
Billet de Raymond Mei
Feu d'artifice sous la Mer
Georges ANTONI éditions Albiana 2011
L'Art contemporain ! J'avais consulté récemment,histoire de me détendre, un livre merveilleux (et je pèse mes mots), un livre sur les fonds marins en Corse. Je ne saurais pas vous dire pourquoi et commentil avait atterri dans ma bibliothèque, mais j'ai eu ce jour-là la curiosité del’ouvrir.
Je vais donc brièvement vous le présenter de façon très synthétique et vous dire pourquoi ce choix.
Tout d'abord l'auteur. Il s'agit de Georges ANTONI pour les textes et les photos. Grand habitué des fonds marins, il pratique laphoto sous-marine depuis environ 25 ans.
Il est aussi l'auteur d'un ouvrage consacré égalementaux fonds marins de Corse, La Corse sous-marine ainsi que d'un guide de plongée.
En tant que journaliste et photographe, il collabore régulièrement à de nombreux magazines français et étrangers. Il a également animé une émission de télé régionale consacrée à la plongée (Meziornu,sur France 3 Corse). Enfin, il donne de nombreuses conférences sur le mondesous-marin.
Cet ouvrage, intitulé Feu d'artifice sous la Mer ( paru aux éditions Albiana, en 2001) a été sur la liste des livres en compétition pour le prix du Livre Insulaire à Ouessant en 2002, Il secompose de 150 photos d'une rare beauté avec des textes clairs pour mieux nousfaire connaître les insoupçonnables charmes de la faune, la flore : nous découvrons ainsi les variétés de poissons de notre île.
Il souligne l'exceptionnelle transparence des eauxcorses en raison d'une part de l'absence d'industries aux rejets polluantset d'autre part du perpétuel mouvement des courants, vents et tempêtes quibalayent les fonds sous-marins.
On découvre ainsi au fil des pages, des éponges multicolores, des colonies d'anémones, les méduses diaphanes et aériennes tantre doutées par l'homme mais d'une beauté incomparable, les oursins dans tous les tons de violet, des étoiles de mer géantes, des girelles royales, des sépioles,des murènes, des mérous à la tête énorme, des tortues, des langoustes...
Mais aussi une flore dont on sait pas assez la beauté, à moins d'être plongeur sous-marin soi-même.
Bien sûr G. Antoni est un professionnel de laphoto sous-marine et à ce titre il nous montre le meilleur côté de ce monde dusilence. Pour lui, nager entre deux eaux est aussi exaltant que de voler, rêvele plus ancien de l'homme, avec cette même sensation de liberté et légèreté.
Toutefois, faire de la photo sous-marine n'est pas une sinécure. Ce n'est pas donné à tout le monde. C'est tout un art. Seuls les passionnés de ce sport peuvent réellement y trouver du plaisir en employantun matériel de qualité.
Car, non seulement il faut être un bon nageur maisencore faut-il avoir un matériel de qualité.
Le milieu aquatique engendre des conditions de prisede vue particulières. Il faut apprendre à repérer tous les problèmes courants, de lumière, de cadrage, de couleurs...La photosubaquatique nécessite des précautions particulières pour réussir ses clichés.
Pour peu qu'on prenne des vues en eaux assez profondes, se pose le problème du flash qui accentue la vue des particules contenues dans l'eau de mer. Le bleu de la mer présente une forte dominante bleue. Il faut donc trouver des solutions pour en améliorer l'image. Pour mettre en valeur les poissons sur une photo il faut bénéficier d'un bon point de vue en évitant par exemple la prise de vue en plongée et les arrière-plans sales. L'image est souvent voilée par les particules en suspension (poussières, minéraux, sable...). Sans minimiser le problème de l'effet de réfraction de l'eau qui agit comme une loupe. Les prendre deface est aussi une difficulté supplémentaire. Etc
Pourquoi « Feu d’artifice sous la mer « ? Pour le savoir, lisons l’auteur , G Antoni :
« Dans le faisceau de mon phare jaillissent de la pénombre mille couleurs et milleformes...un fabuleux ballet s'anime sous mes yeux, celui du mystérieux mon desous-marin.
Pour terminer, l'auteur insiste énormément sur la nécessité de sauvegarder les fonds marins pour les générations à venir. Ainsi,cette année, il a réalisé un film de 52 mn, intitulé « Non assistance à mer en danger » qui a obtenu le prix Information actualité du Palmarès du film à Marseille cette année où il met en évidence la sur fréquentation estivale aux conséquences désastreuses : dégradation et pollution.
Toutefois, il faut reconnaître que les précurseurs en matière de protection maritime, les Corses, ont depuis longtemps mis en place plusieurs réserves marines avec des résultats probants.
Raymond Mei, Novembre 2011

