SAKURA, Les Fleurs de l’éphémère

Un roman de Brigitte Lascombe

Éditions Sudarènes

 

Ici, on vous parlera de mères et de filles, d’amoureuses, d’amants, de bonzaï et de gourmandises.
Là, de déambulations, d’évasions, de paradis et d’enfer, de Tokyo et de Saint-Paul de Vence… de rêves et de réalités… de bouteille à la mer… du lac Ashi…
Brigitte Lascombe est un auteur sensible à l’écriture fine et élégante qui dépose, comme un oiseau sur une branche, un haïku à l’orée de chaque chapitre…
Ce roman, comme un arbre avec une multitude de branches qui se rejoignent sur un même tronc. Ce tronc comme un monde qui nous confie ses doutes, ses amours, ses déceptions, ses deuils, ses espérances, ses gloires et ses turpitudes…
Il s’agit donc de voix multiples qui s’expriment chacune avec sa propre résonance : Kisuki, le fervent, jeune critique gastronomique nippon ; Pauline, l’exaltée, qui fuit sa mère et un amour compliqué ; Midori, la pudique, élégante et lointaine geisha qui découvre qu’elle peut succomber à la passion ; Mamounette, la fragile qui ne guérit pas de sa fille… Ils tanguent entre France et Japon, croisent un Pierrot Gourmand au sourire débonnaire, un fumeur de havanes en costume d’alpaga… et le souvenir ému de Kawabata.
Peut-on être maître de son destin, de ses émotions ? C’est ce que semble nous suggérer l’auteur. « Sakura » désigne au Japon les fragiles fleurs de cerisier… Comment supporter nos faiblesses, comment en faire des forces qui nous élèvent ?
Un roman-poème qui soigne nos failles…
Paru aux Éditions Sudarènes, toute jeune maison fréjusienne.
(http://www.sudarenes.com/ecrivain_9.htm)

Cécile Gros

EXTRAITS (pour vous donner l’envie !)

« Le miel de l’enfance
Se butine au fil des jours.
Douceur du cocon. »

« L'étoffe blanche enrobant ses épaules laisse entrevoir ça et là quelques parcelles de peau nue. Peau claire, signe de distinction. Peau délicate et parfumée. Elle joue de son éventail. Peau d'ange. L'ange gaine ses jambes de soie. Edo, la séductrice. Edo la femme enfant aux rêves futuristes prend des poses lascives. Son regard innocent ancré sur le passé semble plus lourd et me trouble plus que de raison. Impudique, elle soulève les pans de son kimono broché. Je sursaute, piqué à vif. Je me penche. Mon doigt effleure sa nuque élancée, frôle son cou de cygne. Je défais la large obi qui enserre sa taille. Mon visage s'approche, impatient. Son chignon complexe se déroule. Mèches folles, cheveux épars qui faseyent comme une immense voile sous les baisers froids du petit jour. Elle prend peur soudain. Elle se dérobe. Elle fuit et je crains la perdre.
  – Je suis Tokyo me lance-t-elle haletante, laisse-moi. Tu n'es qu'un voleur d'âme.
Elle court. Elle pleure. Elle cache son corps sous un rideau de pluie. Elle foule par inadvertance les pétales duveteux d'avril. Les yeux voilés de poussières d'étoiles, la chevelure piquée d'iris, elle enjambe les rives de la Sumida pour rejoindre l'ailleurs.
Tokyo cosmopolite, un peu Paris, un peu New York, se colore et se farde. Etrange patchwork! Ses quartiers s'imbriquent comme les pièces d'un puzzle. Ses tours pointent jusqu'à toucher le ciel du doigt pour partir sur orbite. »

 

 

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