"Dans l'ombre, la mère"
de Grazia Deledda
Freddy nous avait fait connaitre la collection "Littératures" d'Autrement au format particulier qui nous a tant plu ; autant la présentation du livre que l'intrigue, le style. C'était un soir de 2008, au Café du lycée, à Bastia, et le titre découvert, "Inconnu à cette adresse" de Kreysman Taylor....
Ensuite il a fait circuler un autre morceau savoureux , le livre de la même collection qui nous dévoile la vie d'une scénariste américaine qui aime les livres épuisés, juste par ses échanges épistolaires avec ses libraires préférés, une vieille maison londonienne (84 Charing Cross Road de Helene Hanff ). A se procurer aussi !
Du coup ces ouvrages blancs gris et noirs attirent notre regard et lorsque dans une librairie bastiaise nous avons trouvé "Dans l'ombre, la mère" de Grazia Deledda, dont nous avions lu déjà quelques titres, nous nous en sommes emparés
Qui est Grazia Delleda ? Un auteur sarde qui a reçu le Nobel dans les années 30 : on a dit qu'elle puisait dans l'espace qu'elle connaissait et dans les personnes qui la côtoyaient son inspiration. Certains voient en elle au regard suspendu à sa Sicile et très universel en même temps l'héritière d'un patrimoine où indéniablement Antiquité et sens du Sacré se mèlent. C'est vrai qu'avec "La mère" on retrouve la tragédie humaine : la mère réussit à ramener son fils (pour combien de temps, par quels stratagèmes ?) à la maîtrise de son désir, de son amour pour une belle jeune femme riche esseulée. D'où vient le drame ? qu'est-ce qui empêche cette union ? Le jeune homme est prêtre et des vertueux comme lui, il n'y en a pas beaucoup, à ce que disent ses paroissiens ! Sa mère doit le sauver, c'est là l'oeuvre du malin et elle le somme de ne plus voir celle qu'il aime en secret ; y parviendra t-elle ? Et lui, y survivra t-il ? Plutôt un huis clos, triste, angoissant, un roman fait d'attentes, de silences, de cheminements, de douleurs qui vous marquera ! Une leçon d'humanité !
MF BC, juillet 2011