MARILYN ET JFK
François Forestier
éditions Albin Michel, 285 pages.
On avait tout dit sur Marilyn Monroe et John Kennedy. Enfin, presque tout. Leur liaison, même si elle a été souvent évoquée, n’a jamais fait l’objet d’un livre. L’oubli est réparé par ce journaliste du Nouvel Observateur François Forestier qui s’était déjà intéressé à une autre figure américaine : le troublant Howard Hugues.
L’histoire des Kennedy relève à présent du mythe et il est vrai que chaque moment de leur existence, chaque épisode devient événementiel. Les Kennedy ont cristallisé le rêve américain. Il manquait une famille royale à ce peuple. Qu’à cela ne tienne, ces irlandais feront merveille dans ce rôle. Sourire hollywoodien, stature imposante, teint hâlé, ajoutez à cela de l’argent, beaucoup d’argent, le goût du pouvoir et des belles femmes. Et l’histoire est en marche !
Mais derrière ce Camelot, derrière ces visages idylliques se cache une réalité pas très jolie à voir. Les hommes de pouvoir établissent avec le monde des relations souvent basées sur la possession, la domination. Les Kennedy n’échappent pas à la règle du jeu. D’ailleurs à ce jeu, ils sont diablement doués. En cela ils ont eu un modèle hors pair en la personne du patriarche Joe Kennedy. L’ouvrage de François Forestier fouille ces coulisses : le portrait est cru, abrupt. Les frères Kennedy sont décrits sans fards. L’ascension de JFK, sa collaboration avec son frère Robert, ses relations avec les femmes (ô combien nombreuses !) sont restituées comme dans un polar. D’ailleurs il s’agit d’un livre noir.
De concert, François Forestier retrace le parcours d’un autre mythe : Miss Monroe. Incroyable personnage. Norman Mailer avait fait sur l’actrice une biographie magnifique accompagnée d’additifs iconographiques superbes. Ici, ce qui a essentiellement intéressé le journaliste c’est l’aspect sombre de Marilyn obsédée elle aussi par le pouvoir. Le quotidien de la star n’est guère reluisant : démerol, phénobarbital, amphétamines, pilules pour dormir, pour maigrir. Bref, Marilyn est une véritable bombe à retardement. Forestier nous mène avec un art consommé du récit jusqu’à cette nuit fatale d’août où l’actrice sera emportée par une overdose.
Que se passe t-il lorsqu’un mythe rencontre un autre mythe? Une histoire monstrueuse sans doute. Durant six ans JFK et Marilyn vont entretenir une relation suivie. Etait-ce seulement le sexe ? Possible mais difficile d’être catégorique. Marilyn rêvait d’être une first lady ce qui aurait été une incroyable consécration alors qu’elle approchait la quarantaine. Quant à JFK…
L’enquête de François Forestier se lit très vite. Le bonhomme écrit bien. La Bibliographie atteste le sérieux de son travail. J’ai aimé parce que tout ce qui touche à ces deux personnages m’a toujours fascinée.
Est-ce que Forestier tue le mythe ? Non, paradoxalement il l’entretient… mais bon cela ça reste une autre histoire…
Nathalie Malpelli le 12 JANVIER 2009