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Marie ferranti : La princesse de Mantoue


Pour son roman intitulé « la princesse de Mantoue » paru en 2002, Marie Ferranti a obtenu le prestigieux Prix de l’Académie Française ; elle raconte la vie de Barbara de Brandebourg, une fillette de 10 ans qui est livrée depuis son Allemagne natale à la cour de Mantoue, en Italie, où on célèbre son mariage avec le jeune Louis, fils ainé d’une riche famille qui règne sur la ville, les Gonzague/Malatesta. Elle a tout à apprendre et pendant la longue absence de son époux, jeune homme sans envergure qui mû par on ne sait quelle recherche est parti faire la guerre, elle comprend ce qu’on attend d’elle et s’adapte plutôt bien. Au retour de Louis, transformé par l’expérience et devenu un homme important , elle connaitra la vie maritale, deviendra mère à plusieurs reprises et agira toujours en éminence grise pour influer sur la politique locale. Certains de ses enfants manifestant une tendance à devenir bossus comme certains membres de la famille de Louis, Barbara va du coin de l’œil surveiller le plat de leur dos pour se détacher d’eux à la moindre gibbosité naissante…La description de Madame Malatesta , sa belle mère, venue lui rendre visite à l’occasion d’une naissance, toute recroquevillée, est pathétique ! Barbara ne peut cacher sa phobie de la « monstruosité » héréditaire des siens et lorsqu’elle refuse un geste d’affection à l’une de ses filles, exilée par un mariage funeste, on peut se dire son cœur est sec.

L’histoire de cette femme privilégiée dans l’Italie de la Renaissance nous est racontée à partir de l’observation du portrait fait par le peintre A.Mantegna qui a représenté les époux dans la chambre qui leur est réservée au palais, la camera degli sposi . Elle a déjà alors un certain âge et son visage, dont certains traits sont particuliers, restitue étrangeté, force et froideur. On en apprend beaucoup sur son fonctionnement grâce aux lettres échangées avec l’une de ses cousines …

A la fin de ce document historique /roman, on est surpris car l’auteure s’est amusée à nous jouer des tours et ne veut pas nous laisser, nous qui n’avons pas assez connaissance de l’histoire pour sortir seuls du labyrinthe, perdus, dans l’erreur. Mais c'est encore à nous, mis sur la voie, de trouver la sortie !

L’imagination est-elle sublimée par l’art ? Sans doute !

S’il fallait véritablement comparer ce livre à un autre, on serait fort ennuyé ; tout au plus pourrait-on évoquer la « Marie-Antoinette «  de Stefan Zweig : elle aussi enfant fut mariée et dut réapprendre jusqu’à la façon de rire, loin des siens, ne parlant pas la langue de sa nouvelle famille ! Mais Zweig avec sympathie en fait une enfant perdue dans un monde sans pitié, qui faute de repères, brûlera sa vie, soumise à ses désirs, alors que la Barbara de Marie Ferranti s’adapte et devient redoutable

Dans La princesse de Mantoue le style, les références, le travail de la fiction et la fiction à l’œuvre sont à admirer. On trouve à présent ce court roman en format de poche et il ne faut pas s'en priver.

 


L. Leandri mars 2010

 



 

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