
Ombre di guerra
Jean-Yves Acquaviva éditions Albiana
Parution chez Albiana du premier roman de Jean-Yves Acquaviva Ombre di guerra ; nous avons reçu de cette oeuvre de très bons échos ! A découvrir, donc ! En attendant vos commentaires sur votre lecture, faites un peu connaissance avec l'auteur qui a bien voulu répondre à quelques unes de nos questions.
Nous l'en remercions.
Comment te situes-tu dans l'espace littéraire corse ?
Ma place dans l'espace littéraire corse, je ne la connais pas encore. Bien sûr, j'en fais partie puisque je viens de publier ce roman ainsi qu'un recueil de poèmes mais je crois que cela ne suffit pas. Ecrire c'est "facile", ce qui fonde l'existence d'un auteur c'est le fait d'être lu, c'est le retour qu'il a de ses créations. J'attends d'être critiqué, éreinté pourquoi pas, loué j'espère un peu, lu en tout cas. En fait, je crois que ce sont les lecteurs qui me mettront à ma place...
Ecrire en corse...
Un risque peut-être du point de vue de la diffusion. Mais je ne me pose pas la question, j'écris en langue corse naturellement, c'est comme cela que mon imagination s'exprime le mieux. Etre publié en français serait une immense satisfaction, d'ailleurs, je travaille actuellement à la traduction de "Ombre di guerra". Ceci dit, au-delà du plaisir que je prends à utiliser le corse, je le vois aussi comme un acte de résistance ; si l'on abandonne le terrain de la création, nous mourrons encore plus vite que prévu.
Quel lecteur...
Je lis beaucoup moins que je ne le voudrais par manque de temps. Je suis un lecteur anarchique au sens où je lis plusieurs livres en même temps et que le choix de ces ouvrages relève quelquefois du hasard total. J'aime tout ce que je lis pour la bonne raison que je ne vais jamais plus loin que 20 pages si cela ne m'accroche pas. Cela m'a coûté sûrement de beaux moments mais on ne se refait pas.
Quel sens donner à l'écriture ...
Cela fait partie de moi tout simplement. Bien sûr, c'est un exutoire, une façon de pallier certains troubles de la communication mais avant tout, c'est la nécessité de laisser sortir ce trop plein d'imagination qui m'embrume parfois le cerveau. Je l'ai dit plus haut, écrire c'est "facile" et ce sont ces instants là qui sont pour moi les plus apaisants.
Le thème de la guerre de 14-18, rebattu ,,,
Je ne crois pas que l'on puisse jamais suffisamment parler ou écrire à propos de cette guerre, ni des autres d'ailleurs. C'est un devoir que nous avons de nous souvenir que cela est arrivé, que cela peut encore arriver. Tant pis pour ceux qui y voient des poncifs ou pensent qu'il vaut mieux oublier.
Je n'ai pas cherché à donner à ce roman une quelconque dimension historique. Ce qui m'intéressait, c'était, avant tout, de raconter une histoire. Je fais peu de digressions, je me contente de dire comment j'imagine que les gens ont vécu ces moments dramatiques.
La genèse...
Au départ, c'était seulement une nouvelle inspirée d'une histoire que j'avais entendue sur un soldat de la première guerre. Cela m'a trotté dans la tête des années avant que je n'écrive quoi que ce soit, puis encore des années entre les 10 premiers chapitres et le reste. C'était une autre époque de ma vie, je n'avais pas encore compris à quel point j'avais besoin d'écrire. Il m'a fallu 10 ans pour noircir 120 pages alors qu'aujourd'hui j'en fais 10 par jour quand j'ai le temps.
Les projets...
J'ai déjà évoqué la traduction du roman, j'ai quelques nouvelles sous le coude que je proposerais sûrement à l'édition dans le courant de l'année. Une série de cinq nouvelles dont deux sont parues sur Tarrori è Fantasia et d'autres dans un style plus "humoristico-grinçant". J'en profite pour lancer un appel à d'éventuels traducteurs... J'ai attaqué également l'écriture d'un second roman, plus long, plus personnel, plus fou je crois aussi que j'espère avoir fini en septembre.
Mais mon plus grand projet aujourd'hui cela reste de faire vivre "Ombre di guerra" et d'en recevoir des échos en tout genre.
musanostra avril 2011