
La course au mouton sauvage
de Haruki Murakami
J’ai découvert « La course au mouton sauvage » de Haruki Murakami après avoir lu ses autres romans et après en être toujours sortie radieuse , rêveuse et nostalgique…
C’est en fait l’un de ses premiers livres, paru en 1982 au Japon, traduit en français en 90 ; on le trouve aux éditions du Seuil, en poche (collection « Points »). Dès le début toujours le même charme, un style reconnaissable, des évocations chères de livres, de disques, le respect amoureux quand il est question de femmes aimées, même des ex. Et puis des situations communes à tous racontées avec humour par un homme encore jeune (une grande trentaine), concepteur de campagnes publicitaires, qui s’ennuie entre deux étapes de son existence dans un Tokyo qui ressemble fort à New York ; jeune divorcé, il zone, il traîne, apprenant à vivre seul, buvant pas mal, méditant aussi : s’ensuivent de curieuses et terribles digressions sur le temps et la subjectivité ou plutôt l’arbitraire de sa mesure , réflexion introduite à la page 96 avec humour, par « Parlons de choses concrètes. » !
Son rapport à son chat, vieux et pas très attirant, m’a beaucoup amusée ; et des chats il y en a dans pratiquement tous ses livres, non, comme de la musique ?
Donc ce publiciste a choisi d’utiliser une photo même pas très belle trouvée au fond de l’un de ses tiroirs où elle traînait depuis qu’il l’avait reçue de l’un de ses amis perdus de vue surnommé « Le Rat », un original toujours en fuite ; elle représente des moutons dans un champ et va attirer l’attention d’un grand homme omnipotent et de son bras droit sur notre petit directeur d’agence et son associé ! La photo est si banale qu’ils ne comprennent pas qu’on leur interdise de la publier et qu’on stoppe la campagne…Peu à peu on apprend que l’un des moutons porte une étoile sur le dos, ne se trouve pas au Japon et n’existe pas ; puis que ce mouton est récurrent, qu’il faut le ramener pour sauver sa peau…Eh oui, c’est un mouton à part : il prend la maîtrise des consciences, il faut le localiser, vite. Notre personnage, aidé par sa compagne du moment qui semble devoir son charme extraordinaire à ses oreilles (!) va remonter vers les cimes, au sein de la nature, sur les pas du Rat , rencontrerer un homme mouton et finalement comprendre ce que le lecteur veut bien admettre avec lui
A lire, encore plus vite si on a aimé « Kafka sur le rivage »
MF Bereni Canazzi janvier 2011
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