« SEUL CE QUI BRULE » de Christiane Singer. 

Petit roman inspiré de la 32ème nouvelle de l' Heptaméron de Marguerite de Navarre.

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Récit terrible,émouvant qui met en scène, sous le règne de Charles VIII, trois personnages  ( Sigismund d'Ehrenburg, Albe sa jeune épouse et le sieur de Bernage ) et débute comme un conte cruel .

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Dans sa première lettre , Sigismund raconte  ce qu'il a vécu : Son  coup de foudre pour Albe, une éblouissante jeune fille , qu'il épouse et avec laquelle il va  vivre un amour  réciproque ;

 Son  bonheur  rapidement compromis par  un sentiment qui se transforme en une passion exclusive,  qu' il ne maitrise plus jusqu'à en devenir , chose incroyable , jaloux de lui même !

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Sa folie les éloigne l' un de l' autre, et Albe, ne comprenant ce qui advient, cède par dépit  à son compagnon de jeux , un jeune page;

Surpris dans leurs ébats, ils vont tous deux être victimes de sa colère : il tue le jeune homme, laisse pourrir sa dépouille jusqu'à ce que le crâne du malheureux , poli  de toute chair,  soit monté en calice ; Albe, quant à elle,  sera séquestrée trois longues années dans la chambre de l' adultère, une pièce rendue aveugle et seulement ornée des ossements de son défunt amant ; tondue tous les trois jours , condamnée au silence et à la solitude , elle devra se prêter au rituel macabre de boire chaque soir dans la funeste coupe !

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Dans les lettres  suivantes , il analyse cette  furie possessive , le désordre dans lequel il est tombé, sa prise de conscience  ;   la dignité d' Albe , sa réserve et sa force à supporter le châtiment ; mais il rend aussi grâce au gentilhomme De Bernage d'avoir su briser  sa folie et sa haine ;

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J' ai aimé … parce que le sujet grave et violent de la passion qui déraille est traité par une plume délicate, sans misérabilisme aucun, ni pathétique pleurnichard  , parce que  l' effet cathartique joue avec notre sensibilité et notre imaginaire, parce que j' ai redécouvert le fameux recueil de nouvelles de Marguerite de Navarre …mais surtout parce que le récit  repose sur la conviction éclatante que les désastres sont initiatiques et peuvent quelques fois engendrer le bonheur.

A-M Abertini 


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