Passé sous silence
Alice Ferney

 



Ce roman n’est pas une chronique historique. Au delà de l’évènement qui est relaté l’attentat du Petit Clamart est une analyse de la psychologie des deux personnages .
La caractère du général de Gaulle est mis en exergue par le contraste saisissant avec la personnalité de l’instigateur de l’attentat.Ce roman présente ce vieux héros enfermé dans sa vanité qui s’ennuie à Colombay les deux églises après avoir claqué la porte du pouvoir qui juge ceux qui gouvernent le pays avec sévérité « à défaut de participer il observe ce qui se passe sans lui »Le contexte de la guerre d’Algérie qui s’éternise lui donne l’opportunité de revenir au pouvoir en promettant de garder l’Algérie Française alors même qu’il est convaincu à juste titre que la marche de l’histoire rendait « l’empire caduque, insupportable à ses sujets »
L’auteur nous montre un homme habitué des discours un orateur,qui apprend rapidement à utiliser un nouveau moyen de communication , la télévision.
Un homme rompu à la politique qui utilise son image héroïque et ne livre jamais le fond de sa pensée ;
Lorsqu’il lève ses grands bras ( le pseudo choisi par l’auteur jean de Gramberger est d’ailleurs très évocateur )les français et l’armée semblent se prosterner et lentement il les amène à suivre la voie qu’il a choisi depuis longtemps.
Pendant ce temps un jeune officier qui a grandi dans l’admiration du héros. Fils d’un colonel qui lui vouait pour toujours un culte absolu met sa confiance et son espoir dans les promesses du général de conserver « la terre du sud. »
Sa déception sera d’autant plus profonde
L’incompréhension de ce qu’i juge comme une trahison, les souffrances des indigènes qui s’étaient ralliés à la France .. ; augmentent sa conviction qu’il faut retirer Jean de Grandberger du pouvoir et l’amène à prendre la tête de la conjuration.Cet homme, un jeune officier supérieur brillant qui a une vie simple avec une femme et trois fillettes adorables, un espace familial rempli de sérénité et d’amour s’engage par idéalisme dans un processus quasi obsessionnel qui le conduira à faire le sacrifice de sa vie .
« un imbécile dira le général lorsqu’on lui donnera le nom et les qualités de l’instigateur de l’attentat.
L’évènement est donc jugé sans importance par le général lui-même. Pourtant il fera nommer un tribunal d’exception.
Le jugement de la condamnation sera rendu le mardi. le jeune homme sera exécuté le lundi suivant.
Pourquoi tant de hâte une telle sévérité si ce n’est la volonté de jean de grandberger d’enfermer sous une chape de silence le témoignage d’un homme qui est jeune et qui lui survivra normalement .
Eliminer un homme qui avait déjà « tout sacrifié à la vérité qu’il défendait ». et qui continuerait de crier à la face du pays les faits qu’il considère comme une trahison.Cette vérité n’est pas supportable pour le héros de l’histoire.
La compassion de l’auteur pour ce jeune homme,le contraste saisissant entre les deux personalités du général grandberger et de Paul donadieu, la manière de raconter ce drame avec pudeur mais justesse rendent le roman émouvant. En particulier le silence du matin de l’éxécution entre le général et sa femme charlotte dans le roman

Rosalie Falorni

 

 
 
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