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A propos de La Caverne des idées
de J.-C. Somoza, un auteur espagnol ; éditions Babel Actes Sud



Un polar antique ? c'est qu'au début et sur la quatrième de couverture, il est question d'un éphèbe retrouvé mort et qu'assez vite apparaît l'Hercule Poirot de l'époque, Heracles Pontor, déchiffreur d'énigmes, traduisons "détective". Mais c'est plus que cela :
d'abord la construction : l'auteur imagine que les notes du traducteur (parfois des pages entières) fassent elles-mêmes partie de l'oeuvre puisque parallèlement à l'intrigue, nous suivons le travail du traducteur, réfléchissons avec lui au sens caché qui mène une histoire à sa fin, aux images et à leur valeur...Le traducteur se lasse parfois et d'autres fois, enthousiaste, souligne des mots, des idées pour étayer sa thèse d'une démarche éidétique.
Ensuite le personnage d'Héracles qui ne croit rien a priori : moderne car plus libre que la plupart de ses concitoyens, il est cependant un peu trop prude, ce que lui reprochent quelques personnages qui le voient trop penser ! Il est gros, obèse...Il avale tout au long du roman une grande quantité de figues et est capable de longuement disserter sur cette douceur. Veuf il vit seul avec une servante dont il a eu pitié...
De plus c'est la Grèce antique, l'époque de l'Académie et on a le plaisir de re-connnaitre les grandes lignes de cette philosophie, d'entrevoir le maître, Platon lui-même ; tout dans son établissement scolaire doit porter les jeunes gens à la vertu, aux Idées...D'ailleurs leur professeur (mentor) Diagoras les connait bien, ces élèves, et il sait que leurs âmes sont des moins corruptibles...
Pourtant il doit faire appel à Héracles Pontor pour comprendre pourquoi ceux dont il a la charge trouvent la mort de façon violente...

le petit reproche que je ferais : il faut pour apprécier pleinement cette oeuvre être déjà instruit sur maintes choses telles que la philosophie antique, le théâtre d'Euripide, connaître Héraclite, Platon bien sûr et sa célèbre allégorie de la caverne, la religion, le culte de Dionysos, bref la civilisation grecque avec son respect pour les éphèbes, savoir goûter le charme des mises en abyme, des récits enchassés, aimer relire, revenir sur ce qu'on a lu...
De plus la description des corps des jeunes gens m'a paru longue, trop élogieuse...Elle en touchera d'autres, elle m'a un peu ennuyé

La fin du livre qui oppose donc deux conceptions du monde et de la vie est un peu décevante ; mais je suis heureux d'avoir eu ce livre entre les mains car je l'ai trouvé original et il m'a fait revenir à des notions oubliées, étant aussi bien histoire à énigme que réflexion sur l'écriture et sur la relativité des systèmes philosophiques"

H.Peretti


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