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L’AINE DES ORPHELINS de Tierno Monénembo Guinéen,
Tierno Monénembo est l’un des romanciers africains majeurs de langue française. Il a obtenu le prix Renaudot 2008 pour le Roi de Kahel.
L’aîné des orphelins est l’histoire de Faustin, jeune adolescent de 15 ans, condamné à mort pour meurtre et qui attend son exécution dans une prison de Kigali.
Les souvenirs des cinq dernières années qui ont suivi le génocide lui reviennent. Souvenirs si douloureux qu’il doit faire de efforts surhumains pour que sa mémoire se rappelle « les fameux avénements ».
Faustin est un rescapé du massacre des Tutsis. Pourtant cette guerre, ses parents ne l’ont pas comprise (mère Tutsi et père Hutu) et surtout ils ne l’ont pas vu venir malgré des signes avant coureurs qui n’étaient pas trompeurs.Dans son récit, Faustin nous dit comment il a pu continuer à vivre sans ses parents, d’abord dans un orphelinat, puis ensuite ayant retrouvé ses frères et sœurs, parmi d’autres enfants comme lui seuls et livrés à eux-mêmes.
Il dit sans détours et remords leur survie faite de petits boulots, de vols, de mendicité, de drogue ou de prostitution. Il se moque des journalistes, des ONG et des étrangers qui exploitent le sensationnel. C’est avec cynisme qu’il constate que cette guerre civile lui a volé son enfance et le bonheur qu’il connaissait auprès de ses parents dont ils ne restent plus que leurs crânes entassés avec les autres….
Devenu adulte avant l’heure, faute de repères, Faustin n’a plus d’illusions. Fataliste mais aussi provocateur, il accepte presque naturellement sa condamnation.
Tierno Monénembo en choisissant Faustin comme témoin réussit un récit dur, poignant, qui démontre l’inhumanité de toute guerre et plus particulièrement des guerres civiles dont les traces restent profondes et souvent inguérissables.
Monique Mondoloni oct 09