NOËL APPROCHE ; VITE, IL FAUT ACHETER !
Dans nos boîtes à lettres, quelques factures assassines, mais aussi tant de prospectus ; ça déborde, on nous veut et d’une façon ou d’une autre, on nous aura !
Comment résister ? Que pensera Tina si on n’offre pas à Lois un cadeau équivalant au sien pour Andrée ? Et la belle-mère qui fait de ce moment de l’année la grande affaire de sa vie, prend des airs de conspirateur, parlemente de façon à peine discrète pour finalement vous offrir un truc dont vous venez de dire à votre sœur que c’est déjà démodé, que ça ne vous plairait pas…Mais peut-on se permettre de ne pas lui apporter le 25 décembre son quinzième parapluie ou son annuelle paire de pantoufles Isotoner dont nous entendrons à l’année vanter les mérites ?
Et il y a le reste : les agapes, la nécessité de consommer est illimitée : on doit manger, avaler, gober…Des milliers d’animaux, de crustacés, des préparations savantes d’artificiels mélanges, les rayons de supermarché vont s’écrouler ! La charge est monstrueuse et cependant, stoïques, nous devons avancer, caddy lourd devant soi. Il faut affronter, faire semblant de ne pas voir l’amalgame hydrogéné signalé en si petit au dos des emballages, de ne pas savoir comment est alimenté le saumon, pis encore l'oie et le canard, de s’illusionner sur la qualité nutritive des produits « bio »… Les prix sont légers ; la preuve, ils s’envolent et on n’essaie même plus de les suivre du regard, héroïne tragique de la zone Euro.
Et boire jusqu’à plus soif pour s’étourdir, pour oublier qu’on s’est ruiné, qu’on ne sait pas comment s’en remettre, que janvier arrive avec son horrible mois du blanc ; moi je reçois alors cinq sur cinq le message suivant : « on t’a manipulée, lessivée, épuisée et ruinée, à toi de montrer que tu es une bonne ménagère, donc que tu adhères, que tu fonctionnes bien et conforme, que tu vaux encore … »
Et voilà Noël ; on n’a plus le temps de penser à ce que représente cette fête, de réfléchir un instant au sens qu’on veut donner à sa vie car il faut courir ( vite on va nous les prendre, y en aura plus ! ) acheter des anges scintillants, un sapin…
V. B., nov. 08