
Les déferlantes
De Claudie Gallay
Editions du Rouergue, Collection La brune, 2008
Ce titre pas forcément tentant revenait souvent dans les media et quand une amie qui venait de le finir a proposé de me le prêter, j’ai eu envie de lire cet assez gros roman (plus de 500 pages)à la couverture sobre, publié dans une maison d’édition et une collection que j’aime bien, Rouergue, La Brune.
L’histoire se passe au bout des terres, dans un village perché au dessus des vagues ; une femme, ex professeur de sciences désireuse de changer de vie, très seule, est venue y vivre quelques temps ; elle a accepté une mission d’étude des oiseaux locaux ou de passage mais cherche en fait à rompre avec un passé très douloureux.
A La Hague, dans l’appartement inconfortable qu’elle loue dans la maison au nom étrange « la Griffue », elle vit l’âpre quotidien de ceux qui aiment et craignent la mer, partage les silences éloquents, découvre les querelles muettes et entend les angoisses des pêcheurs, tous solidaires sur ce qui ressemble fort à un gros rocher dans l’eau.
Ce séjour dans cette région de pluie, de froid, de vent… est marqué par la présence d’individus hors du commun ou rendus tels par la force de l’écriture qui mêle de façon plaisante divers discours pour rapporter les paroles sans guillemets et nous en apprend (en restituant simplement mais toujours justement ) tant sur chaque personnalité !
Raphael est sculpteur, génial car il puise son inspiration dans les personnages typiques et cependant universels que sont « la couturière des morts », « les suppliantes »…qui vivent, évoluent autour de la narratrice (dont on ignore jusqu’au prénom sans que cela soit gênant). La sœur de Raphael, femme enfant dans la séduction, Lili, la Vieille, Cigogne, Théo, Max et Lambert… Comme on s’attache à ces êtres que l’encre et le papier ont su étoffer et faire vivre véritablement !
Sur cette terre fouettée, le passé et le présent se rejoignent : les drames de La Hague et leurs conséquences indélébiles sur les survivants vont amener notre ornithologue blessée à appréhender autrement son propre malheur et à se tourner vers un avenir, sans doute moins solitaire. Des jouets et des photos cachés refont surface, on croit revoir le visage d’un enfant disparu en mer un soir de tempête…et Lambert est mystérieux et attachant, malgré tout.
Vous l’aurez compris ; j’ai aimé ce livre que j’ai parcouru d’une traite, passant par toute la gamme des émotions. Je vous en recommande la lecture.
MF BC
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