Juliet Naked
Nick Hornby

Un matin comme un autre, on se réveille et dans les ombres mouvantes du soleil naissant, l’absurdité de sa vie apparait, avec ses failles, sans manques, ses désirs inassouvis, ses renoncements. Dans Juliet Naked, un couple de raison, qui vient de passer quinze ans de résignation polie et bien élevée ensemble, dans une affreuse petite station balnéaire du sud de l’Angleterre, laquelle n’en finit plus de reconvoquer ses heures de gloire, sombrant dans les années soixante, se dissout à cause du prototype d’un chanteur quasi oublié. Pas par une bande de forcenés qui l’ont iconisé à l’instar d’un Elvis Presley de troisième ordre, et qui ne vivent que pour cultiver un souvenir d’autant plus exaltant qu’il s’avère complètement faux. L’individu en question est un aimable looser, un itinérant de l’amour, un père incompétent, un lâche pathologique, un bon à rien notoire. Ce qui est drôle c’est que son public lui ressemble, en pire ! Ainsi donc, lisant ce qu’on dit de lui sur le site qui lui est consacré, il va sortir de son silence pour répondre à la dame, pas au monsieur, qui est pourtant le fan officiel, ouvrant la première brèche dans cette terne vie de couple qui va voler en éclat sous nos yeux. C’est subtile, fin, léger, élégant, et tellement vrai. Pas de coup d’éclat, pas de transformation magique, rien que du possible, du vrai, du tendre. Un livre qu’on aime recommander.

Marie héléne Ferrari

 

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