
"Les paupières" Yoko Ogawa,
Huit nouvelles dans un recueil au titre énigmatique - du moins pour moi- "Les paupières", chez Actes sud (Babel) ; écrit par Yoko Ogawa, auteure japonaise née en 1962, reconnue (prix Kaien, prix Akutagawa...) traduite et lue dans de nombreux pays.
Il y a dans ce livre donc lu en format de poche, pas très épais (205 pages) des histoires étranges, des récits prenants, où des voyageurs, des jeunes gens, voire des enfants, des fétichistes, des originaux (collecteurs d'odeurs, menteurs, attachés avec excès au passé, aux rites), des êtres attentifs aux détails des autres et du monde se côtoient, laissent un peu de leur inconscient se dévoiler. Tous cherchent le sommeil, l'oubli, la sortie de l'ennui : ils s'entichent d'un être, enjolivent leur vie, prennent des cours de cuisine, s'installent seuls, loin, dans un hôtel, au sein de l'inconnu...
Amusantes ces nouvelles ? Certaines et pas toujours ; inquiétantes ? pas vraiment ; captivantes ? Pas toutes non plus, mais toutes à certains moments nous retiennent.
L'écriture m'a plu ; la force de l'évocation, la mise en scène de certaines situations inattendues, comme par exemple celle de l'enfant fascinée par un homme mûr, pas beau, bizarre, qui, dirait-on, car tout est allusif, en abuse, surprennent.
Certaines idées ou chutes sont si originales qu'on imagine facilement leur utilisation dans des scenarii ( je pense notamment à la fin de "Une collection d'odeurs"où un homme amoureux d'une femme qui passe ses loisirs à traquer les odeurs, à les mettre en tubes, dans des vitrines d'exposition se rend compte de ce qui l'attend ; mais lisez-la, je n'en dirai pas plus !)
Pour les amateurs de littérature japonaise, de nouvelles, de fantastique aussi, pour ceux qui apprécient les plongées dans la psychanalyse, pour tous ceux qui admettent que l'unité d'un recueil puisse être la quête du sommeil, réel ou métaphorique...
P. Fiori (11-09)
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