Le Sourire étrusque (ed. Métailié)
José Luis Sampedro
Salvatore Roncone est un vieux paysan calabrais. Atteint d’un cancer, qu’il appelle « Rusca » et qui ne lui laisse plus beaucoup de temps à vivre, il se rend à Milan chez son fils. En chemin, il s’arrête à Rome, dans un musée, où il tombe en admiration devant un sarcophage étrusque représentant un couple enlacé qui se sourit. Cette image va le poursuivre tout au long du récit.
Il déteste Milan, ville où les fruits n’ont pas de goût, les fleurs pas d’odeur et les êtres aucune vigueur. Cette ville où les mères ont besoin d’un livre pour savoir comment élever un enfant ! Cependant, contre toute attente, c’est là qu’il découvre le vrai sens de la vie ! Ce miracle, c’est Brunettino son petit fils qui le réalise. L’enfant lui ouvre les yeux et le cœur. Pour cela il est aidé par Simonetta, jeune fille vivante, souriante et chaleureuse et surtout par Hortensia qui le comprend sans même qu’il ait à parler.
Ce vieux Partisan qui toute sa vie a dû lutter pour construire sa vie, va passer ses nuits à se raconter et à aider son petit fils à devenir un homme, « un vrai ». Le jour, il va apprendre tout ce qu’il ignorait et considérait comme dégradant pour un homme: tenir un enfant dans ses bras, boutonner des petits boutons de grenouillère, offrir des fleurs à une femme, … ainsi peu à peu il accepte que la tendresse, la douceur entrent en lui ainsi que le bonheur de se donner tout entier à l’autre.
Le récit étant le plus souvent sous forme de monologue intérieur, le style a la simplicité, la richesse d’expression et la poésie du langage des paysans d’autrefois. Il en a aussi la sagesse et la profondeur…
José Luis Sampedro est un auteur espagnol du XXe siècle. Il est considéré comme un des plus grands auteurs contemporains. Ses textes sont tous empreints de fraternité et d’une grande humanité.
Marie Anne Perfettini août 2011