


Viande froide
de Jean-paul Brighelli chez Balland.Le titre peut refroidir. Mais c’est un roman policier. L’action se passe en Corse. Un nombre impressionnant de cadavres. A chaque fois, on sursaute pourtant on suit jusqu’aux cochons qui en mangent quelques uns. Braves bêtes. Jean-Paul Brighelli nous livre un livre détonnant qui tient le lecteur en haleine jusqu’aux dernières lignes. C’est l’histoire d’un flic qui vient de prendre sa retraite. Il est en pleine forme, il a des choses à découvrir, et de l’ordre à mettre dans certaines officines. On ne la lui fait pas. Pour aller plus vite, il engage un « nègre » pour le suivre et l’aider dans ce dédale de recherches. Un nègre un peu flic aussi qui va tout noter pour écrire ce livre. L’ancien commissaire mène son enquête sur la mort d’un préfet qui n’a pas été tué par hasard. Il veut démontrer et démonter le complot. La conspiration a été organisée par les uns mais réalisée par d’autres. Autrement dit, Paris a été court-circuité. Rien ne s’est passé comme prévu. J’ignore si certains lecteurs pourront décrypter les surnoms sous lesquels se cachent les « animateurs » de cette funeste période. Qui est le Randonneur ? Qui est le Mammouth, cet être ignoble ? Qui est l’Iguane ? Qui est l’Ours ? On en trouve bien un ou deux, mais les autres ? D’Ajaccio à Carghèse, de Vicu à Guagno,du Niolu à la mer, de Paris à l’Afrique, la viande sera froide et le sang coulera chaud. Pour du fric bien entendu, des montagnes de fric. La signora Papadacci, jolie créature, épousée par le vieux flic , ignore que son mari ne peut procréer. La voilà enceinte. Problème. La naissance de Thérèse Marie Angelina ne pourrait être mise en images. Et son père, qui la met au monde, s’appelle l’Ange. Drôle de nom. C’est celui que tout le monde lui donne. Papadacci va beaucoup tuer. Pas par plaisir, parce qu’il doit le faire, parce qu’il risque sa vie, parce qu’il remet les choses à leur place. Au fond, on ne lui en veut pas. C’est un homme que l’on aimerait connaître.
Anne Xavier Albertini Auteure