Le bar à tisanes

d'Anne-Xavier Albertini

Editions materia scritta

je suis encore sous le charme de ce roman vrai ; il n'est pas long, mais est dense et je vous garantis que dès qu'on l'a commencé, on ne le lâche plus ; dès le début, les dialogues font vrai et on comprend qu'on a affaire à des personnages tels qu'on en connaît tous, des passionnés, des solitaires, des loosers ou des caricatures de corses du continent, comme on dit ou encore des gens du coin, prêts à aider. Le lien avec l'île, même quand ils sont loin, est fort et c'est d'elle qu'on parle, associée ici à la figure maternelle, celle de la mère de Julien, Béate (le choix du prénom !)



Julien est avec Nina, la jeune psychiatre fraîchement débarquée, le protagoniste de l'aventure : un flemmard, un indécis vélléitaire plutôt démotivé, découragé. Son oncle lui indique la marche à suivre pour se sentir à nouveau vivant : regagner la terre corse, s'y retrouver, s'y refaire en travaillant avec ce qui lui reste, son héritage, un petit café de village fermé depuis de longues années. Mais comme sa mère a posé comme condition qu'il ne serve pas d'alcool, son bar sera « à tisane »...C'est l'échappatoire mais c'est aussi une remise sous tutelle et le jeune homme n'en veut pas ; pourtant il embarque


j'ai adoré : l'écriture est vive, fraîche, l'enthousiasme, le goût pour le bonheur y étant sensibles. C'est un mélange de passages narratifs et de dialogues et ça m'a convenu ; j'ai beaucoup ri et certains passages sont si comiques que je les ai lus aux copains. Je pense à la description d'Auguste l'ivrogne qui croit avoir fait du tort à sa femme avec sa tronçonneuse et s'excuse « j'étais lancé », tête en sang après avoir essayé de casser la porte avec son crâne

Le couple formé par la cousine de Josefa, l'oncle si amusant, l'histoire d'amour Nina/julien, les discours des malades et du personnel soignant de cette clinique du cap Corse, le grand coeur blessé de Marcelle, j'ai tout gobé ; les charbonnières, le détenu évadé, les voitures volées,...quelle richesse, quelle puissance imaginative! Et quand le père de germaine réclame ses Valda pour cacher l'odeur du pastis bu en cachette, on se dit que bien des éléments de ce texte sont faits de la vie de l'auteur et de nos vies à tous.

A lire absolument !


Julie casanova (août 2009)

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