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La femme égarée

de Tom Winton(1994) Traduit de l'anglais
Rivages poche/Bibliothèque étrangère
449 pages



Scully travaille dur ; l'homme en a toujours bavé et il n'en revient pas de son bonheur actuel, lui qui n'est pas beau, qu'on juge souvent et selon lui à juste titre inculte et balourd, formé à tout et à rien. Cet éternel manoeuvre qui, parti d'Australie va suer dans toutes les villes d'Europe où il va faire halte sans cesser de sourire, travaille à rendre habitable la petite maison de la campagne irlandaise devant laquelle sa belle épouse déclassée, Jennifer, a décidé que là serait leur foyer, Elle est repartie avec Billie, leur fillette de 8 ans, si espiègle, vendre leur maison pour revenir, les travaux avancés, dans ce qui lui apparaît comme l'endroit des ses rêves, ce qu'elle cherchait. Elle est enceinte et Scully se bat dans le froid, sous la pluie, chassant la pourriture, l'humidité de la bicoque, seul comme un chien durant des mois, nostalgique de sa petite famille et prêt à des efforts surhumains qui lui valent l'amitié d'un gars du coin, sa seule compagnie,

Les rares nouvelles de sa femme traitent de la vente en cours ; puis annoncent leur arrivée quelques jours avant Noël, que Scully imagine flamboyant, heureux : il redouble d'efforts et leur maison est « finie » lorsqu'il se rend à l'aéroport et les attend fébrile. Malheureusement seule leur fillette, Billie, est là, incapable d'expliquer pourquoi sa maman, enceinte, l'a quittée lors d'une escale et lui a laissé finir seule et à jamais blessée ce voyage. Scully, fou d'inquiétude, de souffrance, cherche à comprendre : il ne peut en rester là et décide d'emporter ses maigres économies pour refaire à l'envers le parcours fait avec sa femme, la cherchant partout sur les lieux de leur itinéraire passé et se perdant, paumé, touché à mort, seulement guidé par son amour pour jennifer et Billie qui, pendue à ses basques, l'aide à ne pas en crever.

Une quête donc, avec mystère et suspense : qu'est-il arrivé à cette jeune femme assoiffée d'absolu, qui a détourné la somme de la vente de leur bien à son profit, qui a été vue en compagnie d'une autre belle femme dans un grand hôtel, qui semble ne plus savoir qu'elle a une fille... Et qu'est devenu le bébé qu'elle portait ? L'inquiétude de Scully est légitime et devient la nôtre.

Très beau texte, souvent poignant qui nous emmène loin, là où toutes les douleurs sont avouables et comprises.


MF BC, août 2009