Anna Gavalda

Certains l'ignorent, comme si elle produisait une sous-littérature, ou la dénigrent, souvent sans même l'avoir lue, parce qu'elle a du succès et que cela finit par devenir suspect ; mais bien d'autres la suivent et la remercient d'être là pour eux ; les jeunes notamment qui ne trouvaient plus de "livre déclic", celui qui leur donnerait, comme jadis pour leurs parents les romans de Troyat*ou de Françoise Sagan, le goût de se plonger impatient dans un texte. Avec Ensemble c'est tout, roman où les voix s'entremêlent, elle a réussi à réconcilier de nombreuses générations .
Quant à ses autres livres, ils sont différents donc déroutants* mais trouveront, chacun en son temps, leur public.
Sa dernière parution partage la critique, c'est La Consolante.*

mf BC (mai 08 )

*souvenons-nous de Les dames de Sibérie
*recueil de nouvelles j'aimerais que quelqu'un m'attende quelque part ou récit d'un loupé sentimental avec je l'aimais
*paru en 2008 ; vous pouvez donner votre avis ici ou sur le forum

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Lu, d’Alison Lurie, un essai sur la littérature enfantine intitulé Ne le dites pas aux grands  (1e édition 1990 : Don’t tell the Grown-ups)
Rivages poche ; Bibliothèque étrangère. Traduit de l’anglais par M.Chassagnol


Alison Lurie : née en 1926, américaine, professeur de littérature ; devint célèbre avec son roman Liaisons étrangères (Prix Pulitzer 1985) ; a reçu le Prix Femina Etranger pour La vérité sur Lorin Jones(1989) . Son dernier roman publié chez Rivages est Un été à Key west (1998).


Ouvrage structuré en 16 parties dont la plupart sont consacrées aux contes et légendes traditionnels, d’autres à l’œuvre de J.R.R. Tolkien ou de T.H. White, d’autres encore aux personnages populaires de Winnie l’Ourson ou de Peter Rabbit, de Beatrix potter.
Dès le premier chapitre, avec « la littérature enfantine subversive », l’auteur  invite à réfléchir aux significations des mots des enfants ; quelles sont les bribes de chansons retenues ? Pourquoi celles-ci leur plaisent-elles davantage ? Les associations contenues, si on y prête l’oreille, peuvent paraître cruelles ou révoltées, élevant « cette tribu étrange », celle des enfants, en chantre libertaire (contre l’ordre établi et donc les valeurs partagées). L’auteur propose par exemple des extraits de rengaines mille fois entendues et qui, selon lui, pour les enfants,  sont l’équivalent du « Temps des cerises » des canuts ; ainsi le comique et effrayant :
« Maman a eu un bébé
C’est un garçon, tout beau, tout blond,
Papa est très fâché.
Enveloppez-le dans du papier,
Jetez-le dans les cabinets. »

Pensons à notre fameux:

Florian Zeller,

La fascination du pire
Par N. M., juillet 2008

            Comment parler d’un livre que l’on n’a pas aimé ? Difficile. D’autant que le bouquin de Zeller n’est pas à proprement un « mauvais livre ». Disons qu’on accroche difficilement à son histoire. Car parlons de l’histoire. Y en a t-il vraiment une ? C’est la narration à la première personne qui nous plonge dans un Caire contemporain qui pour ma part m’a peu fascinée. Amateur de Flaubert, Zeller se sert de la fiction comme d’une plate-forme politique et idéologique. Ce qu’il nous dit, ce qu’il pense est finalement banal et peu intéressant pour le lecteur. Très précis quant à ses références et utilisant un style alerte, Zeller a sans doute réussi à m’ennuyer contrairement à un Flaubert ( un modèle, semble t’il,  pour lui) qui par la représentation du quotidien pointait du doigt la vacuité humaine. On est loin ici de tout cela. Quant au dénouement, il est en queue de poisson et très décevant.
           

Pour moi La fascination du pire est disons-le l’illustration de ce que je n’aime pas en littérature et surtout la preuve flagrante qu’un prix littéraire n’est pas nécessairement un bon livre.

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« L’avion… ça fait lever les yeux…»
Ou encore « Vive la liberté » en fin de chanson sur le roi des Allemands (cf p.17)
Tout cela est raconté avec humour, toujours illustré par la référence à des personnages d’œuvres très célèbres, Cendrillon, Alice au pays des Merveilles,  Mary Poppins ou Le petit Lord Fauntleroy, (« fantasme qui est celui de presque tous les enfants » p.180), clarifiant le propos. Cet ouvrage intéresse parents, enseignants, psychologues, ethnologues, … et tous les lecteurs curieux de redécouvrir avec un état d’esprit différent les plus belles pages de l’enfance.
Pierre-François M. , Alesani Août 08 sommaire



Auteurs/oeuvres traités

L'élégance du hérisson de M.Barbery

G.B Edwards : Sarnia, par N.M

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

Battement d’ailes de M.Agus par M.A.P.et par N.M.

Mal de pierres de Milena Agus

Blanquette de Laure Buisson

Martha Grimes auteur à succès

barbara pym

Anna Gavalda

"L'anneau de Gygès"; d'après un passage de La république, de Platon

D. Kennedy ; Les charmes discrets de la vie conjugale

P. Labro, Tomber 7 fois, se relever 8

Fl. Zeller ; La fascination du pire par N.M. ou par M.A.P.

Alison Lurie Ne le dites pas aux grands


à lire

, Beau Rôle de Nicolas Fargues ; coup de projecteur sur cet espoir de l'écriture de fiction, un des "bankable" du moment.

 

auteurs

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

 

 

Philippe Labro, Tomber sept fois, se relever huit, Folio, 2003, 244 pages.

« je ne sais pas ce que j’ai » est une phrase inexacte. Il faudrait dire : je ne sais pas ce que je suis. Comment je suis devenu cet éparpillement, cette réduction d’homme. J’ai du mal à comprendre comment cela a commencé. J’essaie de déterminer le moment où les choses se sont détériorées, mais je ne trouve pas » (page 28).

            On connaissait Philippe Labro romancier, autobiographe, journaliste, un homme talentueux dirait-on aujourd’hui. Célèbre chroniqueur ayant fait ses preuves avec ses articles lapidaires chez Vogue et au journal Le Point, il était il y a quelques années le patron de RTL. Depuis puis lors bien des choses ont changé. A vrai dire depuis sa dépression nerveuse survenue alors qu’il était au plus haut, que tout lui réussissait et que « tout allait bien ».
            Tomber sept fois, se relever huit est le récit de cette fêlure, de ce « nervous break down » disent si justement les anglo-saxons. Car c’est l’histoire d’un homme cassé, brisé que  livre l’auteur et cela de la façon la plus intime et la plus dépassionnée qui soit. Point de pathos mais un regard lucide et sans complaisance sur ce désordre de l’âme.
            Bien sûr le sujet n’est pas nouveau, loin s’en faut. Mais Philippe Labro sait nous toucher. Ceux qui ont été atteints par cette expérience s’y reconnaîtront et ceux qui ne l’ont pas été seront sans doute plus indulgents et humains après avoir lu ce livre.
            L’auteur décrit les ravages de ce qu’il appelle « la broyeuse », les manifestations cliniques, les tentatives de guérison, les démarches vaines auprès de spécialistes parfois dépassés, les traitements et leurs effets secondaires et enfin la reconstruction et la restauration d’une estime de soi jusqu’alors disparue.
            C’est un livre intimiste, c’est un témoignage qui ne peut laisser indifférent.

                        Bastia le 3/08/08
                        Nathalie Malpelli

 

 

 

 

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