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« Le magasin des suicides » :
de Jean Teulé
voilà un titre bien étrange, voire macabre.
Or, il s’agit d’un petit roman très facile à lire, drôle, empreint d’un sacré humour noir et qui au final laisse le goût d’une jolie histoire.
Un roman à la façon d’in conte moraliste pour nous dire que même dans les situations les plus désespérées, il faut continuer à croire en l’amour et en la vie.
L’époque où cette histoire se déroule n’est pas précisée mais elle se situe bien au-delà du 21e siècle.
La période est sinistre. Entre les pluies acides, les explosions terroristes, les virus en tous genres, plus rien ne va et le moral de tous est en conséquence. Les gens sont tristes, désespérés au point de recourir au suicide, pratique fréquente et légalisée.
Et c’est là que la famille Tuvache intervient puisque c’est elle qui tient le magasin des suicides. Il s’agit d’une affaire familiale active depuis plusieurs générations, située dans une ancienne église ou mosquée (on ne sait plus) et coincée entre les tours de la cité des religions oubliées. Son enseigne est parlante : « vous avez raté votre vie. Avec nous, vous réussirez votre mort ».
Le ton est donné !
Cette famille Tuvache est composée du père Mishima, de Lucrèce la mère, de Marilyn la fille, de Vincent le fils et du petit dernier Alan, né par accident.
Si les quatre premiers s’emploient à satisfaire au mieux leurs clients et ont des caractères et des comportements qui collent à leur fonction, il n’en va pas de même pour Alan qui est le désespoir de ses parents.
C’est un enfant joyeux, il chante, dessine des soleils. Il est optimiste et ne voit que le bon coté des choses.
Et petit à petit, au grand dam des siens, il va leur transmette sa joie de vivre et réussir sa mission, les transformer. Il va leur permettre de passer de l’ombre à la lumière.
La fin du roman est quelque peu déconcertante, aussi je n’en dirai pas plus.
Bravo à l’auteur Jean Teulé, d’abord homme de télévision (L’assiette anglaise, Nulle part ailleurs) pour l’originalité de ce roman.
Il a su transformer tout ce qui avait trait au suicide (évocations des moyens mis en œuvre, référence aux suicidés célèbres) en situations cocasses.
Il réussit à aborder un thème souvent tabou, dramatique et sombre de manière humoristique, enlevée et malgré tout optimiste.
Monique Mondoloni