
Sarnia,
de
G.B Edwards
éditions Points, 635 pages, traduit de l’anglais par Janine Hérisson.
"Il est dit dans la Bible : « Regarde la pierre dans laquelle tu as été sculpté et le puits dont tu fus extrait. » Eh, bien, ces gens sont la pierre dans laquelle j’ai été sculpté et le puits dont j’ai été extrait. Je n’ai pas parlé de mes cousins, et des cousins de mes cousins ; mais, de toute façon, la moitié des gens de l’île sont mes cousins, et les cousins de mes cousins."
Sarnia est le surnom donné à l’île de Guernessey. Ebenezer Le Page y est né et il y vivra toute sa vie. Alors quoi d’intéressant de la part de cet insulaire solitaire, un brin acariâtre et carrément misogyne ? Sans doute sa capacité à saisir l’insaisissable, à dire l’indicible puisqu’il est le narrateur de ce roman, un observateur incroyablement lucide qui nous livre une peinture au vitriol de cette île où, décidément, il s’en passe des choses.
Ce qui est extraordinaire dans ce roman, c’est que l’on passe du rire aux larmes, c’est que le tragique côtoie le burlesque. Mais Edwards n’a pas son pareil pour donner à voir une microsociété repliée sur elle-même, bourrée de paradoxes mais si attachante par certains côtés. Les personnages sont pittoresques, les histoires truculentes, les parcours étonnants. Tout cela fait de ce livre, passé inaperçu lors de sa parution, un roman comme on aimerait en croiser plus souvent.
Un beau moment de lecture…
Nathalie Malpelli, 29/07/08