NOCES DE SANG, Federico Garcia LORCA


Une noce se prépare dans un village : la « fiancée » (on ne saura jamais son nom) est sur le point d’épouser un homme dont le frère et le père ont été tués par la famille d’un certain Léonard Félix, premier fiancé de la future épousée. Ce sinistre présage pèse sur chaque protagoniste et l’on pressent immédiatement l’issue tragique : Léonard, pourtant marié et père d’un jeune garçon, et la fiancée ne pourront faire taire leur passion…

Je devais avoir 18 ans lorsque j’ai lu Noces de Sang pour la première fois. J’avais adoré cette pièce, je me souvenais avoir été profondément bouleversée. Aujourd’hui ce n’est plus le cas : j’ai été déçue par la grandiloquence des deux personnages principaux que j’ai parfois trouvé stéréotypés : je n’ai pas eu l’impression de « toucher à l’humain ». Pourtant j’aime la tragédie antique, la tragédie racinienne et leurs personnages aux passions exacerbées : mais si ces derniers me sont proches par une magie théâtrale que je ne saurais définir précisément, les personnages de Noces de sang me sont toujours restés « étrangers ». Les nombreux passages poétiques ne m’ont pas émue, les interventions de la Lune et de la Mort à la fin de la pièce m’ont semblé artificielles. La quatrième de couverture définit ainsi la pièce : « malheureusement le triomphe de cette pièce a obscurci tout le reste de l’œuvre de Lorca, en associant durablement pour la majorité son image à celle d’un auteur exclusivement andalou, folklorique. Non qu’elle manque de beauté : noble architecture, scènes admirables, mais elle trahit une excessive volonté de flatter le goût du public par sa frénésie déclamatoire et son lyrisme facile » ; je ne peux qu’approuver et je le regrette…

BénédicteSavelli

 

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