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37°2 LE MATIN 1985 Philippe Djian
Pour un lecteur, rien n’est plus difficile que d’évoquer son coup de cœur, d’abord parce que probablement il y en a plusieurs et aussi parce que rendre compte d’un moment fort et privilégié est un exercice particulièrement difficile.
Alors parmi mes nombreux coups de cœur, j’en ai retenu un qui m’a marquée de façon indélébile. Il s’agit du roman de Philippe Djian 37°2 le matin. A l’époque, je ne connaissais rien de l’auteur et j’ignorais tout de sa production littéraire.
Je me suis donc plongée dans ce bouquin sans grande conviction mais ce fut de courte durée car les premières lignes m’ont immédiatement embarquée dans un univers dont je suis littéralement tombée amoureuse. Quelle découverte !
Le narrateur dont on ne connaît pas l’identité fait la connaissance un matin de Betty personnage trash et décalé. Entre eux naît une histoire passionnelle. Betty va s’engouffrer dans la vie du narrateur et ensemble ils vont faire un bout de chemin. Elle est convaincue qu’il est un grand auteur, lui n’y croit pas du tout. Le faire publier devient la principale préoccupation de Betty. Cela commence très fort et cela se termine très mal. Qu’est-ce qui m’a plu dans ce roman ? Tout d’abord l’histoire d’amour car c’est une histoire de grands sentiments. On rit, on pleure. Tout y est. Le contraste entre les deux protagonistes est saisissant et en même temps une sorte de folie qui leur est commune les caractérise. Cela m’a fascinée. Ensuite le texte possède une intensité qui va crescendo. C’est une grande tragédie et dès les premières lignes le lecteur sent que quelque chose de terrible va arriver. Enfin l’écriture de Djian si particulière m’a séduite. Il a une manière très personnelle de brosser des situations, ses personnages sont toujours border line et ça, je l’avoue, j’adore.
Bien évidemment, j’ai ensuite vu le film adapté du roman dont le réalisateur est le talentueux Jean-Jacques Beinex. Quelle heureuse rencontre entre le cinéma et la littérature ! Betty, ma Betty, je la retrouvais bien dans Béatrice Dalle qui incarne à la perfection ce personnage désespéré et désespérant. Quant à Jean-Luc Anglade, il semblait que Djian s’était inspiré de lui pour créer le personnage du narrateur.
Philippe Djian vient de sortir un nouveau roman Incidences dont on dit qu’il est très bon…A suivre donc…
Bonne lecture
NATHALIE MALPELLI