
Le film de David Lynch, « Mulholland Drive »
Texte paru dans l'informateur Corse
de la semaine du 20 au 27 mars 2011
Quatre pages consacrées aux contributeurs de Musanostra!
Betty et moi…à moins que ce ne soit Camilla ou Diane
Ces prénoms vous rappellent-ils quelque chose ? Faites travailler votre mémoire, amis cinéphiles ! Mais oui, ce sont les héroïnes du superbe film de David Lynch, Mulholland Drive.
Un film sorti en 2001 et qui pour moi reste en tête de mes films préférés. Il a réussi à détrôner dans ma « top liste » les Hauts de Hurlevent, Ben Hur, Hôtel du Nord, Casablanca mais reste tout de même talonné de très près par Citizen Kane, Les enfants du Paradis ou Sunset Boulevard. Dix ans après sa sortie en salle, il est un film culte sur lequel de nombreux internautes écrivent voire débattent. Et j’en fais partie.
Pourquoi un tel engouement ? Je devrais dire fascination ou obsession ! Je crois qu’il m’est impossible d’y répondre en quelques mots (j’avais écrit en quelques mois. Fallait- il lire quelques « Moi » ?). Après plusieurs visions, je me laisse encore emporté par l’histoire de Dyane, la beauté de Rita, la sensualité révélée de Betty, le mythe hollywoodien et la musique de Angelo Badalamenti vers un monde où rêves et réalité s’entremêlent.
Où commence le rêve ? Où est la vérité ?
Je me souviens de ma première vision au cinéma : un choc, une expérience unique, une véritable hypnose à tel point qu’à la scène de la petite boite bleue j’ai demandé à ma voisine si je ne m’étais pas endormi. David Lynch m’avait emmené dans le rêve de Diane (où elle est Betty) et la scène de la boite marque le retour à la réalité, le réveil de Diane et du spectateur donc le mien. Le mystère s’éclaircit peu à peu, les personnages reprennent leur véritable identité, la réalité n’en est que plus triste, plus cruelle. J’ai bel et bien été sous l’emprise du réalisateur. Et j’y suis encore.
David Lynch, l’illusionniste nous parle du cinéma et ses mystères, d’Hollywood et ses réalités.
Une de ces réalités : Hollywood peut tuer
François Rusjan mars 2011