères (Prix Pulitzer 1985) ; a reçu le Prix Femina Etranger pour La vérité sur Lorin Jones(1989) . Son dernier roman publié chez Rivages est Un été à Key west (1998).
Ouvrage structuré en 16 parties dont la plupart sont
consacrées aux contes et légendes traditionnels,
d’autres à l’œuvre de J.R.R. Tolkien ou de
T.H. White, d’autres encore aux personnages populaires de Winnie
l’Ourson ou de Peter Rabbit, de Beatrix potter.
Dès le premier chapitre, avec « la littérature
enfantine subversive », l’auteur invite à
réfléchir aux significations des mots des enfants ;
quelles sont les bribes de chansons retenues ? Pourquoi celles-ci
leur plaisent-elles davantage ? Les associations contenues, si on
y prête l’oreille, peuvent paraître cruelles ou
révoltées, élevant « cette tribu
étrange », celle des enfants, en chantre libertaire
(contre l’ordre établi et donc les valeurs
partagées). L’auteur propose par exemple des extraits de
rengaines mille fois entendues et qui, selon lui, pour les
enfants, sont l’équivalent du « Temps des
cerises » des canuts ; ainsi le comique et
effrayant :
« Maman a eu un bébé
C’est un garçon, tout beau, tout blond,
Papa est très fâché.
Enveloppez-le dans du papier,
Jetez-le dans les cabinets. »
Pensons à notre fameux:

La fascination du pire
Par N. M., juillet 2008
Comment parler d’un livre que l’on n’a pas
aimé ? Difficile. D’autant que le bouquin de Zeller
n’est pas à proprement un « mauvais
livre ». Disons qu’on accroche difficilement à
son histoire. Car parlons de l’histoire. Y en a t-il vraiment
une ? C’est la narration à la première
personne qui nous plonge dans un Caire contemporain qui pour ma part
m’a peu fascinée. Amateur de Flaubert, Zeller se sert de
la fiction comme d’une plate-forme politique et
idéologique. Ce qu’il nous dit, ce qu’il pense est
finalement banal et peu intéressant pour le lecteur. Très
précis quant à ses références et utilisant
un style alerte, Zeller a sans doute réussi à
m’ennuyer contrairement à un Flaubert ( un modèle,
semble t’il, pour lui) qui par la représentation du
quotidien pointait du doigt la vacuité humaine. On est loin ici
de tout cela. Quant au dénouement, il est en queue de poisson et
très décevant.
Pour moi La fascination du pire est disons-le l’illustration de ce que je n’aime pas en littérature et surtout la preuve flagrante qu’un prix littéraire n’est pas nécessairement un bon livre.
« L’avion… ça fait lever les yeux…»
Ou encore « Vive la liberté » en fin de chanson sur le roi des Allemands (cf p.17)
Tout cela est raconté avec humour, toujours illustré par
la référence à des personnages
d’œuvres très célèbres, Cendrillon,
Alice au pays des Merveilles, Mary Poppins ou Le petit Lord
Fauntleroy, (« fantasme qui est celui de presque tous les
enfants » p.180), clarifiant le propos. Cet ouvrage
intéresse parents, enseignants, psychologues, ethnologues,
… et tous les lecteurs curieux de redécouvrir avec un
état d’esprit différent les plus belles pages de
l’enfance.
Pierre-François M. , Alesani Août 08 sommaire


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| Auteurs/oeuvres traités |
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L'élégance du hérisson de M.Barbery G.B Edwards : Sarnia, par N.M L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon Battement d’ailes de M.Agus par M.A.P.et par N.M. Mal de pierres de Milena Agus Blanquette de Laure Buisson Martha Grimes auteur à succès "L'anneau de Gygès"; d'après un passage de La république, de Platon D. Kennedy ; Les charmes discrets de la vie conjugale P. Labro, Tomber 7 fois, se relever 8 Fl. Zeller ; La fascination du pire par N.M. ou par M.A.P. Alison Lurie Ne le dites pas aux grands
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| à lire |
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, Beau Rôle de Nicolas Fargues ; coup de projecteur sur cet espoir de l'écriture de fiction, un des "bankable" du moment. |
Philippe Labro, Tomber sept fois, se relever huit, Folio, 2003, 244 pages.
« je ne sais pas ce que j’ai » est une phrase inexacte. Il faudrait dire : je ne sais pas ce que je suis. Comment je suis devenu cet éparpillement, cette réduction d’homme. J’ai du mal à comprendre comment cela a commencé. J’essaie de déterminer le moment où les choses se sont détériorées, mais je ne trouve pas » (page 28).
On connaissait Philippe Labro romancier, autobiographe, journaliste, un
homme talentueux dirait-on aujourd’hui. Célèbre
chroniqueur ayant fait ses preuves avec ses articles lapidaires chez
Vogue et au journal Le Point, il était il y a quelques
années le patron de RTL. Depuis puis lors bien des choses ont
changé. A vrai dire depuis sa dépression nerveuse
survenue alors qu’il était au plus haut, que tout lui
réussissait et que « tout allait bien ».
Tomber sept fois, se relever huit est le récit de cette fêlure, de ce « nervous break down »
disent si justement les anglo-saxons. Car c’est l’histoire
d’un homme cassé, brisé que livre
l’auteur et cela de la façon la plus intime et la plus
dépassionnée qui soit. Point de pathos mais un regard
lucide et sans complaisance sur ce désordre de
l’âme.
Bien
sûr le sujet n’est pas nouveau, loin s’en faut. Mais
Philippe Labro sait nous toucher. Ceux qui ont été
atteints par cette expérience s’y reconnaîtront et
ceux qui ne l’ont pas été seront sans doute plus
indulgents et humains après avoir lu ce livre.
L’auteur décrit les ravages de ce qu’il appelle
« la broyeuse », les manifestations cliniques,
les tentatives de guérison, les démarches vaines
auprès de spécialistes parfois dépassés,
les traitements et leurs effets secondaires et enfin la reconstruction
et la restauration d’une estime de soi jusqu’alors
disparue.
C’est un livre intimiste, c’est un témoignage qui ne
peut laisser indifférent.
Bastia le 3/08/08
Nathalie Malpelli
