
La Rage de l'absolu
Denise Desjardins
Mais tout d'abord, une transition :
Pourquoi avoir choisi cet ouvrage ?
Parce-qu'il me semblait avoir des liens étroits avec la vision philosophique de Jérôme Ferrari, notre dernier invité.
Ce dernier affirme "qu'il n'est pas philosophe parce qu'il ne sait pas créer des concepts et qu'il ne suffit pas d'avoir des opinions rationnelles sur le monde, ou s'engager, pour être philosophe". Il précise "que son mode d'expression est avant tout littéraire" mais reconnait, toutefois, "que les thèmes philosophiques le touchent autant que les littéraires".
Ainsi J. Ferrari aime les romans métaphysiques (il nous en a donné la preuve) et, donc, l'étude des questions fondamentales (l'immortalité de l'âme; le sens de la vie; l'existence de Dieu; la fuite inexorable du temps...).
Et c'est en cela, je crois, qu'il a des similitudes avec l'écrivaine Denise Desjardins, pas dans le même registre, puisque cette dernière est spécialiste de la tradition hindoue.
Dans La Rage de l'absolu, l'auteur veut mettre en évidence la manière de trouver la tranquillité, la paix intérieure, sans rébellion ni révolte, en empruntant la voie traditionnelle de la quête de vérité.
Comment s'y prend-elle ?
Eh bien, comme le fait un petit peu J. Ferrari, à savoir en racontant des histoires avec des personnages, des situations, des idées...en superposant par conséquent littérature et philosophie.
C'est pour ces raisons que j'ai beaucoup aimé ce livre de Desjardins car l'auteure l'illustre de façon magistrale par des exemples concrets de la vie de tous les jours afin d'en dégager les principales idées qu'elle veut émettre.
Ainsi, dans le premier chapitre, elle raconte "les réticences" d'un personnage content de son sort. Il ne veut pas en changer car il a un bon métier, une épouse, deux enfants...Les choses ne se passent pas si mal. Il s'accommode donc de cette vie de dualité entre les hauts et les bas.
Pourtant, au fond de lui-même, il ressent parfois des insatisfactions. Notamment, celle de ne pas avoir eu de réponse à ses questions sur Dieu, sur le sens de la vie. A quoi peut-elle bien servir si c'est naître pour mourir plus tard ! C'est donc un éternel tourmenté.
Pour Denise Desjardins, l'acceptation et l'existence peuvent mener à la sérénité. Une attitude de vie qu'elle développe savamment dans "Le bonheur d'être soi-même". Il ne s'agit pas d'une résignation, synonyme de vie malheureuse, mais consentir sereinement à un état de chose contre lequel on ne peut rien.
Et dans tout le livre, l'auteur fait s'exprimer à travers des chapitres, tel dans un roman, des personnages dont il raconte la vie... ceux qui sont angoissés par l'injustice; ceux hantés par le néant; les enragés de l'infini. ceux qui sont à la recherche du bonheur...
Tous sont en quête de vérité et utilisent des moyens différents pour y parvenir.
En guise de conclusion, 4 vers extraits d'un poème dit à Confucius par un ami :
Le malheur est plus lourd que la terre;
Personne ne sait le laisser.
Le bonheur est plus léger qu'une plume;
Personne ne sait le prendre.
Raymond Mei