
LES ORIGINES DE Christophe COLOMB
Albert Mattei
Série Histoire/Essai – Editions Anima Corsa. 175 pages.
La vie, l’œuvre et les origines de celui qui le 12 oct. 1492 fit son premier pas sur une terre qu’il croyait être celle des Indes, ont suscité les discussions, les interprétations, les interrogations les plus folles, les plus mystérieuses.
Au départ, l’auteur de ces travaux, A. Mattei, ne pensait pas qu’il en ferait un livre. Grand amoureux des recherches historiques, notamment sur les marins d’exceptions (n’oublions pas que A. Mattei est Cap corsin), il a travaillé durant cinq ans, comme il aime à le dire, pour son plaisir sur la vie de C. Colomb.
C’est tout à fait par hasard qu’il découvrira l’existence d’une lettre connue de C.C., qui, aux yeux de l’auteur, est un véritable pavé dans la mare, mettant à mal toutes les hypothèses des origines du grand navigateur.
Conscient de l’importance de cette découverte, et pour ne pas passer pour un imposteur, A.M. aura sans cesse à l’esprit et à cœur, dans cette œuvre, de respecter 3 notions fondamentales : le respect; - l’humilité; - la lucidité. Il a donc décidé d’avancer avec la plus grande prudence.
Rappel historique :
Plusieurs thèses sur l’origine de C.C. d’après les nombreuses études effectuées.
La thèse catalane, juive, corse et génoise.
La thèse génoise écrase les autres avec ses références historiques incontournables : l’existence de documents appelés »Raccolta colombiana » datant de 1429 à 1515. La plupart de ces documents sont des actes notariés et révèlent la condition sociale modeste d’un noyau familial portant le nom de Colombo étalé sur 3 générations (rien à voir avec un fameux inspecteur contemporain).
Cristoforo Colombo serait né en 1451. Il avait 3 frères et une sœur. La toute première trace de son nom apparaît dans un acte rédigé par un notaire en 1470 relatif à un règlement de dette. Il a alors 19 ans. Un autre document datant de 1479 indique qu’il doit partir pour Lisbonne.
Mais si la thèse génoise est universellement connue, un mystère subsiste. C.C. ne savait pas écrire l’italien mais l’espagnol. Ila rédigé sa colossale œuvre littéraire en espagnol. D’où les interrogations sur sa véritable origine.
Aucun document ne prouvant sa présence à Gènes avant 1470, il n’est pas impossible que son enfance se soit déroulée ailleurs, et donc peut-être aussi sa naissance, malgré la présence du père Domenico à Gènes.
Fondements de la thèse corse:
Donc ossature sur la thèse génoise mais gros point d’interrogation sur le fait qu’il ne parlait pas italien et qu’on ne sait rien de ses premières 15 années à Gènes. C’est surtout cela qui a poussé A. M. à faire d’autres recherches.
Il existe aussi une thèse corse bâtie sur une argumentation sérieuse :
- tradition multiséculaire orale affirmant que C.C. serait né à Calvi.
- Existence d’un réseau familial originaire de Calvi établi en Espagne.
- Existence dans la citadelle de Calvi d’une maison dite de C.C.
- Présence de chiens corses parmi les équipages de C.C.
- Mais le plus important est de constater par les défenseurs de la thèse corse que la famille Colombo qui apparaît dans les documents génois, n’a aucun rapport avec la famille d’un C.C. originaire de Corse. Donc on a à faire à deux thèses radicalement opposées.
Autres indices troublants :
- A une époque précédant les grands voyages, C.C. se faisait appeler Cristobal de Terra Rubra. Or, le nom d’un village de la commune de Cagnano est Terre Rosse.
- Toujours à Cagnano, une famille portait le nom de Cristofari qui pouvait bien avoir un rapport avec C.C.
-De plus, à l’époque, influence aragonaise très forte en Corse. D’où l’idée que C.C. ait pu apprendre le latin et l’Espagnol en Corse.
Sous la localité de Terre Rosse, se trouve un contexte historique et toponymique surprenant:
- Un lieu nommé Fontana. La mère de C.C. s’appelait Suzanna Fontanarossa.
-La colline au-dessus s’appelle Colombaja qui pouvait signifier un mieu où se prend les colombes mais aussi « la terre des Colombo ».
- Un autre lieu-dit cadastral, « San cristofinu ».
C.C. a été particulièrement prolixe dans le domaine épistolaire et littéraire. Grâce à ses lettres, son envergure intellectuelle et philosophique, son immense culture, sa pensée, sa vision de l’avenir et de sa foi chrétienne sont mis en évidence.
On a voulu y trouver un indice décisif susceptible de consolider l’hypothèse selon laquelle les racines de C.C. s’infiltrent dans la Corse profonde, à travers les branches familiales du Cap Corse.
Certaines de ses lettres, comme « la relation aux Rois », ou « la lettre à la nourrice », sont de véritables chefs-d’œuvre de littérature.
Après une longue lecture attentive de l’ensemble de l’œuvre de C.C., l’attention s’est soudain fixée sur une lettre dite « lettre à Ovando ».
C.C. a été naufragé à la Jamaïque pendant un an lors de son quatrième et dernier voyage. Pour organiser les secours, Fieschi et Mendez, deux proches de C.C. furent chargés d’aller avertir l’établissement espagnol de Santo Domingo qui avait à sa tête le gouverneur Ovando.
Ce dernier envoya en mission Diego de Escobar afin de s’assurer si C.C. était toujours en vie. Il était porteur d’une lettre du gouverneur Ovando dont on ne connaît pas le contenu.
Toutefois, on connaît parfaitement la réponse de C.C. au gouverneur, la fameuse « lettre à Ovando ». Elle fut écrite en février 1504.
On y apprend que C.C. est un parent de Bartoloméo Fieschi, une révélation déterminante car elle constitue la clé de voute de tous les indices intuitifs ou hypothétiques rassemblés jusqu’à ce jour.
C’est la preuve formelle qu’il est systématiquement parent aussi avec la famille de Mari et San Colombano, à cause des nombreux mariages entre ces deux familles.
D’où la conclusion que la thèse génoise et la thèse corse qui ont toujours été opposées entre-elles sont, en fait, complémentaires.
J’ai lu ce livre avec la plus grande attention. A. Mattei, a défaut de vérités historiques et de preuves indiscutables a su susciter mon intérêt en apportant la preuve d’une nouvelle thèse relative aux origines de C.C.
Je ne suis pas juge, ni à prendre parti. Mais je dois reconnaître qu’après une longue gestation où les indices, les déductions, les recoupements et les révélations se sont associés dans un ensemble cohérent, on est, grâce à cette lettre de C.C. en présence d’une éclosion d’une nouvelle thèse relative aux origines de C.C.
Cette thèse répond à certains problèmes majeurs restés sans solution :
- la question de la langue italienne ;
- la question des amiraux ;
- des frères Andréa et Giovan Antonio Colombo ;
- des familles corses impliquées dans la carrière des Indes ;
- des raisons qui ont poussé C.C. à cacher des origines et ses armes.
Finalement, il est heureux que C.C. ait laissé tant d’énigmes et de sources de réflexion. Puisque leurs rayonnements survolent les siècles, éclairent nos facultés, galvanisent nos mémoires, enrichissent nos esprits.
Le premier pas de C.C. sur la terre de l’Amérique (comme celui d’Amstrong sur la lune), ne cesse de nous faire rêver.
Raymond Mei août 2010


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